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Confesse Book

168 – Bah

Tomber de haut. C’est la que le « bah » blesse.

On me dit : après tout qu’est-ce que ça peut faire ? Elle était menteuse et complice du grand capital, lui il EST le grand capital. Et alors ? Admettre le résultat, bien sûr, la question n’est pas là.  Ça “débrieffe” à tout va. Ça accuse les médias. Bien sûr Bernie Sanders était plus motivant pour une frange d’électeurs qui ne sont pas allés voter. Mais so, what ? C’est comme ça.

La vérité, quelle vérité ?

Avec des « si » on a atteint les limites de la Démocratie.

On est revenu au moyen-âge, quand les paysans inquiets de la venue probable de troupes ennemies, ou parce qu’ils n’arrivaient plus à survivre, choisissaient de faire allégeance au plus cruel des seigneurs, en s’installant au pied des murailles de son château, espérant  qu’il les protègent en cas d’attaque, lui qui les avait pourtant écrasés de taxes et dépouillé de leurs terres.

Trump est un Seigneur sans foi ni loi. Il ressemble aux puissants princes, ducs ou comtes qui défiaient l’autorité de l’Etat quand celui-ci osait intenter à leur suprématie locale.

Ces mêmes « foi et loi » que disent défendre pourtant les Républicains qui l’on soutenu. Quel paradoxe ! Mais faire alliance avec le Diable, n’a jamais fait venir le bien.

Bah on est tombé très bas.

Si dans ce fond je pensais comme eux, si je me plaçais d’un point de vue égoïste de « ma gueule en premier, les autres je les emmerde », alors pour moi cette élection ne va pas vraiment transformer mon existence. A moins que les purges d’opposants ne se mettent en place comme il a même menacé d’envoyer en prison Hillary Clinton.

Mais je ne suis pas un animal sauvage, mes papiers sont en règle, mes enfants ont fini leurs études, caucasien, je me démène pour continuer mon œuvre. Ma vie n’est pas facile mais je l’ai choisie. Bien sûr si on m’avait demandé plus, j’aurais pu faire mieux. Mais ON n’a pas voulu plus de moi. Je suis même prêt à comprendre ceux qui se sont « suffi » de mes propositions et si je n’ai pas été plus loin, c’est sûrement de ma faute. Je n’ai peut-être pas osé et quand j’ai voulu imposer un style, je ne l’ai peut-être pas bien fait. Il me manquait de l’arrogance, et ce charme que certains ont la chance de posséder naturellement qui rend la vie facile.

Poète artiste franco-Américain, j’habite New York, une ville qui me ressemble et alors ?  L’élection de ce type ne va pas immédiatement changer ma vie.

Mais penser qu’il va enfoncer ses fesses dans l’Air Force One, et décider des choses qui vont nuire à mes amis, oui ça me met mal.

Mais aujourd’hui, entouré de ceux dont  je ne partage pas les convictions, je me sens oppressé comme un métal sous le piston d’une presse hydraulique de valeurs conservatrices. Obama a été empêché tout au long par les mêmes qui prennent aujourd’hui en main les commandes du pouvoir. J’ai beau tourner le rubicub dans tous les sens, je suis proportionnellement aussi affligé de voir mes convictions discréditées, que j’étais allègre de les voir incarnées par un président dont j’appréciais la majeure partie des attitudes, (ses discours comme sa famille dans le sens large). Un président est une figure de proue, et j’étais fier d’avoir embarqué sur le bateau pour lequel il fendait la vague. Quelle que soit l’humiliation que peut représenter cette élection pour tous les démocrates, je conserve pour cet homme toute mon estime et j’espère le voir revenir d’une manière ou d’une autre.

 

® CharlElie – Novembre 2016