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Roman Live On Line

Nu York

#051 Stylisme du couple

Foster Horrowitz est l’actionnaire principal d’une usine de fabrication de portes et fenêtres en métal (et volets roulants), un héritage qui lui prodigue une rente conséquente et régulière. Depuis deux ans, il a confié à d’autres la gestion de cette entreprise, il ne s’occupe pas vraiment du développement des nouveaux modèles. Foster a fait Harvard, mais il a gardé au fond de lui un vieux rêve hippie. Il y a dix ans, Foster a racheté une chapelle à Harlem, un lieu religieux qu’il habite comme un agnostique libertin et libre-penseur. Foster assume sa poésie.
– Ça m’a pris trente ans pour l’admettre…
Il pèse ses mots comme on pèse les ingrédients d’une potion.
– Les mots tournent à l’infini dans la dynamo du temps qui passe.
Sorcier médecin, Foster veut rendre service à l’humanité. Généreux pour de bon. Pas seulement spirituel, il aime rendre des services.
Boney a fait Yale avant de se reconvertir dans la mode et devenir styliste en quelque sorte. Avec la crise, elle a un peu de mal en ce moment. Ceux qui voyaient la vie en rose voient désormais tout en noir. On parle de la reprise à haute voix, mais il y a beaucoup d’espaces vides dans les buildings commerciaux. Les compagnies ferment, tout le monde est un peu tendu. On se veut d’autant plus optimiste qu’on est dans la neige fondue. Demain, il fera meilleur, demain l’eau se sera écoulée dans les égouts, demain, ce sera mieux ! Demain viendra le printemps…

Foster organise dans son endroit des nuits de musique pour les nouveaux talents du jazz, de la danse, du yoga, et des soirées spéciales de transes méditatives. Au cours de ces heures sans fin, on danse, on prie, on médite, on fait des gestes, on fait le vide pour se guérir soi-même. On aime. On aime l’infini de l’univers autant poussière. Thérapie de groupe, ça s’appelle du Healing. On se retrouve si on était perdu, on se perd si on était trop sûr de s’être trouvé. Ceux qui veulent, avalent de l’haïwaska, une boisson amère, fabriquée à base de lianes macérées. Les sorciers qui viennent du Venezuela, du Brasil, du Mexique ou de Colombie pour conduire ces séances spirites, préparent cette substance épaisse qui donne des hallucinations.
Pour Foster, cette potion n’est pas une drogue. Mais Boney dit que si. Foster répète que non, mais Boney re-dit qui si ; et ils se chamaillent à cause des chamans.

Les arguments qu’ils invoquent l’un et l’autre, n’ont rien de la haute volée spirite. Tous les hommes et femmes qui s’embrouillent, choisissent les mêmes mots: « Tu ne penses qu’à toi ! » et « Tu refuses de me comprendre ! » Ces mêmes phrases qu’on entend partout, intellectuel ou pas. « Différences de point de vue » égal « disputes ».
J’ai longtemps cru que les arguments avancés lors de discussions par les intellectuels qui accumulent le savoir, allaient m’obliger au complexe d’infériorité. Persuadé qu’un jour, je payerais le fait de n’avoir pas travaillé assez au collège. Je me disais qu’en croisant le monde des adultes, j’aurais honte de mon ignorance, qu’il me faudrait ramer pour comprendre leur langue adulte. Je n’ai pas les quinze mille mots des gens de la littérature, je pense que je me débrouille avec les cinq mille de vocabulaire courant. Mais aujourd’hui je m’interroge : ou bien ils n’ont pas lu tous les livres qui les entourent alignés sur les étagères de leur bibliothèque, ou bien (pire encore), ils n’en ont rien tiré. Je suis souvent surpris par le niveau d’accessibilité des propos qu’ils tiennent, qui pourraient être énoncés par des gens dont les références universitaires ne sont pas si brillantes. En résumé, à quoi ça sert d’avoir lu Noam Chomski, Montesquieu, Howard Zinn ou Richard Dawkins dans tous les sens, si en fin de compte ça revient à se traiter de pingouins ou de manchots quand le ton monte ?

