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visuel Poèmes Rock

C'est avec ce quatrième album que CharlElie Couture obtient la consécration qu'il mérite. En 11 titres, Couture impose un style nouveau et singulièrement attachant. Enregistré au mythique Electric Lady Studio de New York, sous la houlette du producteur Michael Zilka (Kid Creole, Alan Vega), Poèmes rock est remarquablement abouti. Récompensé l'année de sa sortie par un Bus d'acier, un disque d'or et le prix rock français de la Sacem, cet album est considéré à juste titre comme un épisode majeur de l’histoire du rock français

les titres

Tracks

  1. La Ballade de Serge K
    La Ballade de Serge K

    Derrière les toits blancs, le soleil qui descend,
    Échange lentement l’ombre de l’hiver.
    Devant les vitrines éteintes, la tête dans les épaules
    Tu marches dans les courants d’air, demain comme hier

    Des flaques d’huile, des papiers gras,
    Y a plus que la rue, dans la rue le froid

    Un chien qui flaire une chienne
    Alors tu penses à tes problèmes
    Sous le réverbère en l’air
    Qui éclaire un peu l’hiver

    Tu tires une ligne, sur le crépi
    Sans t’arrêter avec une craie
    Pour laisser une trace
    Pour faire un signe
    Mais le calcaire retombe en poussière
    Sur le sol de l’hiver
    Demain, demain comme hier
    Demain, demain comme hier

    Un chat qui miaule sous une bagnole
    Un autre qui guette dans le soupirail
    Comme un refrain bidon qui revient sans arrêt
    Comme une obsession, une affiche arrachée
    Les poches trouées, les doigts congelés

    La neige tombe, il est presque minuit
    Tes semelles glissent mais tu sais pas
    A qui te raccrocher
    Ou même qui appeler
    Un bruit de sirène du côté du cimetière
    Une envie suicidaire dans un hangar désert
    Tu vas rentrer là-bas puis t’allonger dans le froid
    Demain, demain comme hier
    Sur un sommier solitaire,
    Demain comme hier, comme hier.
    Demain, demain comme hier
    Demain comme hier, comme hier.
    Demain, demain comme hier

    Demain, demain, demain, comme hier
  2. Oublier
    Oublier

    Y a ces penseurs blasés comme du lait caillé
    y’a ces machos bronzés avec des filles coincées
    y’a ces ados largués qui s’endorment au café
    y’a tous ces fonctionnaires qui s’emmerdent même en vacances
    y’a toutes ces fins de carrière qui font plus d’expérience

    oublier

    J’ veux pas m’asphyxier comme cette ville asthmatique
    des soucis plein les bronches et les piétons qui paniquent
    tous ces cœurs qui s’écrasent comme un pneu dans la vase
    oublier
    tous ces clins d’œil mouillés
    oublier

    Cette ville est un piège les années sont des siècles
    tous ces r’gards de momies sous des toiles d’araignées
    tous ces couples perchés comme des oiseaux empaillés
    qui regardent la fusée en bouffant d’ la purée

    oublier

    S’inventer des héros des amours en plastique
    à la sortie des lycées en f’sant semblant de rien
    attendre un fille comme on attend une permission
    oh! j’ veux pas me noyer dans la boue des clichés

    Faut s’ méfier d’ la mémoire y a des vieux à 20 ans
    et dev’nir amnésique comme on est innocent
    amnistier le passé comme on enlève des bottes
    oublier
    oublier.
  3. Tu m'as pas dit d'où tu venais
    Tu m'as pas dit d'où tu venais

    Dans un couloir plein de graffitis
    J’attendais de bout la fin de la pluie
    Tu m’as regardé comme une souris
    Tu m’as pas dit d’où tu venais

    Pourquoi vouloir, en sa voir plus

    Tu m’as suivi quand je suis reparti
    Sans dire un mot t’es venue ici
    J’vais t’dessiner un pays chaud
    Une vallée au bas du dos

    (Sans dire un mot)

    Tu bois du lait entre mes doigts
    Tu sais tout faire comme une geisha
    A quoi tu penses au-dessus de mon ventre?
    Quand tu balances tes longs cheveux

    J’t’aime à genoux sur un tapis

    Truc ambigu, oh sil te plaît,
    Ferme les yeux, on verra après
    Là ou ailleurs, encore plus près
    Tu m’as pas dit d’où tu venais

    (J’ai fait comme si j’te connaissais).
  4. T'en va plus t'en va pas
    T'en va plus t'en va pas

    Elle reste à la fenêtre
    En chemise de nuit
    Le regard dans le vague
    Sur la Cîté Promise (bis)

    Elle feuillette
    Tant de romans photos
    Où il faut pas réfléchir
    Alors quand il est là
    Elle a rien à lui dire (bis)

    REFRAIN

    Que t’en vas plus,
    Oooh ne t’en vas pas
    T’en vas plus,
    Oooh ne t’en vas pas.

