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Poésie

05 – Pas de veine

Pas de veine,

On s’est aimé en vain,

Que dis-je, en vin,

Oh divines bouteilles plurielles, (10 ou 20),

Qu’on a bues ensemble pour effacer la peine,

À force de prendre des pains,

(et calculs dans les reins),

À perdre haleine.

Écroulé dans une benne,

Faudrait qu’ t’ailles prendre un bain,

Te r’mettre les idées en place,

Quand tu te vois devant la glace,

Et qu’ tu t’ reconnais plus.

 

Aujourd’hui il a plu,

Tombées du ciel, des larmes,

Froides comme le canon de l’arme, que t’as dans la main;

Cette arme que tu voudrais utiliser pour te venger, tirer dans le tas,

Le tas de feuilles mortes; et toi en sale état

Dis moi c’est quoi ce malaise qui te torture?

Déséquilibré, impatient, ce désarroi permanent qui t’as mené là où tu es.

Homeless, laissé sur place.

Odieux intouchables…

Oh gueux ! en temps de guerre,

Aujourd’hui comme naguère, pauvre hère, triste manant, errant de jour en jour,

Au gré du vent, dans les courants d’air,

Au hasard, Baltazar,

Déchiré entre les histoires de familles capitonnées,

Et les familles de l’Histoire désabusées,

Entre les promesses des amis éperdus,

Et les hypothèses farfelues ou scabreuses des spéculateurs corrompus.

 

Oui, un jour il se peut

Que, toi aussi, sous la pluie,

Tu t’ retrouves à la rue,

Sans avoir bien compris,

Qu’on paie cher, le prix

De la Liberté,

Celle qui coule dans tes veines,

En vain.

 

® CharlElie – 20XV