Le paradoxe veut qu’à quelques rues de cet endroit de sérénité, où professent des chamans d’un autre âge après un bol d’herbes vertes, les dans cette même ville certains avalent des bols de céréales OGM et oversweeted chaque matin.
Dans la même ville, on fait des affaires dans les ascenseurs, on s’emballe pour des chimères entre mémères hors pair et pépères en or, dans les défilés de mode et les foires d’Art contemporain.

Boney travaille avec le designer Charles Dutmay. Elle dirige les dix-sept personnes qui préparent la présentation de la nouvelle collection. Super 100, vigogne, acétate, batiste ou alpaga, Dutmay utilise des tissus très légers. Robes en soie, voile de crêpe, milleraie ou mignonette à fils d’or. Il veut « qu’on s’y love comme dans un cocon ». Maxim tourne le film qui sera projeté sur un écran géant pendant la soirée. Il est deux heures du mat’ Charles Dutmay parle en même temps qu’il travaille, il dit que « tous ses clients sont des amis », vision un peu gore de l’amitié. Il dit que « les spectateurs de ses défilés viennent voir sa cervelle ». Il dit qu’il EST un artiste du vent. Il s’exprime sans retenue. Il dit qu’il connaît un Musulman Afghan qui ment inconsciemment, assurément autant qu’un malin qui triche en yiddish dans le Fashion district. Charles est très bavard, il parle tant qu’on s’endort. Le monde de la mode, quoi. Beaucoup de questions en suspend. Maxim éteint sa caméra.

