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Roman Live On Line

Nu York

#013 Dogs

De temps en temps, je vais me promener sur le bord de la plage de Coney Island. Parfois j’y reste quelques heures à méditer en regardant vers l’Est. Plonger mes doigts dans le sable en respirant l’odeur des saisons et celle des crèmes à bronzer sur la peau des opulentes Costa Ricaines. Une pub clame qu’il faut « tuer les mauvaises odeurs ». C’est vrai qu’il y a les bonnes et les mauvaises… En fait je ne sais pas ce que c’est que les bonnes odeurs ? Ce qui est certain c’est que plus les cellules disparaissent plus on se rapproche de la décomposition. Le corps s’entraîne-t il à puer ? La Mort commence son job de sape bien avant qu’on n’accepte l’idée qu’elle est planquée dans les tissus depuis un bail. Avec l’âge, les vieux chiens sentent naturellement de plus en plus fort, c’est pas pour autant qu’il faut tuer tous ceux qui puent.
Depuis cette loi sur les déchets, il y a quinze ans, c’est vrai qu’on ne glisse plus sur les crottes de chien. On savait que les stars sont souvent des cabots, mais ici les cabots sont des stars. Leurs propriétaires ramassent les crottes chaudes, comme les « relicacas » de leur pet adoré.
C’est pas vraiment ce genre de relation sophistiquée que Timo avait établi avec son bâtard. Il s’agissait plutôt entre eux d’un traité d’alliance mutuelle. Timo avait trouvé son chien attaché avec un fil de fer qui lui avait entaillé les chairs, attaché à un arbre un jour de Juillet. Le chien ne bougeait plus. Timo l’avait soigné et finalement le chien s’était remis sur pattes. Ils s’aimaient comme un pauvre bougre de chien peut aimer un maître qui lui ressemble. Ils allaient par deux : Timo assis par terre tendait la main pour quelque aumône, et Washington le chien lui garantissait une présence en échange de quelque nourriture, une sorte sécurité aboyante. Mais aujourd’hui Timo était désespéré parce qu’il venait de perdre ce chien.
– Mangé par un requin, là sous mes yeux… !
C’est ce qu’il m’a dit.
– Un requin ?
– Ouais, un requin. Ils viennent de plus en plus près des côtes, avec le réchauffement de la planète… C’est Jaws, j’te dis, personne veut me croire, tout l’monde s’en fout. Mais il va y avoir des morts bientôt.
Timo parle avec fermeté et assurance. Il ne doute pas, non. Il vient d’assister à un crime bestial. Il croit que je le crois. D’ailleurs ici, c’est comme ça : les gens croient. À priori, par principe, c’est comme ça que ça marche : les gens croient. C’est une histoire de confiance. Ils font semblant de croire ou alors ils croient pour de bon. Ils ont besoin d’y croire comme au premier jour, quand ils sont arrivés sur ce territoire neuf de ce nouveau monde qu’ils voulaient identifier au paradis, quand ils étaient nus et vierges comme les pauvres immigrants. Ils voulaient se dire que c’était possible, qu’eux aussi ils auraient le droit de croquer la pomme. Ils portent leur croix sur ce chemin de vie, mais ils ont la foi et ils croient. Ça les aide de penser qu’ils ne sont pas seuls. Souvent ils disent n’importe quoi, ce qui leur passe par la tête. Après tout, ils disent ce qu’ils veulent. Ils sont persuadés qu’on les croit. Au fond du puits, ils croient à la lumière. Ils croient à leur illusion. Ils croient à leur illumination. Mais après tout pourquoi pas, c’est peut-être vrai : un hot dog pour un requin.
« On the beach my grumpy dog barks while the music burns the cones. Naked seagirls crawl on stage while the dancefloor shakes. The hunter would be late if the wind don’t scatter the smoke. Let’s go ! »
C’est ce qu’il m’a dit en chantant le blues lent de son chien.

