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Confesse Book

304 – Passages – Musée Paul Valery – Sète

vendredi 15 Février 2019- Inauguration de mon exposition “PASSAGES” au Musée Paul Valéry – Sète

L’Art est-il un passage protégé au-dessus des autoroutes de la conscience ? Un passage protégé pour les animaux sauvages qui migrent sur des pistes que tente de repérer le shaman qui est en nous. Ces animaux qui nous relient à nos origines… Un passage protégé par les anges de l’émotion ?

L’Art est-il un transfert, une transmission entre l’invisible et le visible, un souffle d’air frais dans un couloir reliant la réalité au monde intérieur. Un long corridor ésotérique…

L’Art est-il un passage obligé ? Une issue de secours, quand on panique.Quand l’intérieur de soi se révolte, comme un volcan, l’Art est-il un grondement sourd avant une éruption ? Le sifflement avec l’explosion.

S’agit-il d’un appel ; d’une demande de renforts ? Quand la fumée nous sort des narines, tel un phénix en colère dans la cendre, un dragon qui sent son cœur enflammé par des feux de l’enthousiasme.
L’Art est-il toujours romantique ?
Ou alors désespéré…

S’agit-il d’une corde souple pour se rattraper quand l’ego se jette dans le vide, le néant des nuits passées à cauchemarder ? Et ces jours d’ivresse noyées dans les boues de la solitude, parce qu’on s’impatiente, parce que le compteur tourne, et ça met trop de temps à venir.
Quand on n’en peut plus de gérer ses angoisses mais on cherche un moyen de transmettre ses passions, ses désideratas, ses malaises, ses incertitudes autant que les affirmations péremptoires des démons qui nous murmurent à l’oreille des phrases assassines, et d’autres vengeresses.

Ou bien l’Art est-il un passage choisi ? Un rite d’initiation. Une porte d’entrée vers l’au-delà…

On parle de l’Art urbain vertical, mais qu’en est-il de celui qui s’impose à nous à l’horizontal ? Ces lignes peintes sur l’asphalte, ont-elles été tracées pour nous contraindre ? Sont-ce des conseils ou des ordres. Une organisation sociale ou une coercition. Pourquoi doit-on on respecter les codes ?
Ne peut-on vivre sans autorité ?

Toutes ces questions je n’arrête pas de me les poser quand je peins, quand j’écris ou quand je fais de la musique.

De même quand je me trouve dans le tumulte de Manhattan, au cœur de l’action, parmi ces êtres lambda au milieu de foules dociles, qui se déplacent en suivant les règles, soumis aux injonctions…

Parce que le principe de résistance éclaire les filaments dans leur bulle de verre, oui, les artistes sont des ampoules.

À toutes ces questions je ne répondrai pas.

On peut penser que si l’Artisanat se doit d’inventer de nouvelles réponses, tandis que l’Art invente de nouvelles questions.

Quand je marche dans la rue, ou sur ma bicyclette, parfois soudain sans que j’en connaisse la raison, je m’arrête, je sors l’appareil que j’ai dans la poche et je prends une photo. C’est instantané, comme une évidence, comme si la réalité révélait quelque chose en moi, une certaine vibration qui se met à résonner…

Il paraît qu’on appelle cela l’inspiration.

Oui la rue.
Autant que d’artefact, la rue est pleine d’Art.

CharlElie Couture

vendredi 15
Inauguration de l’exposition “PASSAGES”
musée Paul Valéry
Sète

Jusqu’au 28 Avril