Les musiciens qui devaient jouer ce soir ont appelé vers cinq heures pour annoncer qu’ils ne pouvaient pas venir. Mis en face du fait accompli, Foster passe depuis des dizaines de coups de fil aux gens qui avaient réservé leur place. Pour ceux qui comme moi, sont venus sans savoir, Foster a préparé un petit repas. L’ambiance est moyenne entre lui et elle. L’amour c’est comme du verre ça casse. Quand un couple ne se désire plus, quand un couple a perdu confiance l’un envers l’autre, difficile de recoller les morceaux comme une faïence cassée.
Ils ont apparemment des trucs à régler entre eux, Foster parle dans le vide, Boney ne l’écoute pas ; elle se regarde dans la grande glace du salon et son esprit voyage comme un clandestin qui fait le point, installé dans l’humidité à fond de calle. On dirait que Boney a hâte de débarquer, telle une voyageuse fatiguée qui suit du regard les nuages à travers un petit orifice laissant pénétrer un peu de lumière, un trou minuscule entre deux caisses. Embarquée malgré elle dans une histoire qui l’ennuie.
– Je ne sais plus de quel écrivain célèbre est cette fameuse phrase : « La roue de la routine tourne comme un carrousel » dit Foster en soupirant.
– Peut-être que c’est de toi? complète Boney avec ironie.
– Hein ?
– Tu veux qu’on dise que c’est toi ?
– Mais pourquoi tu dis ça ? J’ai l’impression que tu me cherches des poux dans la tête.
Foster est très conscient des gens qui sont là, Boney s’en moque. Elle a posé son verre et fermé les yeux. Il la regarde mal à l’aise comme un cavalier en déséquilibre sur un cheval de bois.
J’enchaîne une phrase de tous les jours. Casser la tension.
– Tu devrais Google ton carrousel, mais à propos de manège et de cycle, vu que les loyers ont un peu baissé moi je pense que je vais quitter le loft dans lequel j’ai emménagé y a un an, pour revenir plus près du centre de la ville.
Nouvelle mutation. Migrer. Affronter l’avenir comme on grimpe une falaise.
– Whaa c’est toujours l’angoisse de déménager dit Boney, mais parfois c’est nécessaire…
Honni soit qui mal y pense, on devine le message… C’est râpé pour l’amour. Foster enchaîne :
– Ma première femme ne faisait rien de ses journées, ou peu de choses. Elle passait son temps avec des copines et quand je lui demandais un petit service, elle faisait le signe de l’arbitre : Oh là, temps mort mon pote !
– (rires)
Les quatre inconnus qui nous accompagnaient sont repartis et Boney est montée se coucher. Et il me ressert un autre verre. Je suis déjà peut-être saoul de les entendre se tendre sans tendresse. Je reste avec Foster, je lui tiens compagnie. On parle d’Obama et de la réforme du système de santé. J’espère qu’il va arriver à la faire passer.
Quand j’ai un peu bu, je déborde, j’entends tout, et ça vrille en moi. Je voudrais fuir devant l’image que je me fais de moi-même. Qui peut s’éprendre de l’image qu’il a décrite ?
Il est deux heures du matin quand je repars à mon tour.
Il pleut, petite pluie froide, presque de la neige. Un taxi s’arrête et je m’endors presque aussitôt sur le siège arrière. Le taxi roule vite. Il passe au rouge, ou pas ? Soudain, chaos, choc, bruit. Mal. Je me réveille dans la tôle jaune froissée. Ça devait arriver. Ça arrive parfois. L’accident. Le chauffeur a du sang sur le visage. Il est dehors dans la rue, il n’a qu’une seule sandale au pied. Il fait froid. Il gesticule. Il crie en direction d’un camion. Les mots qu’il emploie sont ceux du désespoir. Il n’aurait jamais dû sortir. Maintenant ça va être grave, encore plus grave pour lui. J’attends dans le noir. J’ai mal à la tête. On te dit de ne jamais sortir en cas d’accident, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Qui a raison qui a tort ? Je n’ai pas le droit de bouger, de toute façon, je suis coincé, impossible d’ouvrir. Je suis témoin. Témoin de quoi ? Je n’ai rien vu. Je dormais. Les flics arrivent. Ils n’écoutent pas les arguments, d’abord, ils mettent les menottes aux deux chauffeurs. À travers le pare-brise, collé au siège, je vois le regard sombre de mon Haïtien dont le front continue de saigner. Un inspecteur force la portière, et me libère ; il me demande ma version des faits. Je bredouille que je n’ai rien vu. Je ne sais plus dans quel monde nous sommes. Il comprend que je ne suis pas dans mon état, mais j’ai le droit d’être sonné. Je signe une déposition à l’aveuglette. Et c’est une vie entière qui est remise en cause pour une histoire de freins qui ont lâché d’un côté et le monde qui s’écroule pour ce Haïtien qui se croyait en sécurité à New York, loin des décombres de Port-au-Prince…

« Géniaâl, great, fantastic, gorgeous, incredible, nice super, most magnificient, extraordinary, genius, lovely, easy, phenomeal». L’intelligence a compris le truc : quand on est dans le super et le superficiel, pas besoin de perdre du temps avec les raisons et les arguments, il suffit de parler d’émotion. Semaine de la mode. La volière des oiseaux huppés et de drôles d’emplumés se retrouvent dans les défilés de Bryant Park. Yeaaaah ooooh my goodness, « Parle-vou francé ». « Merveilleux, j’adooore…Je t’adore, on se voit demain, qu’est-ce que tiou fais ? ». Intelligence cynique d’un Dior Channel Lagarfeld et compagnie. Des icônes et des connes, des papillons et des papiers peints, des insectes et d’autres sectaires… Ralph Lauren, Anna Sui, Todd Oldham ou Bill Blass, Marc Jacobs, Vera Wang, Calvin « CK » Klein, Kate « KS » Spade, Donna « DK » Karan, tous les créateurs se donnent en spectacle.