Aujourd’hui je brunche avec Denys Boltonski dans son appartement magnifique : une dizaine de pièces presque vides qu’il habite seul au 17 étage d’un immeuble qui appartient à sa famille. Des piles de vaisselle dans l’évier, l’entreprise de nettoyage passe tous les quinze jours pour faire le ménage et la vaisselle. Elle doit venir demain. Denys vit au jour le jour, sans interroger le zodiac. Hauts plafonds et fioritures, décor baroque en stuc et moulages en plâtre réalisés il y a cinquante ans. Sur la terrasse, on respire la fraîcheur de ce dimanche matin. C’est super cool. On parle de chanson de folk, de sob comedy. On se régale de l’air chargé de molécules et de particules et de poussières qui montent par les conduits d’aération. Dans sa cage, un grand perroquet répète inlassablement une phrase qui ressemble à « Klatu Barada Niktou » la première phrase des martiens du « jour où la Terre s’arrêta », (The Day the Earth Stood Still) film réalisé par Robert Wise et sorti en 1951. S’agit-il d’une métaphore ? Je ne sais pas.
– Chez COMCO, on m’a dit que je manquais d’autorité. Moi je me sens comme un martien à cheval, entre l’humour et l’angoisse, t’en penses quoi ?
– Je ne parle pas le martien, répond Denys en blaguant.
Armé, propret, contracté ou décontracté, Denys a beaucoup voyagé. Il est resté deux ans dans un temple au Tibet parmi les lamas, seul au monde parmi ceux qui défendent leur existence face aux armées Chinoises qui les harcèlent. Denys prône la simplicité, il peut se le permettre.
– J’ai appris à me cacher. Il faut apprendre à savoir s’isoler au milieu d’un groupe. Ce que tu fais restera plus longtemps que ce que tu dis.
– Comme un cosmonaute dans la nacelle ?
– Ouais, il faut tenir le choc du temps, ajoute-t il d’une voix grave et posée, celle d’un lézard qui a fait sa mue, celle d’un pneu rechapé.
Il me sert un verre de verveine qui me ramène sur Terre. Je ne sais pas si j’atterris au milieu de la ville-au-centre-du-monde, celle je n’ose plus quitter de peur qu’elle ne me rappelle à l’ordre. Je l’entends me dire :
-Vous êtes venus nus, et toi tu l’es toujours !!
Je ne sais pas ce qui m’arrive, est-ce que Denys a mis quelque chose dans mon bol ? Ou bien est-ce que sa force de persuasion est telle que je me retrouve soulevé dans un autre niveau de la conscience. Je n’arrive plus à placer une question. J’ai l’impression qu’il s’en va rejoindre ses lamas au Tibet, tandis que je ne suis qu’un lama Andin, juste capable de brouter ses gâteaux secs et ses légumes crus. Soja, concombres, poivrons, ça fait cronch cronch quand les fibres de craquent sous mes molaires.
Denys a toujours fait ce qu’il voulait. Il peut s’être amusé à me droguer, ça ne le gênerait pas, je l’ai vu faire bien pire… Denys est un hybride. Il n’a jamais été habitué aux limites. D’ailleurs a-t il jamais été éduqué ? Il s’est vu grandir seul. Ses parents n’étaient jamais là. Son père dans la finance sillonnait le monde jusqu’à ce que qu’on le retrouve trucidé dans une chambre d’hôtel en Autriche. Sa mère n’a presque jamais quitté l’Argentine. Denys est passé par des pensionnats à seize ans, on l’a envoyé ici pour poursuivre ses études. Denys n’a jamais été aimé, il ne connaît de l’amour que celui de ces moines Bouddhistes qu’il a rencontrés, il y a quelques années. Il n’a jamais connu le besoin, il n’a jamais cherché à Convaincre quiconque. Il habite cet appartement luxueux et deux ou trois autres à Miami et à Los Angeles. Denys s’est construit son monde à l’intuition, comme une locomotive sans autre rail que ceux de cette coke qu’il payait à ceux qui voulaient l’accompagner dans son délire. Depuis qu’il est revenu, il a l’air d’aller mieux. Il dit qu’il est clean maintenant. Il veut que je m’en persuade. Il y a six mois, Denys a ouvert une galerie d’Art contemporain dans Tribeca. Le silence lui fait du bien.
– Les créateurs sont des francs-tireurs. Chacun cherche à tirer son épingle du jeu. Certains s’y piquent, d’autres s’y perdent.
– Les créateurs sont comme tout le monde, ils sont perdus.
– Oui, ils s’égarent dans un dédale de murs construits par la richesse et l’envie de Pouvoir.
– Comme les Gangstas chicanos dans leurs longs blousons couverts d’écritures cousues peuvent être obnubilés par un caillou de crack.
– Les stars ont déjà disparu. Les génies disparaîtront…
Je ne sais pas si Denys est un génie craqué ou s’il est resté chéper sur un nuage dans cet autre degré de conscience dont il aime parler. À force d’avoir goûté aux drogues de l’espace, ses phrases s’embrouillent dans ma tête. Fin de patience, fin de repas. J’y vais.

