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dimanche 15 novembre 2015

Vendredi 13

Vendredi treize. Massacre dans les rues de Paris. 128 morts, 237 blessés. Innocents, tirés comme des lapins, au hasard. Dire que le Bataclan n’est qu’à quelques centaines de mètres des locaux de Charlie Hebdo… Cette fois 350 personnes ont été atteintes…
Quand le premier carnage s’est produit dans le quartier que j’habite quand je suis à Paris, je l’ai appris très vite ; un frisson m’a parcouru l’échine, j’aurais pu en faire partie, j’ai mangé là, il y a quelques semaines, et ma fille qui est à Paris… Appeler tout de suite. « T’inquiète pas, P’pa, je vais bien… » Mais combien de familles sont aujourd’hui endeuillées, plongées dans les affres du chagrin. Eux qui viennent de perdre un frère, une fille, un parent, un ami, un collègue qui n’a pas vu venir la Mort, descendue d’une voiture pour les mitrailler à l’aveugle. Les victimes n’étaient pas en guerre, elles n’avaient pas fait de caricatures du Prophète, elles profitaient juste d’un vendredi soir délicieusement doux à Paris. Ces hommes et femmes riants, dansant, vivants étaient mortes une seconde plus tard. À la terrasse du Petit Cambodge, au bar Carillon ou à la belle Equipe, on a fusillé ces innocents sans qu’ils aient pu connaître la peur. Par contre, au Bataclan, des scènes d’effroi ont envahi l’endroit de 22h à minuit. Ça a duré, duré, duré très longtemps. Comme dans les pire cauchemars. Spectateurs piégés dans le noir. Pourchassés dans les couloirs. Je regarde la vidéo d’un témoin qui filme depuis sa fenêtre. On entend des coups de feu sporadiques, espacés les uns des autres. On devine, le flegme de celui qui tire, conscient de ce qu’il fait : faire le Mal, faire mal, tuer le plus possible de mécréants. Le vidéaste demande ce qui se passe. Les gens ne répondent pas, ne crient pas, ils s’échappent en courant, ils fuient la Mort. Encore d’autres coups de feu. On en voit accrochés aux fenêtres à l’extérieur du bâtiment. Un gars traîne le corps de son copain sur la chaussée. Toujours pas de sirène de flics. Les tueurs ont tout le temps devant eux, ils font ce qu’ils veulent. Recharger son arme. Tirer sur tout ce qui bouge. Les meurtriers sont jeunes et armés, face à d’autres jeunes comme eux qu’ils dégomment de sang froid, les uns après les autres. Et ça tire, ça tire encore. L’analyse médico légale tendrait à prouver que les terroristes avaient entre 15 et 30 ans.

Ils ne se suffisent plus d’un antisémitisme primaire Hyper casher, ils veulent désormais faire ruisseler le sang des victimes sacrifiées au nom d’un processus assassinat /revanche qui mènerait au chaos.

Organisés entre eux, dans la plus absurde irréalité, ils ont leurs propres codes, leur propre système de valeurs. Élevés sans amour dans des familles fragilisées par un contexte économique sombre, ils ne comprennent que la Haine, un sentiment de refus nihiliste qu’exploitent certains manipulateurs qui se croient invincibles, protégés par leur statut religieux. Illuminés par une foi qui les rend fous, endoctrinés par des imams pernicieux, (qui eux-mêmes servent des intérêts plus grands), ils étaient ce vendredi 13 Novembre, une quinzaine  suicidaires, prêts à donner leur petite vie vide en faisant péter leur ceinture d’explosifs pour la cause d’un Islam mondial. En quoi cet Islam mondial serait-il le garant d’un bonheur qu’ils ignorent ? Ça, c’est un grand mystère.

Les hippies chevelus voulaient déstabiliser les états en guerre en faisant la Paix.
Eux, tout aussi barbus, souhaitent pousser les états en Paix, vers une nouvelle guerre. Guerre de religion ou guerre civile, peu importe du moment que l’Occident s’autodétruit.

Je suis allé sur Washington square où s’étaient rassemblées 1500 personnes, attristées autant que perplexes. Parfois le premier couplet d’une Marseillaise était entonné. Les gens étaient là, pour être là. Quelques banderoles et drapeaux. Le recueillement rempli de questions. Sommes-nous au début de quelque chose qui va dégénérer ? Où sont passés les criminels de la troisième équipe ? Pourquoi la France ? À cause de l’engagement contre la Syrie ? Envoyés par Bachar al-Assad ou par l’Irak ? Al-Qaïda ou État Islamique ?

Le Sport au Stade de France, les plaisirs de la table aux restaurants autour du canal Saint Martin, la Musique au Bataclan, ces attaques visaient les symboles d’un certain Art de vivre.
Abasourdi, on ne comprend pas. Mais qu’y a-t il à comprendre ?

Que signifie le pardon pour ces adversaires maléfiques ?

Deuil national, fermer les frontières, bloquer les aéroports, état d’urgence (quel état d’urgence ?). D’une voix blanche, neutre, le président énonce des mesures qui laissent sceptiques les spécialistes. Comment trouver les arguments crédibles, capables de rassurer une France inquiète pour son avenir ?
Comment fait-on pour se battre contre un nuage d’ennemis venus de l’intérieur ? Si peu nombreux qu’ils soient, ils sont un virus qui rend malade la conscience du pays tout entier.

Les mots restent en l’air, suspendus comme nos âmes mobiles collées au plafond de la logique morbide qui anime les cerveaux de ces « assassins » cruels, qu’ils soient ou non descendants historiques de la secte Nizaris dont l’idéologie reposait sur l’idée que « rien n’est vrai, tout est permis ».

L’alerte de Janvier n’a pas suffi.

Groggys, sonnés, ivres de désarroi on zigzague d’une hypothèse à l’autre, la gueule de bois, on se cogne contre les parois de supputations tourmentées dans le couloir de nos psychoses doctrinaires, qu’avons-nous fait pour devenir les proies d’un ennemi invisible, insaisissable, constitué d’un essaim de criminels furieux qui n’hésitent plus à tirer dans le tas comme un jeu vidéo, comme au cinéma, persuadés qu’ils ont le pouvoir de déstabiliser une démocratie déjà vacillante, pour imposer au monde le monstre d’horreur qu’ils ont en eux ?
En tout cas, ce n’est certainement pas le Front National qui connaît la réponse !

CharlElie
NYC – Nov 20XV