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Confesse Book

322 –  Dr John

Chacun son tour, crise cardiaque. Aujourd’hui : Dr JOHN, de son vrai nom Malcom Rebennack, originaire de la NEW ORLEANS. Il avait 77 ans, quand le cœur de celui qui incarnait un certain “groove”, “pulse” & “beat” Louisianais s’est arrêté de battre. Assez peu re-connu par le grand public Français, il n’en était pas moins apprécié des spécialistes. Les médias mettaient plus en avant son apparence à savoir celle d’un «original», avec ses fringues en velours, chapeaux à plumes et breloques, plutôt que sa musique, mais le Dr John n’en était pas moins une icône Américaine. Pour le définir on utilisait le mot « inclassable » comme une manière de classer ceux qu’on arrive pas à limiter dans un genre. DR JOHN était un excellent pianiste dans la lignée du Professeur Longhair et Fats Domino. C’est vrai qu’il jouait une musique mélangée dans laquelle se croisaient le funk, le jazz, le zydeco, la cajun music, le ryhtm & blues et le boogie mais au lieu de dire qu’il n’était « ni ceci ni cela », comme le font les esprits étroits qui n’admettent que les choses simples, on pouvait aussi considérer qu’il était à la confluence des genres.
Le Docteur MAC REBENNACK n’était pas un intellectuel, non, c’était une boule d’émotions qui s’efforçait de guérir les peines avec ses méthodes à lui, un rebouteux en quelque sorte, qui utilisait le pouvoir de potions harmoniques qui swinguaient grave et remettaient le corps en mouvement.
Par démons et merveilles, il est allé rejoindre les Esprits de Louisiane, ceux auxquels il s’adressait dans les cérémonies vaudous dont il était un des prêtres honoraires, lui qui, pour atteindre au paradis s’était méchamment défoncé (drogues et alcool) jusqu’à ce qu’il arrête enfin à 50 ans.
Sa musique me parlait et sa voix m’était familière, une voix timbrée, bizarre, très nasale. On a joué une fois ensemble à Bourges, (du temps où j’y étais invité). On avait partagé un peu dans les backstages. Il arrivait d’Allemagne, il était à moitié à la renverse, pourtant, quand il est monté sur scène, en solo ce jour-là, impossible d’imaginer son état, tellement il était parfait.
On s’est revu à Manhattan, il y a deux ans, où il jouait à la City Winery sur Varick St, et on a parlé du Dockside Studio où nous avons enregistré l’un et l’autre à LAFAYETTE…
Dr John qui participa entre autres au grand concert donné après Katerina, restera à jamais une des références de la musique américaine chaleureuse des Etats du Sud

 


Juin 2019