Back chez moi, Gauguin le chat ne dit rien à Mr Doolittle. Il me regarde. Il se gratte la tête avec sa patte arrière. Je ne sais pas s’il cherche à me comprendre. Mystère.

Je feuillette une revue sur seventies. Lou Reed a repris son album de 1973. Berlin fume, les écologistes Allemands se battent pour la paix. Des meutes de chiens errent à Christiania, dans Copenhague balayée par les vents du Nord sous un soleil est froid. On y retournera c’est certain. Les chiens sans collier veulent aussi qu’on les caresse…
Je sens comme une envie de retour au mouvement hippie. On peut rêver de l’amour comme un tison qui te réchauffe. Le rock est devenu violent, il parle de cette maladie qu’on porte en nous. Les nouveaux hippies veulent qu’on les prenne au sérieux, d’autres ferment les portes et braillent devant les matches en faisant gicler la bière.
J’ai fait un rêve dans lequel un de mes meilleurs amis que je croyais ruiné, s’achetait une nouvelle raquette de tennis…
– Mais pourquoi tu fais ça ? Je croyais que tu étais ruiné ? Que tu devais vendre ta maison ? Je croyais aussi que tu ne jouais plus au tennis à cause d’un tennis elbow ?
Il me dit qu’il n’a jamais rien su refuser à sa femme, et que c’est sûrement à cause d’elle qu’il se trouve dans ce pétrin. Je l’emmène voir une star d’Hollywood qui joue au ping-pong dans le hall d’un hôtel. Je veux que mon pote rencontre du monde, mais au moment de serrer la main à Michael Douglas, soudain je me réveille. J’ai mal partout, mal au ventre.

En ouvrant l’ordinateur, j’apprends que le mari d’une copine vient d’être limogé parce qu’un traider de sa banque a investi plus de 300 M de dollars dans un mauvais coup. Les chiffres se sont perdus dans les computers. Trois cents millions ont disparu comme de la poudre aux yeux. Le mari de ma copine est viré, car on considère qu’il aurait dû faire barrage. Il faut des coupables, ceux qui dépassent et que l’on coupe à la machette. Hop, dégagé. Une lettre recommandée plus tard et il faut rendre appart’ et bagnole. Après quatorze années dans la même banque, comme un oiseau rendu à la liberté, il se retrouve hors de la cage, sur le marché du travail, avec une casserole accrochée au veston. Ça s’est fait en quelques heures. Fait-divers et crack boursier. C’est allé vite, ils n’ont pas eu le temps d’intervenir. Et ce traider qui a entraîné une dizaine de personnes dans son gouffre d’investissement que va-t il faire de sa vie ?

