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Poésie

08 – Dépassés au futur

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Effacer

Le passé.

Faire exploser Palmyre,

Viols et têtes coupées ;

Qui peut aujourd’hui dormir,

Sans être tourmenté ?

 

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Ils fuient la terreur,

Et puis la barbarie,

Flux d’immigrants

Chassés par la haine,

Pères et mères, et enfants,

Ne rêvent que de survie.

 

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Peut-on jamais freiner,

Ceux qui n’ont rien à perdre ?

Panique aux frontières,

Noyades en mer,

Barbelés, fils de fer,

Et ruées suicidaires.

 

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Caméra à l’épaule

On a perdu l’contrôle.

Tyrannies et carnages,

Paradoxes orthodoxes,

Les infos ou l’intox,

C’est la guerre des images.

 

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Mollahs barbus sévères,

Prêtres et parlementaires,

Coassent, croassent,

Discutent, bavassent ;

Justifier l’inertie,

Diplomatie, peccavi.

 

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Les envies écrasées

Sous les tonnes de papiers,

De la bureaucratie,

« Démocratique », « réaliste »,

Qui étouffe l’entreprise,

Et nargue l’utopie.

 

Constat d’impuissance,

Cacophonie confusion,

En Europe, ou en France

Ou dans toute l’Union,

On assiste en silence

Aux drames des populations,

Déchirées par les outrances

D’ UNE et même religion,

Mais pas seulement…

 

Dépassés par le progrès aussi,

Et la technologie,

Dépassés par nos besoins

En énergie,

Incapables de prendre en compte

Les chiffres de l’écologie,

On se regarde en chiens de faïence,

Face aux dragons de la finance.

 

Dépassés au présent,

Dépassés au futur,

Dans les tours d’arguments,

Des maîtres Tout-Puissants,

Les tabellions des gens d’argent,

Appliquent une rhétorique

Sourde aux suppliques,

Des besogneux manants.

 

Dépassés au présent,

Alors quel avenir ?

Quand on perd même l’envie

De laisser une trace ?

Qu’est-ce qui se passe ?

Quand la corde casse,

Qui nous reliait au passé,

Aujourd’hui dépassé.

 

Enfermés en nous-mêmes,

Comme dans une prison,

On bâtit des remparts

Des murs de protection,

(Ou de lamentations)

Paranoïa, on est au pied du mur

Dans le ciel des éclairs,

J’entends gronder le tonnerre.

 

Y a de l’urgence dans l’air,

Mais on ne sait plus quoi faire,

On a perdu la notion du temps

Comme un fuite en avant,

On court vers nulle part

Sans pour autant d’espoir,

Dépassés au présent,

Dépassés au futur.

 

® CharlElie – 20XV