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Confesse Book

83 – William Klein

Avant de partir en concert, jeudi dernier, je suis allé à la galerie Polka

Cour de Venise 12, rue Saint-Gilles Paris 3ème. Mon ami Alain Genestar organisait le vernissage d’une expo de photos que William Klein a prises au Japon en 1966.

Sûr qu’aujourd’hui il aurait du mal à refaire ces clichés qui ont pourtant quelque chose d’intemporel. Pleins de rythme. William Klein est un grand photographe.

J’étais adolescent quand je suis allé voir avec ma mère “Qui êtes vous Polly Maggoo?”. Un film de monteur, un film séquentiel, construit à partir d’images prises par pur plaisir. Un jeu, une délectation de l’acte d’agir. Pas un scénario classique avec une narration linéaire, non, plutôt un découpage du temps, façon nouveau roman. Il disait les choses sans les dire. Parfois il faut accepter l’idée qu’il n’y a rien à “comprendre”, ce qui n’empêche pas que j’avais bien aimé cette liberté d’images noires et blanches. C’était la fin des années 60 tout était permis, il y avait quelque chose dans l’air…

J’étais un cinéphile passionné; enfin, je l’étais un peu par nécessité, on n’avait pas la télévision ; le cinéma était un des seuls endroits où l’on pouvait voir un autre monde.

Je me renseignais sur les acteurs ou les réalisateurs. J’ai découvert son livre “NEW YORK”, un monument, une référence ! Encore aujourd’hui, ce livre est une bible pour tous les Street Photographers. William Klein, le réalisateur, était un photographe de mode connu, qui s’essayait aussi à d’autres formes d’expression filmique.

Des années plus tard en 1997 plus exactement, j’ai rencontré W. K. au cimetière du Montparnasse le jour de l’enterrement de Roland Topor. C’était un enterrement surréaliste, dadaïste, et plus encore lorsque Jérôme Savary a sorti un cornet et s’est mis à jouer… On se serait cru à la Nouvelle Orléans, quand les notes de musique emportent les démons de la tristesse. William et moi on a un peu parlé tennis.

Trois ans plus tard, on s’est retrouvé travaillant tous les deux sur un cahier spécial Roland Garros 2001, lui faisant les photos et moi les dessins.

Il y a des photographes stables, réfléchis, pondérés, sous contrôle, William Klein fait  partie des photographes du mouvement. Ses compositions scabreuses, sont rarement parfaites d’un point de vue technique ou classique comme on peut entendre le mot, mais elles sont souvent fortes parce que dynamiques.

Il s’amuse à être le « Bad Boy », et ce côté taquin qui l’incite à ne jamais se placer là où il faut, à ne pas faire ce qu’il faut. Ce soir-là, il regardait en s’amusant les gens qui le prenaient en photo, et puis soudain en un instant il a levé son appareil, il a pris 5 photos sans même regarder dans le viseur, puis il a aussitôt reposé son appareil, il m’a regardé un peu goguenard,  et en souriant et m’a tiré la barbichette…

Le premier de nous deux qui rira….

® CharlElie  – 2015