Les infrastructures de cette ville sont rouillées. Tous les trois jours, quelqu’un est mort dans un incendie à cause des boilers qui explosent. Il a fait vraiment froid.
Certains sont brûlés par le froid, mais les pompiers s’y précipitent toutes sirènes dehors, présents sur tous les fronts. On est encore dans le froid, mais déjà on sent qu’on sort du tunnel de l’hiver.
La nuit dernière, on n’avait plus de chauffage. Heureusement qu’ILS sont venus ce matin et je ne sais pas ce qu’ils ont fait bouffer à la chaudière, maintenant je dois ouvrir la fenêtre pour ne pas mourir déshydraté.
Debout sur une planche, j’accroche les poissons multicolores à mon plafond. Je surfe en chantant des refrains inédits, les sens en distorsion Ma tête tourne, tourne, tourne.
J’avale une banane. La banane est un fruit « facile » qui ne demande que peu d’effort, La banane a été inventée par un designer extrêmement avant-garde, qui aurait fait fortune comme Bill Gates s’il avait déposé son brevet. Un fruit ergonomique simple à tenir, qui ne jute pas, qui colle au ventre et puis ce geste simple pour l’ouvrir, comme on décapsule une bouteille. Vive la banane !

Je croise dans l’escalier l’hystérique du dessous qui maugrée comme un pittbull dans sa muselière. Cela fait six mois que je la croise, elle ne dit jamais bonjour et fait semblant de ne pas me reconnaître, je pense qu’elle a honte depuis cette histoire de parano dans la laverie. Bad vibes. Un frisson parcourt mon épiderme. Elle se plaint de ressembler à une serpillière et crache dans la rue comme un baseballer. J’aime de moins en moins les gens méchants. Avant ils m’amusaient, aujourd’hui ils me font pitié. J’ai honte pour eux, tant d’amertume et de mécontentement. Moi aussi je suis parfois énervé contre le monde, je voudrais que justice soit rendue, que les criminels soient punis mais quoi ? J’entends des critiques inutiles et des blessures d’amour-propre au scalpel. J’ai l’âme lacérée, scarifiée, telle une peau de guerrier Tongien ou Fidjien ou Sawa en Nouvelle Guinée.
Je vais me détendre au sauna Russe.
Chaud et froid de Sibérie. Suer en se matant à poil. Chair de poule et pied de coq. Plantes grasses en plastique et moquette. Gazon synthétique. Vapeur d’eau sur les vitres. Les bras tendus et les pas hésitants, je me perds dans cette ville que je connais par cœur, cette ville aveugle que je traverse pour la millionième fois. Difficile de garder le cap. Éviter les chaluts et hors-bord qui se poursuivent dans cette tempête, je cherche un nouvel itinéraire.

Changement d’ambiance et soirée privée chez Cartier par hasard, je recolle les informations dans ma tête disjonctée, comme un jeu de cartes avec des rois, des dames et des valets Petit pantalon droit et chemise à carreaux, sourire en biais et coupe fraîche, avaler quelques petits-fours, deux cocktails au ginseng et trois autres à la cannelle que des beaux mecs proposent avec un sourire complice aux invités. Gueules fendues et sourires de stars,. Je croise Patti Smith et Demi Moore. Les stars n’ont plus la cote. Les films ont du mal à se faire. Les stars partent ailleurs, certaines vont chercher les roubles en Russie. D’autres voguent au large sur un bateau sur un voilier. Elles accostent et cherchent à ce qu’on ne les trouve que dans les petits ports des îles aux eaux bleues transparentes tous les monstres sacrés sont dans la mer des caraïbes. Je guette l’éclair de lumière sur les soirées convenues que je commente pour un journal on line. Les baudruches entourent ma bouée, comme des caricatures ridées. Il y a les stars, et ceux qui rêvent de le devenir.
J’échange quelques paroles avec Elton John, massif et plutôt aimable. Lou Reed est pénible. Je salue Oliver Bennett, et je repars dans la nuit fraîche imbibée de fumée.
Une quinzaine de filles s’échauffent sur le trottoir. Au bout de l’impasse, mes idées sont neutralisées, les fils sont emmêlés et je perds mes cheveux comme un prisonnier à fond de cale.