Nous n’éviterons pas le chaos. Où sont passées nos espérances ? Mon nom pourra s’éteindre. Je n’aurai rien laissé. C’est Yom kippour. L’heure du bilan. Yom Kippour comme un passage, comme le détecteur de métaux dans les aéroports. Cela dure une journée une journée d’abstinence pour se vider, ni boire ni manger du coucher au coucher du soleil, une journée pendant laquelle on s’interroge. Les hommes devront faire du stop quand les dieux n’existeront plus.

On refuse de moisir alors, au fond des salles de gym fraîchement conditionnées, on se transforme comme des légumes survitaminés au fond des réfrigérateurs. L’accélération des processus est telle que même ceux qui veulent faire quelque chose ne peuvent rien faire. Parce qu’on court pour gagner du temps. Les hommes font semblant d’agir, mais ils n’y peuvent rien quand ça se met en route. La Terre tremble, les trains déraillent, la Terre tremble sous l’Océan, un nouveau tsunami est prévu bientôt, mais quand il sera là il sera trop tard.
On le voit sur les écrans, on le sait en faisant des calculs à l’arrivée, on ne fait rien. On ne peut rien faire car personne ne peut accepter de quitter sa maison sous prétexte qu’une menace est dans l’air… On ne peut rien changer. Les offices de prévision ne servent à rien qu’à faire peur. Lorsqu’ils préviennent les populations, personne ne veut rien savoir.
Un jour, les politiciens disparaîtront. Les commerçants aussi. Les paysans demanderont toujours des aides parce que la nature fait ce qu’elle veut. Les paysans prendront leurs faucilles pour que leurs femmes mettent des faux cils (je sais c’est un peu facile, fossile). J’imagine des non-constructeurs, des non-designers, des non-ingénieurs, des non-intelligents, des non-brillants, des non-représentants de l’homme supérieur de mes couilles. Les réserves de pétrole s’épuisent irrévocablement, c’est pas un scoop, mais que ferons-nous après? Nous ne sommes pas prêts pour l’après. Les chars en Irak ne servent plus à rien. Nous sommes encore sous l’effet de ce monarque Républicain qui jouait à se laisser faire comme un pantin gigotant sous les ficelles des marionnettistes. Les soldats ont appelé au secours la mort dans l’âme. Les soldats de plomb peuvent-ils être fait prisonniers ? Les prisonniers politiques pleurent leur liberté. Les pleurs en Israël, les pleurs encore les pleurs. Qu’est devenu Gilad Chalit ? Les femmes pleurent quand elles ont mal, les mâles refusent d’admettrent qu’ils ont mal. À Beyrouth, les Palestiniens barrent les routes. La technique du rapt est devenue routinière. L’enlèvement en travers de la route c’est la guerre ordinaire. Il se passe aussi des horreurs dans les nuits Sud Américaines que fait la Française de Betancourt aujourd’hui ?
Le nouveau candidat tremble devant la montagne de dossiers qu’il devra refermer avant de passer à autre chose. Le responsable du parti écologiste avait une cravate rayée. Les débats entre candidats Démocrates ont commencé. En France c’est un bourdon qui gouverne. Un petit bourdon, et les bourdons filent le bourdon. Alors les petits malins mettent le bourdon dans un bocal, et le bourdon bourdonne dans le bocal. On voudrait qu’il s’essouffle mais il continue de voleter en se cognant contre les parois. Il voudrait polliniser, mais il ne peut pas, car il est dans un bocal. C’est un bourdon dans un bocal, un bourdon qui fait du bruit avec ses ailes Bzzz bzzz. On l’entend et ça fait rire ceux qui mettent les bourdons dans des bocaux. Ahahah disent les gros yeux qui matent le bourdon dans son bocal. On a le sentiment qu’il il voudrait soulever le bocal avec son moteur dans les ailes. Il voudrait s’envoler loin. Où vont les bourdons quand ils s’envolent ?Je n’en sais rien. Si transparent qu’il soit, le bocal de verre ne se laisse pas faire. Il y a l’intérieur et l’extérieur du bocal. Tant que le bourdon est dans son bocal, ceux qui regardent se sentent protégés. D’ailleurs est-ce qu’il pique? Je ne sais pas. Si c’est un faux-bourdon alors on connaît son abeille qui ressemble à une guêpe… Les choristes font des petites arnaques et les cambrioleurs jouent du tambourin. Les postulants bredouillent devant un responsable de l’administration venu jauger leurs aptitudes. Les branchés masturbent leurs souris et re-soudent leurs connexions. Je me sens vide. Les simples d’esprit ont souvent de la chance. Les malins subissent la pression du mal.
On doit se passer des antibiotiques pour regarder au-dessus des étoiles. Le reste, c’est de la fantaisie. On doit comprendre sans approuver. On doit vivre sans avoir vécu et mourir calmement. Sur le bord des routes du Nord, les putains pétrifiées attendent le retour des beaux jours. Un joint au bec, nous plaidons coupable.
Il faut savoir attendre, mais attendre quoi ?
Les juges sont trop lents. Les agents sortent de prisons, les espions y rentrent. Une photo dans la poche, une icône punaisée au-dessus du lit, la taupe des services secrets et le « Froggy» sont montés sur le trône de la justice, ils ont expliqué les raisons qui les avaient poussés à se mêler des affaires privées d’une compagnie de télécom. Mais le jury n’a rien écouté et on les a condamnés à perpétuité. Le beau batteur aux yeux bleus était un parricide sous acide. Les flics l’ont embarqué ce matin sous les yeux de la petite fille qui n’y comprend rien.
L’aéroport est un lieu de passage. Les touristes qui reviennent des îles déclarent leurs ananas au poste de douane. Dans les aéroports, les chiens de l’armée ne sont jamais en vacances. La truffe froide, ils sniffent les paquets toute la journée. Tout à l’heure, alerte à la bombe, les « anti-mines » ont fait exploser le colis d’une étourdie. Trois quart d’heure d’immobilisation, et retards à la clé, des centaines de mètres de rubans jaunes et noir déroulés pour interdire les accès, et un colis qui explose comme ça, pour rien, ça les amuse. Les pseudos services de déminage n’ont jamais servi à rien qu’à amuser les soldats. Ils arrivent toujours en retard et quand ils anticipent, ils se trompent.
Les gens se noient dans la rivière des mots, ou plutôt non, les baratineurs se perdent dans le sens des mots. Comme des mots dans les remous. Et ceux qui les écoutent se noient dans ces arguments écaillés. Le sens des mots est en suspens comme de la poudre d’héroïne diluée dans des liquides embouteillés.

