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Confesse Book

305 – Palais de Médicis, autrement dit “au Sénat”

J’étais hier soir au Palais de Médicis, autrement dit “au Sénat”, – comme Ayrton, mais en beaucoup moins rapide – parmi les invités du sénateur Stéphane Artano (sénateur de Saint Pierre et Miquelon – RDSE – Rassemblement Démocratique et Social Européen) qui poursuit une série de rencontres et consultations avec les gens de la société civile autour de la question du travail.
J’étais appelé en tant que « témoin » de cette conférence plus précisément centrée sur le thème du « Bien-être au travail ». Vaste question et pourtant quand on descend du carrousel de la langue de bois, et qu’on démêle les fibres de la pensée des « dentelliers » technocrates, on peut entendre qu’il y a bien des similitudes entre ce que ressentent tous les gens qui travaillent. Où que ce soit, et quel que soit le poste ou le rang qu’on exerce au sein de la société.
Dans les grandes entreprises tout y est amplifié certes, mais au fond, les schémas et problématiques du travail sont les mêmes partout. Qu’on soit employé dans les assurances, garagiste, apiculteur, ouvrier, cadre, vigie, clerc de notaire, photographe ou artiste, dès qu’on travaille avec d’autres, (aussi nommés « collaborateurs »), on voit s’établir une hiérarchie, et les rapports humains se modifient en fonction des pouvoirs, dépendance, domination / soumission, offrande, sacrifice ou au contraire, partage et solidarité.
Dans tous les cas quand il n’y a plus de respect de l’un vis à vis de l’autre, quand l’humain/dignité n’est plus considéré/respecté, ça se bloque, et ça cafouille. Burn out, suicide ou dépression…
La présentation faite par l’anthropologue et négociateur Jean Edouard Grésy était particulièrement instructive. Elle aboutit à la conclusion qu’il n’y a rien de plus gratifiant que le « don » pour honorer sa conscience, qu’on soit en haut ou en bas de l’échelle sociale. Et si un patron perd l’envie de « donner », c’est aussi nocif, stérile et abrasif que lorsqu’un employé se rend au boulot en faisant la gueule avec la haine au ventre.
Alors moi en tant qu’artiste qu’est ce que je faisais là ?
J’ai expliqué que je suis de facto un auto-entrepreneur, on ne me demande que très rarement d’agir, je dois me motiver seul. Si j’avais attendu qu’on m’invite à chanter, à écrire ou peindre, j’attendrais toujours, et je n’aurais rien réalisé.
On fait danser les danseurs…
J’ai appris à assumer mes choix qu’ils soient bons ou mauvais, et s’il arrive que je soit mal à l’aise alors je me remets en question; mais je n’attends pas que la réponse tombe du ciel (pas plus que l’inspiration d’ailleurs). De façon plus triviale, je me suis débrouillé pour faire en sorte que mon « vouloir » coïncide avec ce que je pouvais entreprendre.
Quand les gens parlent de « se réaliser », on entend qu’ils sont souvent impatients. Pourtant la réalisation est un long chemin avec de nombreux arrêts au stand et redémarrages. La réalisation de soi, commence par une vision objective de ses capacités.
La première étape de recherche peut se faire dans la solitude, mais pour passer à la vitesse supérieure, ou pour rentrer dans la course, il faut s’entourer d’autres compétences. (Pour les disques, et la Musique après l’écriture et la composition, faire appel au savoir-faire d’autres instrumentistes; après l’enregistrement d’un disque ce sont les équipes de diffusion, promotion, qui interviennent et pour les tournées un team de production, distribution, booking, mais aussi des musiciens, une régie, des techniciens… Chacun a sa part de responsabilité ). Pour avoir vécu depuis 30 ans, un certain nombre d’expériences parfois difficiles avec des relations parfois incompatibles et discordantes, que je peux confirme aujourd’hui que quelque soit le talent de l’un ou de l’autre individuellement, c’est seulement quand il y a une bonne entente entre tous les rouages et ressorts de la mécanique qu’on peut « donner l’heure »…

Bon je ne vais pas répéter ici, tout ce qui s’est dit hier, (quelques belles évidences et lapalissades aussi), néanmoins, il est nécessaire parfois se les entendre redire, ne serait-ce que pour se rappeler qu’on fait tous partie du même monde, et que les questions qui touchent -le bien-être au travail -l’environnement – internet et le digital – voire le respect d’autrui ou la notion de don. Tous ces sujets de préoccupations sont identiques pour chacun d’entre nous, qu’on soit cadre ou encadré, établi ou sur son établi, à la table ou en cuisine, au volant ou au garage, on ne peut rien faire de bon si l’on se sent mal, si on n’a qu’une envie c’est se barrer, si l’on se sens maltraité ou oppressé …

Si l’instrument est mal accordé, on aura beau essayé jouer juste, ça sonnera faux ;
à l’inverse quand on est sincère, honnête avec soi-même, ceux qui vous entourent le comprennent, et y a des blues d’enfer sur des vielles guitares…

Mais comme on dit : y en avait marre dans la mare,
Il était tard et les grenouilles
Voulaient s’ coucher… Sénat-turel.
K
CharlElie COUTURE / Fev 2019