    Elle se cogne la tête
    Elle rate ses suicides
    Elle s’ennuie
    Comm’ une chose
    Alors elle boit du whisky,
    Alors elle boit.

    Elle ne sert que pour faire
    L’amour tous les deux jours
    Faire l’amour à ce type
    En le suppliant encore (bis)

    REFRAIN

    Elle s’épile un par un
    Elle se gonfle les seins
    Elle voudrait être belle
    Aussi belle qu’une américaiiiiine

    Mais quand il est là
    Il ne la regarde même pas
    Il dit qu’il sait bien c’ qu’elle vaut
    Mais elle lui répète à l’oreille

    REFRAIN

    Il est parti un matin
    Comme tous les matins
    Mais ce jour là enfin
    Il a dormi ailleurs (bis)

    A trop vouloir garder
    On finit par tout perdre,
    Le regard dans le vague
    Elle déambule dans les couloirs,
    Et dans l’ascenseur
    Qui monte et qui descend
    Elle marmonne entre ses dents
    Marmonne entre ses dents

    REFRAIN
  5. Envie de l'eau
    Envie de l'eau

    On les attend longtemps les grosses chaleurs
    Lourdes, lourdes comme de la crème au beurre
    Celles qui donnent aux africains l’illusion d’être en Afrique
    Celles qui servent d’alibi à ceux qui ont besoin de boire
    Celles qui donnent envie de chanter sous la pluie

    Quand il fait chaud il fait chaud
    On a envie de l’eau
    Envie de l’eau (bis)

    Et les gros mouillent leur col de chemisette et les yeux s’égarent en transparences
    Sous les petites jupes légère, corsages à fleur de peau, frissons brulants
    Des petits fantasmes instantanés aux femmes intouchables
    Aux filles innocentes presque toutes aussi belles quand elles marchent
    Oh quand elles marchent

    Refrain

    Et les jambes pesantes
    Je ne peux plus rien faire pendant ces heures de grosses chaleurs
    Inexorablement oppressantes accablantes
    Quelques journées qu’on attend tout le reste l’année
    Et déjà reviennent les premiers vents froids
    Les premiers pulls, les premiers nez qui coulent

    Refrain

    La fenêtre est grande ouverte, devant les volets tirés
    Je cherche un coin de fraicheur, en attendant la nuit
    On s’passe sous la douche puis à poil devant la glace on se trouve soudain beau
    Avec les cheveux mouillés, collés
    Enfin bref on se réinvente une pluie
    Mais à bonne température comme des sorciers civilisés

    Quand il fait chaud il fait chaud
    On a envie de l’eau
    Faire l’amour avec l’eau
    Envie de l’eau (bis)
  6. Comme un avion sans aile
    Comme un avion sans aile

    Comme un avion sans aile,
    J’ai chanté toute la nuit,
    J’ai chanté pour celle-ci
    Qui m’a pas cru toute la nuit.

    Même si j’ peux pas m’envoler,
    J’irai jusqu’au bout,
    Oh oui, je veux jouer
    Même sans les atouts.

    Tu fais semblant de regarder ailleurs,
    Tu dis même que j’te fais peur,
    Pourtant tu sais j’tiens plus debout,
    Si crevé qu’un danseur.

    Oh, il fait lourd, grande nuit blanche
    Grande nuit d’orage,
    Le tonnerre gronde
    Mais y a pas d’éclair

    Écoute la voix du vent
    Qui se glisse sous la porte,
    Écoute, on va changer de lit, changer d’amour
    Changer de vie, changer de jour

    Et même, même si tu ne fais plus rien,
    Tu vois, moi j’aboierai encore
    Mais tu t’endors sous mon piano,
    Quand je joue faux

    Oh libellule,
    Toi, t’as les ailes fragiles,
    Moi, ma carlingue est froissée
    Mais j’ai chanté toute la nuit.
  7. L'Histoire du loup dans la bergerie
    L'Histoire du loup dans la bergerie

