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Confesse Book

100 – Jouer Jouir

Jouer, jouir.

La jouissance c’est le plaisir au moment de l’action.

Quand je rencontre la fée de la Beauté, quand j’arrive à emboîter entre eux des éléments incompatibles, alors je ressens le plaisir de celui qui a fini un puzzle ou une grille de mots fléchés.

Mais sitôt l’œuvre achevée, deux nouvelles questions se posent:

1-    celle du partage, c’est-à-dire “faire connaître”, médiatiser,

2-    celle du jeu de la valorisation. La valorisation est un jeu, une spéculation, comme au poker, un problème d’évaluation, d’estimation. – Combien vaut le travail ?

J’ai encore tellement de choses à faire !!!

Tout m’inspire:

– la ville et sa complexité, les gens dans leur bêtise et leur fulgurance, leur mythe et leur fragilité,

-la poésie comme l’humour (une manière de voir les choses à l’envers, comme un spectacle vu depuis les coulisses),

– le sexe, jambes écartées, comme un appel à la rassurance, envie de sueur, de goût, d’excitation dangereuse, d’interdit, d’animalité, de tendresse aussi, de défi, de contrôle ou de relâchement, etc.

– et puis la lumière, la belle lumière du matin comme une promesse, et celle de la nuit comme une occasion de survivre,

– les déchets et autres inachevés. Il y a toujours un sens, un autre sens à donner à la matière, comme on retourne un pot pour lire une estampille,

– et la modernité aussi. Les nouveaux modes et leurs nouveaux outils, nouveaux moyens de dire, ou de tisser des liens ancestraux…

ETC.

Et si je m’autorise à m’endormir, j’ai honte.

Dormir est un acte de repli sur soi. Accepter la fatigue, c’est accepter sa faiblesse humaine.

Faut juste que je me secoue, que je m’ébranle,

Que je sorte de cette léthargie de l’hiver, qui veut qu’on s’interroge sur le printemps.

Et que je continue d’agir sans me soucier du joug des laboureurs.

C’est juste un mauvais moment à passer.

Il y a ceux qui ont le « faire »,

et ceux qui s’occupent de « faire POUR »,

ce ne sont pas les mêmes.

J’ai récupéré sur l’un des murs d’un théâtre où j’ai joué, l’affiche d’un spectacle qui avait eu lieu sur la même scène il y a quelques mois.  Je trouvais son titre grossier. “Souvenir d’un Gratteur de têtes”.

Quelle vulgarité dans ce titre!

Oh sympathique Bernard Pivot premier homme des médias à avoir convaincu les gens de lettres de l’accueillir parmi eux à l’Académie. Venu en cet endroit avec un spectacle littéraire, à la manière de Fabrice Lucchini.

“Souvenir d’un Gratteur de têtes”.

On a l’impression qu’il a des peaux mortes sous les ongles à force d’avoir côtoyé des intellectuels…

Beurk.

Dieu que les interviewers ne sont pas des créateurs. Ils ne savent même pas ce que créer veut dire, et quand ils s’y mettent, voilà ce que ça donne.

Lamentable!

Il y a ceux qui ont le « faire »,

et ceux qui s’occupent de « faire POUR »,

ce ne sont pas les mêmes.

® CharlElie – 20XV