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Confesse Book

50 – Keep on movin’ 1

Keep on movin’. (1)

C’est Juillet et donc il pleut.

Comme ces pluies de juillet, désormais… ça n’est plus rare. En Juillet souvent il pleut.

Après trois jours mouillés à Paris, il pleut aussi à Genève où j’arrive en fin d’après midii. Je démarre “sec” par trois interviews dont une avec Robin, le chanteur du groupe helvetico Cajun de Mama Rozin. Très sympa.

Et même s’il pleut, le concert aura lieu. C’est bien connu en Suisse, on est protégé. Nonobstant les froids vents coulis, on sera abrité. Heureusement cette fois le matériel ne craint rien, la scène est installée sous un auvent.

Pas comme la semaine dernière à Valence, où l’on s’est pris un violent orage le jour des quarts de finale de la coupe du monde. Les premières gouttes sont tombées alors même que le directeur nous disait que depuis sept ans ils sont passés entre les gouttes. Oui c’est ça. Mettre les instruments à l’abri, remballer le matériel, remballer les gaules pendant que le déluge s’abat sur les projecteurs.

Et on est donc repartis comme on était venu, à l’image des joueurs éliminés. On a repris le train en sens inverse. On a cependant regardé le match, sur un écran géant qui plus est. Installés dans la salle des fêtes du « château ». On était assis, comme une grappe d’étrangers. Nous on venait d’ailleurs. Et on était là, parmi ces pensionnaires qui trouvaient qu’on parlait trop fort.

Et les Français on a encaissé un but teuton devant les yeux humides de citoyens échevelés en fauteuil roulant, dans cette demeure du troisième et quatrième âge où nos loges avaient été installées…

Surréaliste. Au moins ça restera dans nos annales. Venir de si loin pour arriver là.

Regarder le match et puis?

Puis le soleil est revenu pour nous narguer, le soleil est réapparu en même temps qu’un huissier qui a constaté que les câbles de 360 volts baignaient dans l’eau. Autant dire que le régisseur a interdit qu’on tente même de relancer les transfos déconnectés au risque de tout faire péter. Et donc on ne jouerait pas ce soir.

A Genève, pas d’accalmie. La pluie n’a pas cessé. C’est dur pour les spectateurs devant la scène Ella Fitzgerald, qui se font tremper du premier au dernier morceau. Mais je ne suis pas venu jouer en Suisse depuis 2007, les spectateurs défient le ciel et on abdique seulement au quatrième rappel. Ça me fait du bien de retrouver l’équipe.

Depuis le spectacle de la Gaité, seulement interrompu par une interview pour Paris match et une autre une semaine après pour Rolling Stone à paraître en septembre,  je suis resté concentré sur ma peinture. J’ai d’ailleurs fait de très beaux portraits sur « Shower curtains » J’en ai rapportés quelques uns dans mes bagages qui clôtureront l’expo de Nancy à la fin de l’année.

Lever 5 heures du mat’, le régisseur vient me chercher à l’hôtel Cornavin pour m’emmener. Fourgon. Route. Pluie. Tenter de trouver une position. Dormir malgré tout. Il me dépose à l’aéroport de Lyon. Avion à hélices. Une heure et demi de vol pour traverser le pays d’Est en Ouest. Direction La Rochelle.

Parmi une brochette de stars naissantes et d’autres artistes dont les carrières s’étalent comme la mienne sur des décennies, j’ai été invité à participer au plateau de la soirée qui célèbre les trente ans du Festival des Francofolies, C’est une journée importante. Pour le métier, comme si je renouais le contact, comme si je RE-venais mettre les doigts dans la prise de courant pour faire clignoter les  guirlandes de la renommée…

® CharlElie – Juillet 2014

(à suivre)