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Confesse Book

242 – Noir c’est noir, blanc c’est blanc

Noir c’est noir, blanc c’est blanc ! Les gares bondées, les trains annulés (je l’ai vécu), et les TGVs roulant au ralenti, le trafic routier « perturbé », les approvisionnements stoppés… Dire que quelques cms de neige ont suffi à engourdir Paris, ça pourrait faire rire, si ça ne donnait l’image d’un monde de poussins élevés en batteries, un monde de chatons conditionnés, dépendants, subordonnés, incapables de réagir par eux-mêmes face à une situation inaccoutumée, un “meilleur-des-mondes” qui veut donner encore plus de pouvoir aux mages du contrôle, aux augures de la météo afin de mieux “pré-voir” ce qui va se passer, un monde irréel où tout est organisé, plutôt que d’accepter de voir la réalité en face.
Je plains ceux qui ont regardé tomber la neige en répétant: « Oh Dieu qu’avons-nous fait pour que tu nous maudisses ? », « Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce le début de la fin du monde? » Je plains ceux qui ont dû s’arrêter au milieu de nulle part, paralysés dans leur « auto-immobile » parce qu’un autre devant, et un autre véhicule encore, et ainsi de suite, devant eux s’étant arrêté, tout le trafic s’est retrouvé bloqué en moins de deux sur l’autoroute…
Je plains ceux qui n’ont pas pu envoyer leurs enfants à l’école parce que les services de ramassage n’étaient pas assurés, et les écoles fermées, et ceux qui, transis, se sont transformés en fruits givrés parce qu’un type, un autre, (ou deux imbéciles de consort), n’ont rien fait pour rétablir l’électricité…
Du grand n’importe quoi ! Une démonstration de médiocrité !
Pole Nord, maybe ? « Poltrons » sûrement ! Par un habile jeu d’esprit et un mélange de concepts détournés liés à l’intérêt collectif, l’infernale lâcheté se transforme en « prudence ». Ah! la prudence, elle a bon dos la prudence! Fut un temps où les trouillards s’appelaient des lâches. Tu sais, ceux qui lâchent prise, au lieu de serrer les dents, serrer les poings, serrer les fesses ou se serrer les coudes. Fut un temps où l’on se moquait des péteux, des pleutres, des trouillards, et ceux qui manquaient de ce qu’on appelle « le courage » se faisaient aligner sur un pilori de moqueries. Soumise au contrôle de Big Brother, la civilisation d’assistés que nous sommes s’affole quand ledit «Gouvernant » et ses employés perdent leur aptitude à pouvoir intervenir face aux éléments naturels qui les dépassent. J’entends le gémissement de panique venant de ceux qui dénoncent un système incapable de garantir la sécurité à laquelle ils estiment avoir droit. A en croire les jérémiades des commentateurs de BFMtv ou les lamentations itératives des animateurs de chaînes d’info continue, ce sont les mauviettes qui ont raison, ceux qui chignent et pleurnichent : « Bououh il fait froid », « a glaglahgla », et « brrrrrr la neige glisse » “Et même on peut tomber.” “Fais attention ! Ne tombe pas !” Comme si ces kyrielles de conseils bien intentionnés avaient un sens? « Fais attention, ne glisse pas ! » Mais dites-moi QUI souhaite tomber pour se péter une clavicule ?
Si les hommes avaient toujours agi ainsi, jamais il n’y aurait eu d’Inuit, jamais personne dans l’Oural ou à Katmandou !!
Doit-on rester planqué chez soi, soulé par cette belle lumière immaculée se reflétant sur l’écran de neige et seulement boire du vin chaud comme les hérissons ou les marmottes qui hibernent, et les crapauds et grenouilles de France qui s’enterrent et les chauves-souris qui se replient sur elles-mêmes?
Tandis que les adultes se plaignaient, les enfants eux, se sont bien amusés, de cette neige !
C’est un euphémisme de dire qu’en cette semaine d’ouverture des J.O. d’hiver, la France n’a pas vraiment su surfer sur la vague de froid, gageons qu’elle fera mieux sur les pentes coréennes !

Fev 20XVIII