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Confesse Book

210 – La Violence

En 1999, j’avais enregistré « la violence » avec Mangu sur « 109 ». C’est vrai que je ne cherchais pas la polémique et j’abordais la question de façon générale. Aujourd’hui on en parle beaucoup à propos des blackblocs qui sèment la pagaille au milieu des manifestations de gilets jaunes, mais la violence ne se résume pas à ces éruptions cutanées, sporadiques d’éléments extrémistes incontrôlables.

« Dans les rues, dehors ou à domicile, quand tu vois toute cette violence débile : violence raciste ou violence économique, violence religieuse ou violence politique, violence commerciale ou violence conjugale, tu t’demandes pourquoi l’homme peut faire autant de mal ?

Injures entre 4 murs, bombes lacrymo dans l’ métro, pitbulls rendus fous, la violence partout : agressions de filles seules, un coup d’ cutter dans la gueule, pistolets à grenailles, un vieux poussé sur les rails…

La violence, j’ comprends pas la violence.
Parano des oiseaux, chacun s’ déguise en épouvantail. Vaille que vaille on se taille mais où qu’on aille ça déraille.

Je croyais qu’on pouvait s’expliquer, admettre les différences, je voulais croire au pouvoir des mots et à l’intelligence, mais y a trop d’ arrogance, trop d’envies en urgence, trop de profits à outrance, trop de conflits en instance.
Violence gratuite, nuit et jour à toute heure, violence crise de nerf, de ceux qui désespèrent, jamais personne veut se laisser faire, « Nik’ ta mère » !

La violence, j’ comprends pas la violence.
En France bien sûr y a la souffrance
Mais tu vois ça aussi dans tant d’autres pays….

La violence, j’ comprends pas la violence.
Pour le meilleur on se fait peur, et pour le pire on s’ déchire.

Violences à l’école ou violence en bagnole,
Violence de misère ou violence militaire,
Prise d’otages, attentats, ça s’ passe dans la vie comme au cinéma. Le gore s’est banalisé à travers la télé, les journaux.
Toujours plus hard en photo pour exciter la parano,
Chercher à plaire avec la cruauté spectaculaire,
Magnifier la douleur pour vendre quelques exemplaires !

La violence, j’ comprends pas la violence,
Utopie du partage ou de l’union, tu crois qu’ si tu dis ça tu pass’ras pour un con.

La violence, j’ comprends pas la violence,
Violence de circonstance ou de survivance,
Violence de l’existence quand y a plus d’indulgence
.
La violence, j’ comprends pas,
Tu t’enfermes en toi-même et tu souffres en silence.
Ouais la violence du silence !

Quand chacun justifie sa barbarie, les rêves de tolérance sont traités d’utopie et la gentillesse est considérée comme de la faiblesse. »

CharlElie Couture
1999