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Confesse Book

386 – Arrêt /Marche – OFF/ON

Demain les portes vont se rouvrir. Enfin. Heureusement. Il était temps qu’on arrête d’être lucioles obnubilées par la lumière de nos écrans. Comme les hommes d’affaires, les médias n’ont pas lâché l’affaire, utilisant leur pouvoir d’influence pour nous faire pénétrer l’invisible angoissant. Dans l’absolu tout est possible ! De ce Corona Virus nommé dix-neuf, on a parlé comme s’il s’agissait d’un sortilège jeté par des sorciers (…), comme si, contaminés par de vilains « porteurs sains », les malades allaient mourir par millions dans d’atroces souffrances, disparaître du jour au lendemain, nous serions tous transformés en monstre ou en licorne au sang bleu et les pauvres malades dégénérés, asphyxiés, seraient effacés, rayés de la carte à cause du MAL dispersé à l’échelle planétaire par je ne sais quel mauvais génie pervers… Allait-on perdre des membres notre corps, devenir fou, zombies ? Toutes les hypothèses étaient envisagées, dont les plus saugrenues, dignes des meilleurs scénars de série télé catastrophe. N’importe quoi ! Je le sais, je l’ai eu. Certes épuisé sur le coup (j’ai souvenir d’avoir vu la Mort venir me taquiner deux nuits de suite), je suis néanmoins sorti de cette expérience après trois semaines, ragaillardi, reposé et serein d’autant que, truffé d’anticorps qui me rendent ni dangereux pour les autres, ni inquiété par autrui.

270 000 morts attribués au COVID19, sur 7 milliards d’individus, c’est beaucoup, oui mais beaucoup moins que les maladies cardiaques, les AVC, les cancers du fumeur et tube digestif, le diabète, le VIH et le SIDA, Alzheimer, les accidents de la route, etc.

En ce nous qui concerne, mes proches et moi-même, à notre échelle, nous avons plutôt bien vécu et profité de cette pause forcée. Une certaine routine s’est installée, on a appris à mieux se connaître. On a trouvé des codes entre nous. Se respecter et se laisser des plages d’isolement, tolérer les écarts et les humeurs de chacun… À peine si l’on a vu passer les deux mois de confinement.

Si ce n’est l’Internet en bout de ligne, belle comme un paquebot échoué en pleine nature campagnarde, notre maison a plutôt bien « marché ». Elle n’a jamais été aussi habitée, propre, rangée et le jardin n’a jamais eété si bien entretenu. et le potager a double de taille. Tout le monde s’y est mis, chacun en fonction de son tempérament.

Je sais que ce n’est pas la même histoire pour tout le monde. Aux Etats-Unis, à NYC le métro est le seul havre pour les miséreux,et les désespérés. Les couloirs puent, les rats pullulent et la criminalité a terriblement augmenté. En France, aussi quand je discute avec ceux à qui je parle, j’entends bien que les gens en ont mare ! Mare d’être infantilisés, pris pour des beubeuhs, des gogos, des zozos, des neuneus. – Comme si le Président n’avait pas autre chose à faire en cette période de crise que d’aller se la jouer avec un masque dans une école maternelle devant un instituteur masqué lui aussi et se considérant désormais “en première ligne”…-

Le quotidien est sans pardon. Dans l’ambiance carcérale d’un huis clos, il faut faire avec son voisin de chambrée, apprendre à se tasser, mettre de l’eau dans son vin. Saura t-on repartir sur des bases nouvelles, plus saines ? Retrouvera t-on la joie de nos vies imprévues ? Après l’hystérie d’un confinement inédit, comment sera « l’après » ? Plein d’espoir comme un retour gagnant, un rêve utopique de retrouver les “vraies” valeurs, ou tristos et plein de fatalisme pessimiste? Comment retrouver la réalité d’un monde ébranlé et confus ? Comment se relancer avec désinvolture vers des nouvelles aventures parfumées, raffinées, suaves, imprévues, scabreuses, rythmées ou mélodieuses ?

Obligations, contraintes et distances dites de sécurité, toutes ces mesures et lois iniques ont été votées dans l’urgence. Elles sont injustes et liberticides. Il n’y a aucune réelle raison scientifique pour justifier de limiter les déplacements à 100kms… « à vol d’oiseau». Qui va faire le calcul? Et pourquoi continuer d’interdire les restaurants, les musées, les cinémas, les salles des fêtes et tous les lieux de rassemblement fermés ? Pourquoi ? Tout cela n’a rien de médical, ni de scientifique, toutes ces décisions sont politiques. Ah ! C’est dur d’être envahi par le soupçon… Ce soupçon qui encrasse l’esprit comme la suie dans la cheminée ou comme la graisse dans les conduits d’évacuation.

Le brouillard qui nous aveuglait va se dissiper. On va se réveiller. Et cette crise de démence va s’interrompre. Elle disparaîtra comme elle est apparue. D’ailleurs au fond dés à présent, plus personne n’y croit vraiment. On fait semblant d’obéir, “on fait preuve de civisme”, on gère les ordres pour éviter les embrouilles, mais en réalité tout cela est très hypocrite. Je crains pour les hypocondriaques en panique, que les inconséquentes dispositions dites « sanitaires » ne tiennent pas plus de deux semaines. Tout se fera très vite car le monstre de nos obsessions est tapi dans sa grotte. Il n’attend que, les prémisses de l’ombre d’un signe pour que les choses ne redeviennent comme avant… Pour le meilleur et pour le pire. En attendant la planète s’est quand même bien régalé du répit qu’il lui a été offert… Mais la Belle va reprendre du poil de la Bête, c’est certain.

Arrêt /Marche – OFF/ON

Vive la vie,

Vivement demain, c’est certain !

CharlElie COUTURE

10 Mai 2020