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Confesse Book

151 – Ce que rapporte la musique

Voici ce qu’est la réalité de l’économie de la musique!

En réalité, il n’y a plus d’économie tout court.

Voici ce que rapporte la musique…. aux musiciens. L’article ne dit pas ce qu’elle rapporte aux autres. La vérité c’est qu’on ne peut plus subvenir à ses besoins grâce à un savoir faire dans la musique. 15 millions de vues sur Youtube pour gagner un SMIC, ça n’autorise pas grand monde à vivre de son art. Il ne faut pas se leurrer, le système est suffisamment bien huilé pour qu’on ne puisse envisager de retour en arrière. Jamais la rivière ne remonte à sa source.

Alors on cherche, tout le monde cherche le moyen de contourner ce gouffre, mais pour l’instant personne ne trouve vraiment de solution.

Pour tous ceux qui la consomment, la musique est un fait, une sorte d’entité sans valeur. Comme l’art. Sauf qu’éventuellement, chacun peut encore choisir de “posséder” une œuvre. Par contre aujourd’hui on ne “possède” plus la musique en choisissant d’acquérir un objet sur lequel elle est enregistrée, puisqu’elle est accessible partout à tout moment sur les plateformes de streaming, qui elles ne reversent que les micro-pourcentages que vous pouvez lire ci-dessous.

Alors? Je ne sais pas.

Non, les concerts ne sont pas “juteux” comme aiment à penser pour se soulager la conscience ceux qui ne connaissent pas les mécanismes d’une telle organisation, mais les concerts coûtent cher à organiser et ne génèrent que rarement des gros profits.

Et les maisons de disques dans tout ça? Là non plus, je ne sais pas comment elles s’en sortent… puisqu’elles ne vendent plus que rarement des disques, j’imagine qu’elles ont des intérêts dans les plateformes de streaming? Je ne sais pas. Celle avec laquelle j’ai fait le dernier disque a été parfaitement réglo. La mise en place de l’album a été vraiment bien faite, mais cet été me promenant dans une grande surface j’ai juste constaté que la part d’espace laissé à la musique était juste en diminution constante. A peine quelques rayons dévoués aux hyper grands vendeurs commerciaux grand public. Ce qui est certain c’est que pour toute une production indépendante, c’est mort. Car le système ne permet plus de s’autofinancer.

Alors?

Alors les jeunes compositeurs habitent chez leurs parents. A 27 ans ceux qui ont défendu bec et ongle la gratuité (ou presque) se retrouvent aujourd’hui dépendre des aides financières de leur famille. Et même quand ils font quelques gigs, shows, nocturnes, ou techno-electro night, non, ça ne suffit pas à obtenir un prêt à la banque ou envisager de fonder une famille.

Les mêmes idéalistes qui me contredisaient ou ironisaient quand j’appelais à une certaine prudence lors les assemblées consultatives publiques auxquelles j’ai participé dans les années 2000, je les revois aujourd’hui employés à des tâches subalternes, ou officiant par devoir plutôt que par vouloir…

Oui, je sais, c’est comme c’est, et il faut faire avec,

Ou plutôt sans.
® CharlElie Couture – NYC 20XVI