Assis à leur place réservée, les voyeurs du concours canin matent les bâtards dressés. Les loups prennent un bus en même temps que les supporters de l’équipe. Les mariés sont seuls au monde, pendant quelques heures, ils ne se rendent plus compte de rien. Le monde évite les lévites. Quand les hommes auront bu comme les chevaux, ils partiront au grand galop. Il vaudrait mieux oublier le Rwanda, oublier le Cambodge, oublier la forêt d’Amazonie, oublier les pollutions de l’Antarctique, oublier le Darfour, oublier tout sans scrupules. Il vaudrait mieux partir et oublier tout ça. Vouloir partir autrement qu’en vacances. Partir oui, mais partir où ? S’enfermer dans un repaire de contrebandiers, un refuge accroché à la montagne, dans la neige et ce calme implacable lourd de menace. Cette montagne où les avalanches et les orages sont les seuls bruits à la ronde quand les artificiers déclanchent des coulées de neige sur les pentes abruptes.
Les neiges artificielles nous donnent des illusions, un jour, il n’y aura plus de glaciers. Le pôle Nord aussi aura disparu dans quatre génération.
Je n’aurais pas dû boire ce bol empoisonné.

Tout seul
Chez moi,
Je parle
Tout seul

Chez moi
Je parle,
Tout seul
Dans ma tête
Chez moi
Je parle
Tout seul
Chez moi,
Je parle

Chez moi
Tout seul
Tout seul
Chez moi,
Je parle comme un chien qui rêve.