Menu

Poésie

06 – Epoque et esthétique

Art pariétal, Philippe de Champaigne, Fra Angelico, Georges de la Tour, Rembrandt, Frans Hals, les frères Le Nain, Goya, Manet, Toulouse Lautrec, Vuillard, Bonnard, Pablo Picasso, Matisse, De Chirico, Viera Da Silva, Marcel Duchamp, Picabia, Tamara de Lempika, Otto Dix, Piet Mondrian, Kazimir Malewicz, Lissitsky, Louise Nevelson, Man Ray, Edward Hopper, Kandinsky, Andy Warhol, Alechinsky, Willem de Kooning, Jan Voss, David Hockney, Saül Steinberg, JM Basquiat, Chuck Close, Mark Rothko, David Hockney, Bernd et Hilla Becher, Claes Oldenburg, Titus Carmel, Jackson Pollock, Dubuffet, Pat Andrea, Joseph Beuys, Vanessa Beecroft, Christian Boltanski, Tapies, Martin Kippenberger, Valie Export, Jim Dine, Manolo Valdes, Zhang Xiagang, Cy Twombly, Vialat, Bob Rauschenberg, Keith Haring, Damien Hirst, Richard Prince, Jeff Wall, Gordon Mata Clark, Christopher Wool, Paul McCarthy, Jeff Coons, Anish Kapoor, Anselm Kiefer, Combas, Murakami, Aï Wei Wei,
La confusion ou la perfection,
La maîtrise ou l’intuition,
À chaque époque son esthétique…

À chaque époque son Jazz, son rap, son swing, son flood, son jean,
Son rythme, son tempo,
Heavy metal ou Ivy league
À chaque époque son esthétique,
Son poids, sa sueur,
Sa gestuelle mondaine et ses gestes quotidiens,
Ses décalcomanies ou ses cicatrices,
Ses tics et ses tacs et ses tocs aussi,
Ses gourmandises sucrées et ses régimes diététiques,
À chaque époque son esthétique.

À chaque époque son humour en pierre, en plâtre, en coton, en sable, en plastique gonflable ou en bois, ses retenues et ses rires éclatants,
Ses phrases toutes faites et ses morales,
Ses murmures sur l’oreiller, ses peines de cœur
Sa chasteté ou son impudeur,
À chaque époque son esthétique.

Et le plaisir d’offrir ou celui de recevoir
Des cadeaux, des médailles, des accolades,
Des colis en colo ou du savon en prison,
Des ennuis dans une enveloppe timbrée,
Ou recevoir des amis à la maison,
« Barbeciou » sur un balcon,
À chaque époque son esthétique.

À chaque époque son ambition et son angoisse de vivre,
Sa mégalo et ses suicides,
Ses grands projets et ses petits meurtres entre amis,
Son système métrique et les chiffres patraques,
Et les mesquineries et les grandes misères,
Envie tout prendre en compte ou feindre d’ignorer les feux de forêt,
À chaque époque son esthétique.

À chaque époque ses contrats de confiance, ses constats d’impuissance,
À chaque époque ses formes rondes ou ses angles acérées,
À chaque époque son format, ses aveux, ses techniques de combat, ses vols à l’étalage ou ses évasions du palais de Justice, ses braquages à la police des polices, ses voltiges aériennes et ses pattes cassées,
Trophées de chasse, cornes de rhinocéros pilées,
Homosexuels jetés d’un toit et femmes violentées, enfants blessés, animaux dépecés, dauphins assassinés, drogues consommées et têtes coupées,
À chaque époque son esthétique.

À chaque époque son terrorisme désespéré et son tourisme bon marché,
vengeance technologique ou pardon incassable,
À chaque époque son goût pour la protection, son aversion pour l’injustice,
À chaque époque son goût pour l’aventure ou pour le confort, confort du faible ou imprudence de la jeunesse, impatience, impertinence et caprices,
Et puis la danse, oui, la danse,
Et le charme des institutrices, et la peau délicate des filles-fleurs qui rêvent d’un avenir parfait,
À chaque époque sa jeunesse et ses erreurs, et ses micmacs et ses calculs mentaux sous le manteau,
Sous la casquette sur un terrain de basket,
En liquette au volant, d’un camion,
Une camionnette, un S.U.V, un break décapotable ou d’un camion de livraison,
À chaque époque son esthétique.
Aujourd’hui est un jour arc en ciel!

® CharlElie – Juin 20XV