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Poésie

01 – Le silence de la neige

J’aime le silence,

Assourdissant,

Qui envahit New York,

Quand la neige est tombée.

 

J’aime le silence des grandes métropoles capitonnées,

Celui qui transforme le tohu-bohu,

Ce grand capharnaüm des sons, de fréquences aigües,

Ou graves, et d’explosions,

 

De claquements de klaxons,

De crissements et de hiss,

De vüüü, de tweeeee, de raaaah,

Tous les bruits mélangés.

 

J’aime quand soudain s’éteint

La frénésie,

De cette symphonie rythmée

Qu’on a mille fois chantée.

 

J’aime ce moment qui l’aspire et la change en un souffle,

Instruments en sourdine, silence molletonné,

Quand la neige est tombée,

20 cms suffisent, et tout est à refaire.

 

Bien sûr que ce silence est le même,

Semblable à tous les silences qui ont fait taire le tumulte ;

Ce chaos auquel on s’habitue,

Et qui soudain a disparu.

 

Bien sûr le silence n’a pas d’âge ;

Le silence est un classique,

Universel,

Il vient de l’univers, et c’est partout pareil.

 

Sauf que là, c’est New York,

Et qu’ici,

Rien n’est vraiment pareil qu’ailleurs,

… !!!

 

J’aime ce silence particulier,

Pas les sirènes,

Pas le ronron des moteurs des bus, des camions,

Même pas les taxis, ni les engins, ni les gens.

 

Non,

Juste une latence au milieu de l’immensité,

La cité dans son infinie paralysie,

Snow day.

 

J’aime ce silence-là, silence enneigé qui ne dure qu’un temps,

Avant que la conscience velléitaire ne se réveille,

Avant que l’envie de vivre ne soit plus forte que la paresse,

Avant que les machines ne reprennent le pouvoir.

 

J’aime le silence blanc,

Quand la neige est tombée

Sur la grisaille,

Cacher la poussière,

 

J’aime le silence qui ne dure qu’un temps,

Ce silence au matin, dans la lumière pâle,

Quand la neige est tombée sur New York,

Tombée pendant la nuit,

 

Pendant qu’on dormait, toi et moi,

Pendant qu’on ne dormait pas, ni toi ni moi,

J’aime le silence à New York

Quand la neige est tombée.

 

CharlElie – New York – Jan 20XIV