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visuel Quoi faire ?

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  1. Quoi faire
    Quoi faire

    Quand j’étais plus jeune
    Je redoutais les dimanches après-midi en automne-hiver
    La ville entière sous anesthésie
    Et les copains chez eux à s’emmerder comme moi.

    Et puis la famille,
    Parce que l’dimanche c’est le jour de la famille au repas de midi,
    Ce dimanche-ci la grand-mère
    Un autre, un anniversaire
    Plein de bons sentiments mais tellement emmerdants,
    Je redoutais cet après-midi inexorablement, inexorablement,

    Quoi faire ?

    Quand les arbres ont le casque d’or
    Et qu’c'est un prétexte pour sortir,
    Se rafraîchir les poumons d’un peu d’oxygène
    J’ai redouté cette phrase fatale : « Allons nous promener
    Pour dire qu’on a fait quelque chose... »
    Quand la bise glacée pince les oreilles,
    Mais quoi foutre dans les bois ?

    On n’avait pas d’chien, et mes parents jouaient pas au ballon
    Terribles dimanches après-midi en automne-hiver
    Enfermé en pleine adolescence
    Chacun chez soi,
    Chacun au fond de soi,
    Ceux qui craignent le froid et poussent le chauffage
    Ceux qui parlent pas en r’gardant les programmes
    Ceux qui parleront jamais

    Quoi faire ?
    Quoi faire ?
    Jouer aux p’tites voitures avec mon frangin ?
    Ou bien faire une rédac, pour me mettre en avance
    Un exo de maths auquel je pigeais que dalle
    Ou bien attendre
    Attendre, attendre, attendre, attendre

    Que la nuit descende lentement, doucement
    Et bouffer le soir les restes de midi
    Et rebouffer le lendemain les restes du soir

    Pourtant, maint’nant qu’on est deux, qu’est-ce qu’on fait ?
    On va se promener en forêt,
    Ou bien on regarde la télé,
    Trouve que ’que’chose
    Trouve que ’que’chose
  2. Elle m'a ecrit des lettres
    Elle m'a ecrit des lettres

    Elle m’a offert tout ce qu’elle avait
    Tous se mystères tous ses regrets
    Tous ses rêves en plastique
    Et son amour sous l’élastique

    Elle m’a écrit des lettres et des lettres et des lettres et des lettres et des lettres
    Mais j’ai pas répondu

    Elle m’envoyait des cadeaux
    Des cravates pornos des jolis polaroïds
    Elle m’a livré ses secrets
    On dit qu’elle appelait du haut d’une falaise

    Elle m’a écrit des lettres et des lettres et des lettres et des lettres et des lettres
    Mais j’ai pas répondu
    Y avait pas d’issue

    Eh j’savais tout sur elle
    Ce qu’elle faisait sous les draps comme un ver à soie
    Elle découpait des images qu’elle collait sur une bible
    Comme on peut désirer des images ou un mariage impossible

    Elle m’a écrit des lettres et des lettres et des lettres et des lettres et des lettres
    Mais j’ai pas répondu
    Y avait pas d’issue

    Non j’étais pas son frère
    Pas plus d’ailleurs qu’un adversaire
    Mais au bout de cette rue
    Y avait pas d’issue
    Pas d’issue
  3. Le menteur de metier
    Le menteur de metier

    On a sonné chez moi, quand j’m’y attendais pas,
    j’suis descendu ouvrir, j’connaissais pas, c’typ’ là
    Il m’a dit : j’voudrais t’voir en enlevant un bonnet noir
    mais j’l’avais jamais vu, vraiment un inconnu
    Il parlait sans arrêt, il avait pas d’accent,
    j’l’écoutais à moitié, il avait pas l’air méchant,
    il avait des cicatrices en dessuus des poignets
    tentatives de suicide, il m’a dit: t’sais j’en ai chié

    Il m’a touché l’épaule, tout d’un coup c’était louche
    i’m’dit: j’ai fait d’la taule, faut pas qu’ça t’éfarouche
    je veux refaire ma vie, repartir du bon pied
    j’ai p’t êt’ fait des conn’ries, maint’nant c’est terminé

    I’m’a dit: euh siou plaît t’as pas un peu d’monaie
    pis l’est parti sonner chez l’ voisin d’ à côté
    il lui a raconté une histoire d’enfant blessé,
    sa femme à l’hôpital et lui qui trouv’ pas d’ travail, pas d’travail

