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Confesse Book

250 – Feindre l’ignorance

Pffff ! J’ai beau essayer de faire comme si je n’en savais rien, feindre l’ignorance avec dédain, c’est impossible. Ce post de mauvaise humeur est comme une crise d’eczéma urticante qui me démange de faire savoir qu’il existe des millions d’utilisateurs d’Internet, dont je suis, qui rêveraient d’être tenus à l’écart des funestes chipotages concernant l’ancien ou le nouveau testament du dieu J.H.

Oui, j’en conviens, je n’ai jamais adhéré au club, et même quand j’ai essayé de m’y mettre pour « faire comme », mes paumes (rock )ont glissé sur les apparences, et je n’ai jamais adhéré aux valeurs de la secte Djoniste.

Si “toutes les stars” se devaient d’être présentes aux funérailles de Jean Philippe Smet, je fais moi partie des autres gens que la mort de Johnny Hallyday a surtout intrigués parce qu’elle affectait si profondément ces fans éperdus qui du jour au lendemain, se sentaient abandonnés par celui qu’ils vénéraient comme on adule un mythe, un être immatériel dont la mécanique du corps tel un vieux truck SUV qui a roulé sa bosse et secoué ses amortisseurs sur tous les chemins défoncés, a finalement succombé à l’usure naturelle des pignons. Mais quoi ? Depuis le 5 décembre, beaucoup d’autres personnes sur Terre, et parmi eux certainement des gens très bien, ont aussi perdu la vie. C’est notre destin et les traitements les plus pointus prodigués par les meilleurs médecins, ne permettront jamais à personne de rester éternellement jeune. Comme le goudron nicotiné dans les poumons, même le papier jaunit (…)

Tout au long de son existence, nous avons été informés de chacune de ses tribulations. On nous disait tout, et même bien plus qu’on ne voulait en connaître. Les courtisans soulevaient les tapis, les reporters l’accompagnaient dans le désert, d’autres lui fournissaient ce qu’il voulait : de l’alcool, des bagnoles, de la came, des textes à chanter, des maisons à habiter, des vêtements à porter, des filles à aimer. Et y en avait jamais assez. Une surenchère de trop, de plus, de kitch, de rococo, Rock cocorico, de simili et verroteries, de falbalas, flafla et tatouages sudistes. Délires d’excès, cette exubérance alimentait l’imaginaire de certain(e)s. Mais si de son vivant, il était accompagné par une cour, Louis XIV en perfecto dans la galerie des glaces d’une boîte de nuit, on pouvait espérer que ça se tasse après le deuil, et son château de Versailles en sable serait balayé par une vague fatale. Oui, je fais partie des millions qui n’en ont rien à battre de ce qui reste devant le garage une fois que sa (ses) Harley(s) a/ont été rangée(s). On sait qu’il a truandé le fisc, qu’il a fait les 400 coups, il n’était pas blanc-blanc, pourtant il n’avait pas l’air d’être un salaud. Il faisait peut-être des conneries mais difficile de croire qu’il fut ingrat au point de renier ses deux aînés (avec lesquels il semblait bien s’entendre). Il semble que l’autre côté de sa famille a pris le rôle du « Vilain ». Abusant de sa naïveté/faiblesse apparemment la belle-famille a l’air un peu moche. Les héritages donnent lieu à des malentendus entre malentendants. Les sous rendent sourd. Quand il s’agit de sous, on s’enivre…

Depuis le 5 décembre, le fantôme de « l’idole-des-jeunes-qui-ne-le-sont-malheureusement-plus » continue de hanter plein pot (d’échappement) les tabloïds qui inondent nos boîtes mails débordant des cancans du clan. Et Sylvie par ci, et Nathalie, et “les p’tites”, et Jean Reno, et les Boudou- filous ou escrocs par là et le dernier jour de son canari, , et ah ! Laetitia… Moi j’ai la flemme de chercher la flamme. Pseudos infos, mesquineries viciées et chipotages dans le potage de la nébuleuse des parents et amis du défunt chanteur, toutes ces couronnes d’âneries auraient dû faner sur sa tombe au lendemain de son enterrement.

Ah si seulement on pouvait allumer le feu avec tous ces papiers, ragots, commérages de gazetier aux relents de dioxyde de carbone, hydrogène et méthane, autrement appelés « gaz de pet ». Tout ça pue la mauvaise bouffe mal digérée. On a mieux à faire qu’à s’asphyxier avec ce sujet.

 

Raconté comme plutôt « timide » par ses vrais amis, feu Johnny éteint, trouverait peut-être enfin le calme sous les palmes de l’île qu’il a choisi comme dernière demeure, si enfin on le laissait enfin en paix là où il est,

et nous avec.

Point Barth.

 

Mars 2018.