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Confesse Book

157 – 6/A very long journey

A very long journey (6)

Comme des millions de gens certes, je n’utilise pas toutes les fonctions de mon téléphone, le mien me sert surtout de… téléphone, c’est étrange n’est ce pas? Néanmoins c’est aussi la caméra qui me permet saisir des souvenirs à la volée, ou il me sert pour envoyer les Snapchats qui ponctuent mes journées, je l’utilise aussi pour checker la météo, pour google n’importe quoi, ou compter mes pas. Bref, je m’en sers quand même. Mais depuis qu’il est tombé à l’eau, il est inerte dans ma poche comme un oiseau tombé du nid. Ça ne m’empêche pas de vivre, mais je me sens frustré et je comprends la panique d’ados punis, interdits de téléphone.

Dans une petite pièce du centre de musique à LaFoa, c’est la première « foa » qu’on joue tous les cinq ensemble. Martin (drums) et Jacques (bass) s’y sont d’abord mis tous les deux, puis Karim les a briefés sur certains détails début septembre on s’est vus une après-midi à Studio Bleu avec Pierre (banjo, violon), et j’ai montré les nouveaux arrangements à Karim lors de son passage à New York quand il était en tournée aux USA avec Maya Kamaty.

Même pas d’angoisse,  ça tourne déjà super carré pour une première répète.

Fin d’aprem, on part à Fort Teremba, où les scènes et chapiteaux du festival sont maintenant tous installés. Le festival ne commencera que demain, mais stockés en Gigabits sur des cartes mémoires, désormais les réglages du son peuvent se faire à l’avance. Ainsi on peut gagner du temps le jour du concert et SI tout est installé dans la même configuration, il « suffit » d’appuyer sur recall, pour que les réglages réapparaissent. Enfin ça c’est en théorie…

Le clavier qu’on a mis à ma disposition, est d’un usage un peu complexe. Quand je suis sur scène, je n’ai pas le temps de me prendre le chou à chercher “où” est “quel” programme. Il faut que ça se passe en un clic. Deux coups de téléphone plus tard, et le centre de musique accepte de me prêter celui que j’ai utilisé pour la répète.

Le groupe anglais Télégram croisé hier à l’aéroport hier soir, nous suit pour ses balances sur la scène. Leur manageur fait toujours la gueule. Ambiance de merde. Je me sauve.

Un canon, deux canons avant d’aller s’ coucher…

C’est seulement à ce moment que je m’aperçois que ma peau est en flamme. Dans la loupe des eaux transparentes du lagon, le soleil de l’atoll m’a cramé la peau ce matin. Rose cochon, je m’enduis de Biafine, mais c’est un peu tard…

Matin. Petit matin. Tout petit matin. J’entends le coq chanter en recousant un bouton.

Immanquablement éteint, mon téléphone n’a jamais voulu se rallumer. On m’avait dit de le mettre dans un mélange de sel et de riz qui a le pouvoir d’aspirer l’humidité, mais ces “trucs et astuces ” ne disent pas ce qu’il faut faire pour nettoyer le sel de l’eau de mer… Et meeeerde. Je ne me croyais pas addict à ce point.

Je commence à en faire mon deuil.

Toute la journée d’hier, on a cherché à joindre l’injoignable mec-qu’un-gars-connaît-parce-qu’il-s’y-connaît en électronique et qui-répare-les-ordis. Sans succès, il était en déplacement.

Vers 9 heures, Guru vient d’arriver après une nuit dite de « réconciliation » au site « Forêt Noire » où les groupes sont logés. On dirait qu’il vient à peine d’ouvrir les yeux ou bien il ne les a pas fermés. Nul doute qu’il saura faire les exercices qu’il faut pour se les remettre parallèles, lui qui est orthoptiste dans la “vraie” vie.

En tout cas, lueur d’espoir Jean Marc “Guru” a pu joindre le type qui, “c’est promis”, va s’occuper de mon téléphone …

 

® CharlElie

Sept 20XVI