    Y en a plein sur la terre, des menteurs de métier
    qui connaissent la pitié, à l’ombre d’ leur misère,
    j’ai refermé la porte, j’ai débouché une bière
    mais j’vais dans la gorge un drôle de goût amer

    J’ai refermé la porte, j’ai débouché une bière
    mais j’ avais dans la gorge un drôle de goût amer
  4. Un dernier regard (on s'apercoit qu'on s'aimait)
    Un dernier regard (on s'apercoit qu'on s'aimait)

    Tes parfums et de l’encens
    Se mélangent dans ma tête
    T’étais mignonne au téléphone
    Et mon cœur attend l’heure

    Tu fredonner dans la cuisine
    T’étais toute nue dans une piscine
    Tu te recoiffes, tu te prépares
    Tu m’emmènes je suis en retard

    Refrain
    Et on s’aperçoit qu’on s’aimer
    Quand on se sépare
    On s’aperçoit qu’on s’aime
    Quand il est trop tard

    Et j’ai craqué un pantalon en f’sant une galipette
    Tu m’déshabillais j’me laissais faire
    J’caressais tes ch’veux les yeux ouverts
    Ta bouche contre ma bouche
    Ton bassin entre mes jambes
    Tu te couchais en serrant mes doigts
    Tu t’réveillais d’bonne humeur

    Refrain

    Et tu m’cajoles et je t’embrasse
    Tu m’regardes et je m’efface
    Tu m’parlais quand tu marches
    Tu m’protégeais quand je me cache
    Dernier r’gard en coup de vent à l’instant du départ
    T’es la seule à savoir dans le quai sur toutes les gares

    Refrain
  5. Ou étais-tu ?
    Ou étais-tu ?

    Où étais tu ? Quand j’avais besoin de toi,
    Quand j’aurai faim, quand j’aurai froid,
    Quand je ne savais pas où dormir, besoin d’un matelas,
    Des trous à mes chemises et même plus de tabac.

    Où ? Où étais tu ? Où ?
    Où ? Où étais tu ?Mais où étais tu ? Quand j’avais tout perdu,
    Quand je t’appelais, mais tu répondais jamais,
    Quand je chantais la nuit dans les boîtes de conserves,
    J’avais plus qu’ mes poèmes en réserve, et quelques grains de riz,

    Où ? Où étais tu ? Où ?
    Où ? Où étais tu ?

    Quand les insectes sont les plus forts et quand on a le cœur qui se tord,
    Quand on n’y croit plus, Où étais tu ?
    Quand les erreurs venaient me brûler la peau, Où étais tu ?
    Et quand le bois faisait le poids du fer, Où te sauvais tu ?

    Inutile de s’ plaindre comme tous ceux qui se plaignent,
    Y a toujours une lumière à atteindre même quand on le cœur qui saigne,
    Mais où seras tu quand je vais m’en sortir,
    Tu seras à l’affût en f’sant des sourires...Où ?

    Où étais tu ? Où ?
    Où ? Où étais tu ?
  6. Après la fete (blues)
    Après la fete (blues)

    Y a plus personne, la nappe en papier est toute déchirée
    Des couteaux en plastique sur des assiettes en carton.
    La meringue s’enfonce dans la glace à la fraise,
    Qui fond comme un château de sable sur la plage.

    Tout s’est fini, à l’aube, y a du verre cassé, sur le sol de la cuisine
    Y avait une fête, ici, maintenant il sont r’partis
    Toutes et tous repartis

    Les masques écrasés, les cotillons débobinés
    Et je reste là au milieu de tout ça
    La guirlande en papier crépon, qui pendouille au plafond
    J’sais pas si je suis encore lucide, allongé sur le canapé, j’fais l’bilan

    Tiens t’as oublié ton sweat-shirt orange, il traîne là par terre sous la table
    (juste à côté de ta chaise)
    Y avait une fête ici, maint’nant il sont repartis,
    Toutes et tous repartis

    Par malheur, il y avait un piano, ils ont joué, chacun leur tour,
    Pauv’ piano qui est tout désaccord_
    Celle-là qui frimait avec un morceau classique
    Et ces deux cons qui jouaient de la musique concrète et répétitive
    Avec deux doigts pendant des heures et des heures sas silence

