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Confesse Book

14 – Taste of France

Pour la deuxième année consécutive ” Taste of France” s’est tenu à Bryant Park, au cœur de Manhattan. À l’initiative d’une dizaine de personnes installées à New York, cet événement veut mettre en avant les valeurs de la France. Dans les faits ça ressemble plutôt à une foire expo conviviale et bon enfant, financée par des entreprises privées. Les politiques servent de caution et font semblant de chapeauter le tout, mais ils ne donnent pas un rond. Ils viennent parader quand tout est fini, ils font des mots, serrent quelques mains, montent sur l’estrade plein d’empathie, distribuent des confettis de promesses pour l’avenir du genre :”C’est courageux ce que vous faîtes. Nous sommes au départ de quelque chose que l’on pressent comme pouvant devenir énorme. Il faut soutenir l’effort de tous les bénévoles qui consacrent leur énergie dans l’intérêt commun d’un pays qui le mérite car l’Histoire… et blablabla” Puis ils repartent aux frais de la princesse Marianne de la République en ayant qui plus est le sentiment du Devoir accompli. 
Vu qu’ hors des frontières l’or de la France c’est surtout sa cuisine, (prononcez “couizin’ “), il y a surtout des chefs et des stands dédiés à ladite cuisine. Les Américains sont gourmands, et il y a de bons sandwiches baguettes, du cassoulet ou du fromage vendu en assiette accompagnés de verres de vin à déguster dans le contexte désinvolte un peu badin d’animateurs déguisés en mousquetaires à chapeau de feutre.

Comme ça s’adresse à un public large, on a vu venir cette année nombre d’agences de développement du tourisme régional qui avaient fait le déplacement depuis Lyon, Marseille, la Corse ou le sud Ouest. De même Air France faisait des promos, des stands de parfums et produits de beauté proposaient des coupes ou des maquillages à l’œil.

Devant la scène dite “grande” dont la sono manquait de décibels pour couvrir le tumulte ambiant de la ville-qui-ne-s’arrête-jamais, une montgolfière tricolore s’élevait de 5 étages entre les buildings, et puis redescendait. C’était une jolie métaphore…

Vu qu’il est toujours difficile de trouver des moyens pour promouvoir l’Art et la Culture, il ne fallait pas vraiment chercher autre chose pour se nourrir l’esprit. Même la présentation en trois D de la construction de la tour Eiffel qui dura dix minutes le soir du diner de gala, avait quelque chose de nostalgique. ( Et je ne parle pas de la tour Eiffel sculptée en beurre – la butter Eiffel- sous une cloche réfrigérée …)

Tant que ceux qui détiennent les cordons de la bourse n’auront pas compris que la culture est un moteur du développement économique, et qu’elle véhicule une image d’intelligence et de dynamisme intellectuel qui rassure les investisseurs, la France continuera de rester ce pays de traditions et de savoir-faire à l’ancienne qui sait mieux exporter son cassoulet ou son pastis que ses artistes, ses créateurs et ses inventeurs.

® CharlElie – NYC – 20XIII