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Confesse Book

324 – La Société des gens de Lettres

Petits fours et rincette dans le parc de l’Hôtel de Massa,après le concert littéraire, – spectacle unique de chansons entrecoupées par des textes de et lus par Marcus Malte devant un montage d’images de mes films projetés sur grand écran – « American Rimes » accompagné par Karim à la Société Des Gens de Lettres. Donc tout va bien. On se congratule et puis « au revoir tout le monde », alors mon deux-roues a refusé de démarrer… L’exaltation qui retombe comme un soufflé. Rien. Soudain, rien. Plus rien. Je retire mon casque. Karim qui s’apprêtait à partir aussi, sort les pinces de son coffre. À la lueur des portables, on essaie de faire quelque chose, mais impossible, même avec l’aide des tutos, impossible de trouver comment atteindre la batterie… C’est là que t’es content de ne pas t’être laissé aller à boire, quand tout va bien jusqu’au moment où ça ne va plus.

Réveil 5h30 Dieu que les premières heures sont douces. J’écris. Trés vite le soleil darde ses rayons comme on dit. Yes we can-icule. Fini de rigoler. Sous les toits, le corps n’a qu’envie d’eau. / Envie de l’eau…
10h. Commencer par deux interviews. Une première pour Géo à propos de mes voyages et particulièrement la Louisiane, une seconde au téléphone pour « le Pèlerin » questionnaire plus mystique….
11 h SMS « votre véhicule est prêt ! »
11.30 “Après trois ans les batteries au litioum… et puis la chaleur…”Payer la douloureuse. Récupérer l’engin comme on va chercher un enfant qui a fait une connerie au commissariat.
15h Peu d’’éditeurs s’intéressent au dessin (car peu d’acheteurs) Néanmoins, je voudrais faire connaître mes dessins à la plume. Je cherche un éditeur pour cela. Celui que je rencontre aujourd’hui m’explique qu’il y a des niches. Le bon éditeur est branché sur le bon circuit afin que l’étincelle se produise. Celui que je rencontre aujourd’hui serait plus intéressé par un mix texte et images.
16h Belle expo des peintures et grandes aquarelles de Bruno Moinard – Rue Jacob.
16h20 Dans la même rue Jacob, dans sa galerie je salue Virgile Legrand avec qui le projet d’édition de mon “PoèmeParis”court depuis des années.
16h50 Récupérer des dessins qui dorment dans les tiroirs d’une galerie depuis deux ans. La galerie expose surtout de la BD, et ils débordent de planches dont les auteurs veulent se défaire…
Le type me donne des noms d’éditeurs qui pourraient être branchés par mes dessins.
17h15. Douche. Écrire
19h Direction la Grande Arche- Vernissage d’une exposition rétrospective consacrée au travail du photographe-réalisateur Yann Arthus-Bertrand qui travaille avec dévouement sur les questions environnementales. Un homme généreux, qui a monté la fondation Good Planète, une ONG de la conscience écologique. Yann a un point de vue neutre, il a choisi de ne pas se poser en juge vis à vis de ceux qui sont coupables/responsables des effondrements du système. Une belle et grande expo installée au sommet de la grande Arche de la Défense. Beaucoup de monde. Et des discours qui en disent long, des longs discours qui en disent court…
La vie est faite de paradoxes, ici on est très loin de l’écologie et du développement durable. Avec le nom des grandes entreprises au sommet des buildings qui se la jouent Manhattan, Hong Kong ou Dubaï, La Défense est un secteur abstrait, inhumain. Comme son nom l’indique, La Défense est un endroit interdit. Peut-être un espace de modernité absolue mais aussi un couloir venteux. Froid et beau à la fois, un lieu construit avec des ambitions identifiables, ce quartier totalement surfait a été conçu par et pour des gens qui ont une vision théorique du monde, en dehors de toutes les réalités qu’on croit connaître. Ils font semblant de créer des animations pourtant même le groupe qui joue sur l’esplanade ressemble à la Cantina de Chalmun, le bar des extraterrestres dans Star War.
20h30 Longer la Seine. Le bois de Boulogne, le vent, le soir qui vient. Ni chaud ni froid. Quel régal. Que c’est bon !
21h Paris Yacht Marina. « Viens nous voir, puisque t’es en France, tu verras, ce sera sympa » m’a dit l’un des organisateurs. Et de fait, de joyeux chapeauté(e)s jouent à pétanque en se prenant au jeu, d’autres se gobergent en riant fort. Les femmes qui cherchent le contact. Les hommes qui parlent de voiture et qui cherchent leurs mots. Le prétexte cette année? « Euh…Célébrer Guy Savoy ». Selfies en veux tu en voilà. Macarons salés ou mini burgers et carrés de croque-monsieur. Open bars et frivolités mondaines. Difficile de dire plus de deux mots. Ici c’est Toy Story qui fait rêver, le concert littéraire de la SGDL ou ma prochaine expo à Cavalaire, beaucoup moins. Habillés en tissus clairs les convives ont seulement envie de se détendre (et, si possible, ne pas rentrer seuls…)
Nous vivons tous dans des mondes parallèles.
Je frappe à la porte d’un ami, il est à la Baule.
J’appelle un autre, répondeur.
Etc.
Paris c’est maintenant la nuit.
Poème Paris.

 

CharlElie COUTURE
Juin 2019