    Et ce maladroit qu’a renversé du sirop sur les touches
    Et pire que tout ça l’a fait rigoler
    Y avait une fête ici, maint’nant il sont repartis,
    Toutes et tous repartis

    La platine tourne encore
    Et ça fait des schschscsh
    Les fêtes s’achèvent
    Comme un feu qui s’éteint,
    Maint’nant j’ai un peu froid
    Un peu froid.
  7. La route
    La route

    Crever de soif
    Dans la rocaille
    Plonger à poil
    Dans les torrents
    Marcher dans l’herbe
    Jusqu’à la taille

    Et avaler d’ la poussière
    Pisser sur une fourmilière
    Il prend son temps,
    Des ampoules au talon

    Y en a qui courent
    Comme des coupables
    Y en a qui roupillent
    Comme des lézards
    Lui il savoure
    L’inexplicable
    Il fait la route
    Comme un pèlerin
    I’continue,
    I’continue,
    Les yeux ouverts
    Sans ticket de retour

    Et tendre le pouce
    Assis dans la mousse
    Coucher sur la paille
    Avec une odeur animale
    Comme un nomade en rade,
    Un croisé sans croisade

    Et pas de plan,
    Et pas de bataille
    Il a lâché
    Le gouvernail
    Et sa barque dérive
    Au gré des courants nonchalants

    Il n’veut pas succomber
    Comme une branche qui va tomber
    En attendant la r’traite
    Avec une bouillott’ électrique

    En r’gardant par la f’nêtre
    Comme un Bernard l’ Hermite

    Y en a qui discutent
    Et qui f’ront jamais rien
    Y en a qu’ ont pas d’ but
    Et qui disent qu’y a rien d’ bien
    Mais on est si p’tit
    Devant la montagne.

    Se laver dans l’eau froide
    Des fontaines,
    Gagner trois ronds
    Ici en boulots saisonniers,
    Tout devient possible
    Quand on est pas attaché.

    Et s’arrêter
    Pour croquer une tomate
    Ou un bout de fromage,
    Un canif à cinq lames
    Dans le fond de la poche
    Et pas de compte à rendre.

    Il fait d’mal à personne,
    Naïf et utopique,
    Il préfère la route,
    Faire la route sans éthique,
    Il est jamais sorti
    De ce vieux rêve beatnik.

    I’ donn’rait l’ peu qu’il a
    Plutôt que de se battre,
    Il a pas peur
    D’être pauvre,
    Y a pas de frontière
    La nuit sous l’étoile polaire,

    On d’vient si vite
    L’esclave de ses esclaves, dit-il,
    Il préfère la route
    Collée à ses semelles,
    Tant qu’il a pas de rhumatismes,
    Il préfère la route

    La route, la route, la route...
  8. Guett' la chance
    Guett' la chance

    Prends c’que tu trouves
    Attends pas tout
    Pas b’soin qu’tu prouves
    Qu’ça tient debout
    Le soir descend
    Y a pas de vent
    Je pèle un fruit
    Tuti frutti

    Je m’laisse aller
    Comme une balance
    R’mets tes lacets
    Pars en avance

    Guett’ la chanceBricole ma vie
    Dans les orties
    Fais du café avec la rosée
    Un grain de poivre sur le bout de la langue
    Ya des goyaves y un mangue
    Prends la ficelle assis sur un banc
    J’regarde le ciel en sifflotant

    Guett’ la chanceJ’tapes sur un clou
    C’est dérisoire suffit d’vouloir
    Qu’ça tienne debout
    Tant de choses à voir
    Tant de choses à faire
    Quand on sera mort il s’ra trop tard
    Y a trop d’orgueil ou de l’indolence
    J’déchire une feuille puis j’recommence

    Guett’ la chance
    Guett’ la chance

    Y a trop d’orgueil ou de l’indolence
    Déchire une feuille puis j’recommence

    Guett’ la chance
    Guett’ la chance

    Guett’ la chance
    A l’ombre
    Guett’ la chance
  9. Partie sans rien dire
    Partie sans rien dire

    Il est 2 heures du matin et elle ne rentre pas,
    je feuillette un bouquin, personne à côté de moi.
    J’ l’ai même pas vu sortir, sur Anne y a rien qui vient
    À 3 heures du matin.

