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Confesse Book

336 – Se réveiller au Cap-Ferret.

Samedi-Il fait beau je pars à Bordeaux- La buvette du TGV est le dernier salon où l’on cause. J’y croise le journaliste Cyril Viguier et le chanteur écrivain Bertrand Belin avec qui j’ai enregistré il y a trois mois une émission à la bibliothèque du Sénat. Bertrand part avec deux musiciens participer au concert de soutien pour les ouvriers de Ford à Blanquefort (concert auquel sont aussi programmés Cali, les Hurlement de Léo, et les Hyènes…)
La poésie et l’Art mènent à tout, et je pourrais tout aussi bien être dans la rue pour manifester parmi les angoissés climatiques, mais pour cette fois, c’est plus “sage”, j’ai été invité par le chef Paul Gouzien à venir animer une rencontre littéraire en compagnie du poète éditeur Eric Poindron dans le cadre d’une soirée caritative au profit de l’association SOS Préma. Je suis prétexte à glaner quelques contributions afin d’aider les parents vivant les âpres difficultés de l’après la naissance quand celle-ci s’est faite avant terme.
Trois chansons et “parler d’autres choses”, présenter des images de mes peintures avant de signer quelques livres. Se rendre “utile”, s’accrocher aux barreaux, chacun à son échelle. Après tout je suis aussi rentré des Etats-Unis pour cela, transmettre des idées.
Ça finit tard. Fatigué. Très fatigué.

Dimanche
Se réveiller au Cap-Ferret.
Je lis un livre acheté la veille à la librairie La Mauvaise Réputation, sur lequel ont été collectés les mémoires carnets du bourreau Deibler qui notait scrupuleusement les histoires des crapules, assassins, bandits ou anarchistes guillotinés par lui. Assorti de quelques commentaires, c’est froid et terrible à la fois, résumé aux faits de crimes de pauvres gens souvent, à coup de marteau, de ciseaux de sécateur, parricide ou satyre s’attaquant aux enfants…Vieux et vielles tués pour quelques francs ou même pas. Quand je lève les yeux j’ai l’impression que rien n’a changé. La misère est toujours à la lisière de la peine et de l’effroi.
Il a cessé de pleuvoir.
Acheter un journal, et avoir la confirmation que rien n’a changé.
Aller déjeuner à l’Escale au bord du bassin d’Arcachon. D’où je suis assis, je vois la dune du Pilat.
Prendre une navette marine jusqu’à Arcachon. Train du retour bondé.
Je me change les idées en lisant l’humour noir de Mark SaFranko,
et le Weekend est déjà fini.

C.

Sept 2019