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visuel Crocodile Point

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  1. Underground P. M.
    Underground P. M.

    Un pied-bot matait les danseuses devant l’entrée d’un hôtel de passes,
    En leur offrant des caramels des oranges ou des cornets de glaces,
    Ça faisait longtemps qu’tu parlais plus tu t’habillais toute en noir,
    Tu rêvais sur ton horoscope de magie blanche sur un miroir.
    Dans la rue chercher les pilules que l’ médecin t’avait conseillées
    J’croisais c’te rouquine fêlée qui parlait comme un homme,
    Tu sais celle qui bossait dans un peep show, et dans le drugstore du quartier
    Y avait cette ambiance trop crado qui me remontait dans l’nez

    Et moi dans c’te bagnole pourrie j’écoutais une station d’radio
    Décharger lentement la batterie, il faisait chaud sur le capot ;
    L’antenne cassée ça grésillait, Creedence ou bien les Talking Heads
    Chewing gum collé d’l’après midi, underground sur corde raide...
    Un chat siamois dans l’escalier la clé planquée sous un pot de fleurs
    Quand je rentrais sans te prév’nir je voyais bien qu’t’avais peur
    Que revienne ce pilote malade, qui t’avait violée près du lac,
    Le frigo qui dégivrait mal ;y a toujours quelque chose qui s’détraque.

    Une cassette dans l’ magnétoscope c’était un film d’Andy Warhol,
    Avec un beau type qui se rasait, d’ l’hygiène phallique en symbole,
    J’t’aimais comme un indien perdu, j’aurai voulu qu’tu sois une squaw
    mais tu voulais pas me suivre qu’on parte sur le même bateau

    Elle a vendu son émeraude, pis elle est partie ailleurs,
    Faire un voyage au bout du monde, s’inventer un autre bonheur.
    Elle m’a laissé l’appartement, et l’adresse d’un restaurant
    Où l’on ne bouffe que des gâteaux de miel, comme si tout se passait comme avant, comme avant

    Fenêtres ouvertes et bruits dans les rues,
    Etrange quiétude
  2. Des gens sûrs
    Des gens sûrs

    Et des plantes grasses
    Le mauvais goût à sa place
    Un vase en terre
    plus terre à terre
    Que le pouf en cuir
    sur la moquette en vinyl

    Deux r’productions de Fragonard
    Dans le living
    Une chaine stéréo
    Pour épater les copains
    et des verres à porto
    Rangés sur un plateau marocain

    Enfin, tout est bien
    comme il faut
    Dans un p’tit pavillon tristounet
    Mais
    Chez des gens sûrs
    Sur qui on peut compter

    Des fauteuils de style
    Une abominable tapiss’rie jaune
    Le téléphone qui sonne
    « Tiens, c’est la cousine de Carcassonne »
    Un chien-chien docile
    Avec un grelot
    Une entrée indépendante
    Pour aller au garage
    Faire du bricolage
    Et dans le jardin
    Sept jolis nains en couleur
    (en plâtre)
    Enfin tout est bien
    Comme il faut
    Dans un p’tit pavillon tristounet
    Mais
    Chez des gens sûrs
    Sur qui on peut compter
    Chez les français sans allure
    Sur qui on peut compter
    Chez des occidentaux
    Sur qui on voudrait compter
  3. Combat de phoques
    Combat de phoques

    Enquête bancaire
    Et déficit
    Querelle de chiffres
    Pour le principe
    Repas d’affaire
    En dérapage
    Patrons d’province
    Et retour d’âge

    Le cœur palpite
    Peur des sondages
    Accord tacite
    Après l’fromage
    Repas d’affaire
    Dans les mallettes
    Dossier planqué
    Sous les assiettes

    Combat de phoques
    Combat, combatPlan d’redress’ment
    Pas d’sentiment
    Investiss’ments
    L’argent dans le sang
    Les gnoux se touchent
    Panier de crabes
    S’rincer la bouche
    Monosyllabes

    Sauver l’honneur
    Servir à boire
    Chacun défend
    Son jour de gloire
    Repas d’affaire
    Sans étiquette
    Petite cuillère
    Bouton d’manchette.

    Combat de phoques
    Combat, combat

    Pis nettoyer
    ’vec sa serviette
    Une tach’génante
    Sur la braguette

    Y a pas de loi
    Pour les coups bas
    S’crétaire prévue
    La jupe fendue
    Sous entendu
    Petit cadeau
    R’gards ambigus
    Frais généraux

    Les cuisses ouvertes
    Et politesses
    Profits et pertes
    Ou fausses promesses
    Café cognac
    Tirer un trait
    Fin du bivouac

    Les jeux sont faitsCombat de phoques
    Combat, combatCombat de phoques
    Déboutonnés
    Et des jeunes coqs
    habitués
  4. Missipi dancing
    Missipi dancing

    Difficile d’accés
    Vraiment mal indiqué
    Y’avait le néon vert
    D’un r’père de solitaires
    Planqué sous les palmiers
    Mais ceux qui s’y cachaient
    Savaient toujours trouver
    Le Missipi Dancing.