    Cigarettes sur cigarettes, elle a p’t_ être oublié ses clés,
    je souffle la fumée en guettant la sonnette,
    4 heures du matin maint’nant ça m’inquiète
    je retourne à la f’nêtre, j’y comprends plus rien.

    5 heures du matin et elle ne rentre pas,
    j’ai peur de l’avoir perdue comme on perd la mémoire.
    Elle est p’t à t’ chez quelqu’un qui la fascine,
    c’est vrai qu’à voir tous les jours le même
    y’a plus grand chose qui étonne.

    J’ imagine le pire, fantasmes et cauchemars
    qui tournent sur son corps; j’ ai les veines qui s’ déchirent
    Je m’ demande si j’ deviens fou, ou simplement jaloux,
    j’ voudrais la serrer fort
    encore plus fort

    Je sais qu’ elle reviendra demain ou bien après,
    j’ lui dirai des mots idiots, un peu simples;
    je sais qu’elle reviendra demain ou bien après
    j’ lui dirai : je t’aime

    et je sais qu’ elle reviendra ou demain ou bien après,
    j’ lui dirai: j’ sais pas quoi dire,
    mais je sais que tu reviendras ou demain ou bien après
    j’ te dirai: je t’ aime,
    je t’ aime, j’ t’ ai écrit ça.
  10. Jamais connu l'amour
    Jamais connu l'amour

    Elle était polie et transparente ni trop ceci ni trop cela
    Couleurs pastel et talons bas
    Bien comme il faut, elle s’maquillait pas

    Elle disait qu’les auteurs classiques
    N’écoutaient jamais qu’les compositeurs romantiques
    Elle n’aimait pas tout ce qui choque tout c’qu’on comprend pas
    Tout c’qu’on comprend pas

    Elle a jamais connu l’amour
    Mais elle s’en faisait une idéeElle habitait avec sa mère
    Une grande maison en pierre
    Fille unique et réservée
    Elle parlait souvent toute seule
    En brodant des coussins des serviettes pour noël
    Quand il faisait de l’orage et que les vents hululaient
    Elle dansait dans sa chambre elle dansait
    Devant la fenêtre grande ouverte

    Elle a jamais connu l’amour
    Mais elle s’en faisait une idée

    Elle était secrétaire
    Toute la semaine
    Dans une fabrique de porcelaine
    Et quand ses collègues de bureau
    Faisait des jeux de mots paillards
    Des allusions d’corps de garde
    Histoires de fesses avec des gestes
    Tout ça n’la faisait pas rire
    Elle pinçait les lèvres
    Tout ça est trop dégoutant
    Murmurait elle sans desserré les dents
    elle avait d’avis sur aucun sujet de c’côté là ça bloquait

    Elle a jamais connu l’amour
    Mais elle s’en faisait une idée
    Elle a jamais connu m’amour
    Mais elle s’en faisait une idée

    Un jour pourtant on l’a plus r’vue
    Un soir de décembre elle a disparu
    Elle a laissé qu’un petit mot qui disait rien d’trés précis
    Juste quelques phrases écrites en tout petit
    Y a pas besoin d’aller dans un lit
    Pour aimer quelqu’un, pour aimer quelqu’un
    Jamais, jamais j’irai aussi loin dus ai-je me sacrifier pour lui

    Elle a jamais connu l’amour
    Mais elle s’en faisait une idée

    Elle a disparu, elle a disparu
    Un soir de décembre, on l’a plus revue

    Elle avait jamais connu l’amour
    Jamais connu l’amour (bis)
    Jamais fait l’amour
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en bref

Intro

Label : ISLAND RECORDS
Formats : LP / CD
Année : 1982
Nombre de titres : 10

ils ont participé

Crédits

Production exécutive : Christian Lemasson
Réalisation : Charlélie Couture

Charlélie Couture : voix, guitares, piano, harmonica...
Abraam Causse : batterie, percussions
Phillip’ Geny : basse
Alice Botte : guitares
Jerry Lipkins : claviers, piano (3, 7)
Pee Barney Douche : saxophone

Enregistrements : Andrew Lyden assisté de Robert Taylor avec un studio mobile près de Nancy
Mixage et overdubs : Charlélie Couture et Andrew Lyden assistés de Stephen Street à Hammersmith (Fallout Shelter) à Londres