Amertume ou lassitude, gargarismes de rancune, Boney a décidé de prendre un break. Elle trouve que Foster se drogue trop. Lui, il dit qu’elle l’énerve et qu’elle ne veut pas comprendre, et c’est vrai qu’elle refuse de comprendre. Son frère Miles se déplace dans un fauteuil à cause de cette merde. Miles et Boney étaient inséparables : Boney était le centre du cercle, Miles faisait la circonférence.
Je connaissais bien Miles Tarsakis ; on était encore étudiant quand je l’avais rencontré. Il était fort est plein d’énergie. Miles était drôle, un copain excessif, surdoué, arrogant et iconoclaste, un esprit tordu.Bachelor à la même époque, on avait commencé à écrire ensemble dans un des premiers blogs sur le web : « The Black Duck ». Il voulait changer le monde, être utile pour ne pas vivre comme des voitures » . Il adoptait des positions contradictoires lors de nos débats qui n’en finissaient pas, d’autant que je voulais aussi toucher à tout. On avait milité dans un groupe écolo pas très éloigné des Nuclear Desarmament Party et puis il était parti en Afghanistan, et je l’avais un peu perdu de vue. C’est par lui que j’avais connu sa sœur Boney, il y a des années. On avait goûté plus d’une fois ensemble les mêmes pilules phosphorescentes au cours de techno nights qui ne finissaient pas au matin et s’enchaînaient parfois sur plusieurs nuit. Miles ne s’était pas préparé à la vie dans le jeun et l’abstinence.
Il voulait tellement en profiter qu’une nuit tout seul, il est allé grimper à mains nues dans les boulders de Stamford. Il croyait qu’il pouvait voir dans le noir, mais il a glissé sur un rocher moussu. Un promeneur a retrouvé Miles sur le dos le surlendemain, une chance, les bêtes ne l’avaient pas mangé, mais il n’a jamais retrouvé l’usage de ses jambes.
Comme un félin perdrait ses griffes, ou comme le trou dans le papier que fait la pointe du compas, tout sauvage que l’on soit, on peut perdre l’usage de ses membres.
Un soir Miles a tiré un trait. Il est descendu dans le métro à 2.30 du matin, et il s’est jeté sous le métro… La vidéo le montre clairement. Ça a été difficile d’annoncer ça à ses parents, du coup Boney est repartie habiter quelque temps en Virginie.

Foster vit seul et il est triste. Il dit qu’il est prêt à tout pour la reconquérir, mais elle ne le croit plus. On fait griller de la viande sur le grill rond d’un restau Coréen entre 32 et Broadway, il se régale mais en même temps on devine qu’il peut péter les plombs d’un instant à l’autre. Il dit qu’il va laisser tomber ses programmations de soirées ésotériques et se remettre dans les affaires. Tourner la page. Se remettre dans les volets roulants.

J’ai rencontré Linda un soir, à la sortie du film Shutter Island de Scorcese. Un peu timide, un peu gênée, elle profitait d’une invitation. First Base.
– Et toi tu fais quoi ?
– Je suis une sorte de journaliste…
– Whaa c’est formidable, j’aurais voulu être journaliste… !
Elle vient de loin. Arrivée à New York depuis deux ans, elle pose les pieds sur le sol avec pudeur. Elle travaille ans un service de recherches comptables informatiques pour une boîte mandatée par la ville. En fait, je n’ai rien compris de ce qu’elle m’a expliqué. Je regardais ses longs doigts et je les imaginais pianotant sur les touches de mon clavier personnel…
Sentiments illuminés. Sentiments puissants versus la Raison. Un bouleversement. Déséquilibré par le rythme de mon cœur amoureux, j’essaie de rester honnête et de parler le langage des gens normaux, plutôt que le baratin ampoulé des amoureux. Les baumes remplacent les sulfures, et j’en viens à pardonner à tout le monde. On discute, on décide de nous revoir. Second Base.
Et ainsi de suite : on discute puis on décide se revoir. Je suis aussi maladroit qu’elle, SMS et cellular, on s’appelle comme deux batraciens coassent près d’une mare. J’ai un peu perdu la manière de m’y prendre. Je ne sais pas si cette histoire ira loin. Je ne sais pas comment Minah va prendre ça ?