    Derrière le parking qu’est désert la nuit,
    à côté de la voie ferrée dans une impasse étroite,
    Il y a un p’tit bar aux papiers peints jaunâtres,
    Papiers peints jaunâtres
    Le vin pique la gorge et le pain des sandwiches
    Est plus mou qu’une éponge,
    Bien plus mou qu’un épongeC’est pas un bel endroit mais ça suffit pour boire
    Un canon, deux canons avant d’aller se coucher ) bisTous les vendredis soirs,
    à peu prés vers sept heures, on l’entend arriver déjà depuis le parking,
    Il fait voler la porte p’is il entre en hurlant: Salut, la compagnie, salut la compagnie
    Avec les yeux gonflés sur sa gueule de clochard,
    Cicatrice au menton, mouchoir comme un foulard,
    Il s’appuie au comptoir et puis il commence à boire en racontant une histoire,
    Celle du loup dans la bergerie,
    Celle du missionnaire dans la blanchisserieIl a vu toute la terre, il a fait tous les pays il dit qu’il a été légionnaire
    Alors on l’appelle comme ça, on dit tiens t’as vu l’ Légionnaire
    Il dit pas l’Indochine, il dit qu’il a fait l’Indo, pis aussi l’Algérie
    Il raconte que sa vie, et pis toujours la même histoire, son histoire,
    Celle du loup dans la bergerie,
    Celle du missionnaire accroupi dans son litQuand il est saoul, encore un peu plus saoul,
    Il se goure, il mélange tout,
    Dans sa voix éraillée, il se met à brailler en faisant le tour des tables
    Il veut vendre des poèmes,
    Qu’il a écrit lui même,
    Sur des feuilles de papier, mal ronéotypées
    Et ça raconte encore toujours la même histoire, celle du loup de la troisième dynastie
    Qui mange un missionnaire accroupi tout gris dans une blanchisserie,
    à côté d’la grande bergerieOn y comprend que dalle, mais ça fait rigoler
    Tous les buveurs fatigués en sortant du boulot,
    Et même si on se fout de lui, on lui paye une tournée
    Pour qu’il raconte encore et encore
    L’histoire du loup dans la bergerie
    Celle du missionnaire ébloui
  8. Longtemps, longtemps (tu m'aimes en passant)
    Longtemps, longtemps (tu m'aimes en passant)

    Sur une vitre glacée
    Tu dessines dans la buée
    Des mots d’amour transparents
    J’crois qu’tu m’aimes en passant

    Quand on s’est aimé longtemps
    On se quitte pour longtemps
    Tout près des balançoires
    On se fait de grands serments
    On s’raconte des histoires
    Qu’on oublie en jouant

    Quand les enfants se quittent
    Ils disent que tout va si vite
    Avec ton sourire de p’tite fille
    J’sais bien qu’c’est toi qui vas partir
    Même si tu me dis
    Et j’te promets
    Oui tu m’promets
    On s’écrira
    On s’reverra
    On se r’trouvera
    Longtemps, longtemps , longtemps
    Longtemps, longtemps, longtemps

    Et j’t’attendrai et tu m’attendras
    On s’écrira
    On se reverra
    On s’retrouvera
    Longtemps, longtemps, longtemps
    Longtemps, longtemps, longtemps
    Longtemps, longtemps, longtemps
  9. Le Chant de la colline (instrumental)
  10. Comme si on y croyait
    Comme si on y croyait

    Pas une ride sur les flaques d’eau
    L’air est humide au fond du ghetto
    Déjà le soir
    Y a rien à voir
    J’bouffe une pastèque sur le trottoir
    J’sais pas où j’vais mais je continue
    Comme si j’y croyaisDans la nuit moite
    Tu payes une fille dans un hôtel qui vaut pas cher
    Elle se laisse faire
    Elle fait oh oui
    Comme si on y croyaitAu fond d’une cour un type roupille
    Couché par terre en maillot de corps
    Juste ses rêves pour s’en sortir Un grand barbu qui parle tout seul
    Une femme qui hurle arrête de boire
    T’as des mirages
    Tourne la pageJ’sais pas où je suis
    Je suis plus d’iciY a rien à voir
    Au bout du trottoir
    Au fond du ghetto assis sur une caisse
    Une guitare une fillette qui chante dans le noir
    Comme si elle y croyait
  11. Le Fauteuil en cuir (combien de temps)
    Le Fauteuil en cuir (combien de temps)

    Combien de temps passé dans ce fauteuil en cuir
    Enfoncé défoncé, dans ce cuir tout déchiré
    À regarder par la fenêtre les feuilles qui frétillent,
    Et puis ces grandes silhouettes sombres dans la lumière froide

    Combien de temps, à longer les murs
    Combien de temps à longer, longer les murs

    Combien de temps passé, goutte à goutte sans arrêt
    Le robinet grippé goutte au dessus de la baignoire
    Trois quatre poils frisés sur le bord de l’émail
    Pourquoi tu mets des lunettes noires, devant le lavabo

    Combien de temps, à longer les murs
    Combien de temps à longer, longer les murs

    Combien de temps passé
    Complètement immobile
    Tuyauteries et borborygmes,
    Y a de l’air plein les radiateurs
    Mais c’est pas clair non plus ailleurs
    Mâchouiller un chewing gum,
    Le tirer, le remâcher
    Y a plus de sucre dans la gomme

    Combien de temps, à longer les murs
    Combien de temps à longer, longer les murs

    Combien de temps passé, enfoncé défoncé
    Dans ce fauteuil en cuir qui pèle aux accoudoirs
    À se torturer le cœur, le front dans les mains
    Parce que y a rien qui vient
    Encore pas de lettre aujourd’hui encore rien dans la boîte

    Combien de temps, à se croire damné
    Combien de temps sans même envie de manger
    Combien de temps, à longer les murs
    Combien de temps à longer, longer les murs
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en bref

Intro

Label : ISLAND RECORDS
Formats : VYNIL / CD
Année : 1981
Nombre de titres : 11