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Confesse Book

288 – L’Artiste ? Quel artiste ?

Quand, les villes, les régions, les ministères les députés en viennent à voter les budgets, on a l’impression que le moindre Euro dédié à la Culture est de l’argent perdu, jeté par les fenêtres, qu’il ne sert qu’à nourrir des poux, des cloportes, des zombies éthérés qui errent sans but au sein d’une société pragmatique matérialiste qui se débat, la pauvre, pour survivre. On s’entend dire et redire que l’Art n’a pas de “valeur”, que la Culture est un mythe. On se fait rabâcher depuis l’école que “seules les choses “sérieuses”, celles bien graves qui causent l’ennui, sont supposées mériter le respect. Et ces mêmes flegmons du pouvoir accusent les artistes de tous les maux, les montrant du doigt comme des calamités ou les traitant avec condescendance en disant d’eux qu’ils sont trop sensibles, des faibles, des paresseux mal intégrés qui pèsent sur la société. Des pics-bœufs sur l’échine d’un rhino, des rémoras sur le dos d’un cétacé…
Après Jack Lang, dont on s’est tant moqué, sous l’ère Mitterrand, après cette période où la Culture avait seulement été remise à sa place, à nouveau l’Art et la Culture sont redevenus les parents pauvres du budget. Chirac plus passionné par le sumo, Sarko par le blingbling, Hollande par “On-ne-sait-pas-quoi?” Et Macron… Quoi Macron ? À part être marié à une prof de français, à part sortir des mots tirés du chapeau pour épater la galerie, pour la Culture, Macron ne fait rien. Bref, petit à petit, on est venu à persuader les Français que l’Art et la Culture coûtaient plus qu’ils ne rapportaient… Mais l’Art est-il seulement un luxe, un tralala, une superfluité pour intellectuel, un fantasme inutile? Alors les subventions et les intérêts se sont tournés ailleurs, vers le Sport. En quelques années, c’est devenu une fascination. Ah l’argent du sport oui! Mais celui de l’art, pouark il était honteux, il ne concernait qu’une élite, un “truc de riches”
L’Artiste ? Quel artiste? La Culture mais quelle Culture? “Les gens” n’ont plus besoin de Savoir puisqu’ Internet peut leur procurer la Connaissance, pourquoi se casser à financer la culture?
L’article ci-dessous me semble être une forme de réponse à ces questions, il devrait interpeler la conscience des étrangleurs des budgets culturels, en faisant résonner en eux la corde sensible de la “rentabilité”, mais le liront-ils ?
Je crains que non, car ces décisionnaires aveugles se suffisent de paroles “verbales” de maudits mots dits dans les salons en fin de réunion du conseil, un gobelet en plastique à la main, buvant un champagne tiède…

CharlElie Couture