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Confesse Book

267 – 15 juillet 2018 – Champions du Monde

16 juillet, 08:10 ·
Même si depuis le début, dés les premiers matches, on pouvait logiquement croire que ces athlètes avaient la capacité à devenir comme Deschamps, des champs, des champions, vus les chiffres des performances des uns et des autres membres de cette équipe de France telle qu’elle avait été goupillée par un intelligent sélectionneur au sourire « sans-dents » mais qui loin de la frime connaissait mieux que personne son affaire, et vu qu’on avait à l’avant en guise d’attaquants notamment deux joueurs rares en la personne du génial prodige de 19 ans Kylian Mbapé et du non moins généreux, plus expérimenté Antoine Griezmann, pourtant on était légitimement en droit de douter, vu que les Français sont un peuple qui se régale à douter, d’autant que rien n’est jamais acquis tant que les trois coups de sifflet final (y compris les minutes de suspens du temps additionnel), n’ont pas été soufflés, et que la beauté du sport vient de ce que le résultat d’un match peut tenir sur un coup de chance ou un coup du sort, d’autant que les joueurs Français ont souvent été moins performants quand ils étaient favoris,
Et même si certains spécialistes de mes deux, commentateurs pédants et autres peine-à-jouir, ont mis en question la capacité dudit DD à former cette nouvelle équipe jeune, complice et positive, (alors que ces mêmes baratineurs/branleurs nous professaient d’une voix grave il y a un mois qu’ils auraient bien mis Zizou à sa place, (ce même Zizou qui je le rappelle, défendait Benzema), et pourquoi pas Ribéry tant qu’on y est,
Même si tout ça c’est du passé parce que putain, mettre 4 buts aux Croates fallait le faire, et que les 4 buts sont beaux ( en rewind juste pour le plaisir rappelons nous : celui magnifique de Mbapé sur une passe splendide d’Hernandez, mais aussi celui puissant de Pogba en deux temps, ou les deux de Griezmann,- à qui injustement on n’en a crédité qu’un seul alors qu’il a « formi-diablement » tiré son premier coup-franc-), bref,
Et même si le dernier grotesque but-cadeau offert aux Croates par Hugo Lloris n’aurait jamais dû exister à ce niveau de finale de coupe du monde… (qu’on est tous néanmoins prêts à pardonner parce qu’il a aussi fait de superbes arrêts durant toute cette CDM, et que résumer le gardien Français à ça, ce serait salaud),
Même si « on est les champions » ne veut rien dire parce que les seuls à féliciter, les seuls qui ont gagné, les seuls qui méritent cette victoire sont ceux qui ont participé aux matches depuis le début des sélections, et Dieu (s’il s’intéresse à ça, lui-même) sait combien la route a été longue…
Et même si les éructations et beuglantes des glands allumés, des bœufs et des beaufs, des jeunes vaches folles et veaux à casquettes, gigots « d’a gnôle » et viandes saoules, tous ces fêtards qui donnent un sens très étrange au mot « fête » en retournant des bagnoles “pour rire”, en allumant des feux “de joie” ou en pétant du matériel urbain “pour le plaisir”… ??? , et toutes ces foules nostalgiques qui voulaient « revivre 1998 », et ces hordes d’inconditionnels qui n’avaient rien à dire d’autre que des « whhhééééhhhhééééye !!! » au micro des pauvres reporters envoyés en pâture sur le terrain pour recueillir les impressions à chaud des supporters en pâmoison, et que plus débiles on peut pas,
Et même si les grigris, les fers à cheval, les pattes de lapin, les médailles de la Sainte Vierge ou de je ne sais quelle invocation des saints, et les signes de croix, et les « je portais les mêmes fringues il y a vingt ans », les « j’étais assis à la même place, sur la même chaise », les « chaque fois que je… ils gagnent…», et autres superstitions surréalistes, abscons, invérifiables, injustifiables du genre marc de café aux grains de Nescafé décaféiné, toutes ces croyances fétichistes irrépressibles, même si toutes les prophéties ou oracles ont été dits gaiment sans complexe jusqu’aux confins de l’absurde,
Et même si les pisse-froids et les jaloux ont refusé de se réjouir,
Et même si la pluie s’est voulue diluvienne à Moscou au moment des remises de médailles, et qu’à part Poutine les autres n’avaient pas de parapluies, – super les organisateurs, la vraie classe internationale ! -… (mais au fond, ils s’en moquaient bien d’être tous trempés avec des lamelles de confettis en papier doré qui venaient se coller sur eux),
Et même si Macron pourrait en profiter aujourd’hui pour faire un train de réformes supplémentaires (et pourquoi pas tant qu’on y est, faire passer une autre limitation de vitesse pourrie à 70 kilomètres heures), sans que personne s’en aperçoive tellement les gens ont aimé le voir lui-même se régaler et gesticuler comme un jeune homme qui se lâche sans la retenue et la pudeur diplomatique supposées être celles imposées par son mandat, mais juste heureux de profiter de sa fonction dans un élan d’empathie pour embrasser physiquement les vrais héros mouillés de ce dimanche mémorable,
Oui,
Même si tout ça,
Et ben,
À l’arrivée,
Cette victoire de l’équipe de France en finale de la Coupe du Monde de Football 2018 par 4 buts à 2 sur la Croatie,
Est sacrée,
Sacrément joyeuse !

CharlElie COUTURE
15 Juillet 2018.