    Un V.R.P frimeur
    Divorcées maladroites
    Un homo, des poppers
    La drague dans les lasers;
    Ils n’comptaient pas la sueur
    Ni les glaçons qui fondaient
    Dans un verre ébréché
    Du Missipi Dancing

    Akim dansait le twist,
    Lola la reine du pogo
    Ils se r’mettaient en place
    Nombril devant les glaces;
    Ils avaient rien à dire
    Non, rien à déclarer
    Jus’qu’ils étaient c’te nuit
    Au Missipi Dancing

    L’aération en panne
    Ou bien trop mal conìue
    Les odeurs se mélangeaient
    Et ìa puait par à-coups;
    Non rien à espérer
    Rien à gagner non plus
    Une autre nuit perdue
    Au Missipi Dancing (ter)

    Fringues en cuir à la mode
    Et toutes les impatiences,
    Sodomies dans les chiottes
    Amours pleins d’imprudences;
    Le lavabo bouché
    Et l’carr’lage maculé
    De papiers et de pubs
    Du Missipi Dancing

    Vidéos d’ssus du bar
    Avec une chanteuse ringarde
    Fumer et boire une bière
    Pa’c'que le reste est trop cher
    Une bagarre à l’entrée
    Mari jaloux largué
    Pourquoi Étre venu
    Au Missipi Dancing ?

    Le type à la console
    Se prenait pour un noir
    Il gueulait des conn’ries
    En f’sant semblant d’y croire.
    Light show stroboscopique
    Pas la peine de parler
    De trucs philosophiques
    Au Missipi Dancing

    Et cette musique de dope
    écrasait les tympans
    Les basses beaucoup trop fortes
    Et les effets décapants;
    Les souffles qui se frôlent
    Et les hanches en mouv’ment
    Chacun jouait son rôle
    Au Missipi Dancing
  5. Crocodile point
    Crocodile point

    Les crocodiles peuvent pas pleurer
    Les crocodiles mal dans leur peau
    Les crocodiles peuvent pas pleurer
    On les croirait pas
    Les crocodiles peuvent pas pleurer
  6. Aboyer le chien
    Aboyer le chien

    M’avez-vous vendu
    Pour un bout d’inconnu
    Ou bien m’as-tu
    Tout simplement abandonné
    Comm’un scrupule mouillé
    Quand la vie d’enfile
    Une autre fille en ville
    « Oh je t’aime chéri ...
    Chérie je t’aime... »
    A qui donc tu l’as dit.

    Oh ma petite antilope
    J’crois qu’tu gaspilles le vocabulaire
    Et moi j’mélange les syncopes.

    M’avez-vous étouffé
    Dans l’creux de l’oreiller
    Ou bien m’as-tu
    Tout simp’ment abandonné
    Quand les portes camouflent
    Tous les mystères du couple
    Quand il faudrait de l’or
    Ou de la vaseline
    Sur tes bottines.

    On m’dis pas qu’les fabriquants
    De cuir ou bien d’ivoire
    Viendront me voir ce soir
    Me r’filer un médicament

    Avez-vous lancé
    Des cailloux dans la flaque
    Des bijoux dans un lac
    Ou bien as-tu
    Simplement laissé r’tomber la plaque
    Quand le vent te décoiffe
    Un matelas sur le trottoir

    Oh dis pas qu’on pensait déjà à boire
    Quand on n’avait pas soif
    Dis moi tout, dis moi rien
    J’ai la gorge qui se noue
    Ecoute aboyer les chiens

    Ououououououououououououou
    Ououououououououououououou

    C’est ça dit-elle pleure un bon coup
    Oh dis moi tout ou bien dis moi rien
    Trop d’questions dans les mains
    J’préfère ne plus rien savoir
    Et nier l’évidence
    Plutôt que de sacrifier l’existence
  7. Forme blanche
    Forme blanche

    Assis dans la cuisine
    En ronchonnant déjà
    Il s’était cru plus fort
    Mais elle n’arrivait pas
    Pourtant elle avait dit
    Mais il n’y croyait plus
    Alors il avait bu
    Comme on boit par défiI

    l était dans l’ornière
    Plus jaloux qu’un époux
    Elle avait 10 ans de moins
    (mélodrame avant tout)
    Il avait les mains moites
    Ravalait sa salive
    Il diable dans la boîte
    Et le cœur en dérive

    Nuit d’Noël symbolique
    Et lui danss sa baraque
    Avec son vertige oblique
    Biture paranoïaque.
    Il perdait son sang froid
    Savait plus c’qu’il voyait
    L’vait cassé ses lunettes
    A côté d’la cuvette

    Une grande ombre qui danse
    Qui s’allonge au plafond
    Fantômes des impatiences
    Mayonnaise des passions
    L’entend des bruits bizarres
    I’grogne : « sortez du noir »
    Puis va prendre son fusil
    Planqué dans son armoire

    Il s’est r’trouvé dehors
    Avec les yeux hagards
    L’a r’péré une forme blanche
    Il a tiré dans les branches

    Shaï et ceinture d’argent
    Elle venait en cachette
    Elle avait mis du temps
    Parc’qu’elle était suspect

    C’était parti d’un coup sec,
    Une balle à minuit,
    Suivi d’un petit cri,
    Puis c’grand silence suspect

    Il s’est pendu à l’aube
    Etranglé de remards,
    Dans ce mélange abstrait
    D’amour fou et de peur
  8. Local rock
    Local rock

    Toutes ces inhibitions piquées sous les paupières,
    La peur du ridicule qui se colle à la nuque
    Et toutes les certitudes plus pointues qu’une épingle
    Et les craintes qui dorment dans le fond d’un cratère

    Du venin dans les veines et du sirop dans le cœur,
    Ne pas oser lutter contre les convenances,
    Mais se laisser noyer dans un marais de principes
    Soumis comme un drogué prisonnier en Thaïlande

    Refrain
    Eh, c’est ta vie, et tu sais que t’en as qu’une
    Tu cries, dans un local qui résonne
    Le rock ici, c’est perdu d’avance
    Mais tu répètes et tu joues c’que tu penses

    Et l’esprit de banlieue à l’abri des typhons,
    Mélange de jalousie et de timidité
    Conformismes éteints comme des tailleurs gris
    Et cette prudence chaste jusqu’au bout du désir

    Et toutes ces frustrations ces besoins d’érection
    De lingeries et de muscle, la sueur chaude qui s’écoule
    Sous les maillots moulants des jeunes filles catholiques
    Qu’entretiennent leur forme en faisant de l’aérobic

    1,2,3, 4...

    Et cette zone emmêlée dans ses a priori
    Dans ses permis de construire et puis ses plans d’épargne
    Et ceux qui se protègent sous une grande serre
    Isolés laine de verre chlorophylle sous la neige

    Membres du tennis club ou des tournois de bridge
    Ces loosers magnifiques, ces champions déçus
    Qui finissent alcooliques en attendant un fils
    Parti dans le Pacifique et qui reviendra jamais plus

    Refrain
    Eh, c’est ta vie, et tu sais que t’en as qu’une
    Tu cries, dans un local qui résonne
    Le rock ici, c’est perdu d’avance
    Mais tu répètes et tu joues c’que tu penses.
  9. Do not disturb
    Do not disturb

    New York, Tokyo, Genève
    Do not disturb,
    Bruxelles, London, Paris
    Service compris.

    Assise au fond du hall
    Une veuve en vacances
    Critiquait l’opéra
    En suçant des cachous

    Le p’tit barman indou
    Préparait des cocktails
    En rigolant tout seul
    Comme un présentateur radio

    Quand soudain...New York, Tokyo, Genève
    Do not disturb,
    Bruxelles, London, Paris
    Service compris

    Entre deux vases de Chine
    Un boxeur tuméfié
    Attendait c’manager
    Qui cirait ses godasses

    Derrière ses lunettes noires
    Le fils d’un émir arabe
    Se roulait un pétard
    Insolences en cascadeNew York, Tokyo, Genève
    Do not disturb,
    Bruxelles, London, Paris
    Service compris

    Une jeune mariée crispée
    Se parfumait au gingembre
    Pendant que son époux
    Cherchait la clé d’la chambre

    Un all’mand mélomane
    Chantait comme une crécelle
    Le Bolero de Ravel
    Devant l’ascenseur en panne

    New York, Tokyo, Genève
    Do not disturb,
    Bruxelles, London, Paris
    Service compris

    Un gigolo stoïque
    S’tripotait la moustache
    En laissant des messages
    Sur répondeur automatique

    Couché dans la baignoire
    Un diplomate afghan
    Noyait quinze mille cafards
    Dans son verre de voska

    Ch’mise de nuit au balcon
    L’actrice mélomane
    Sonnait l’garçon d’étage
    Pour des jeux érotiques

    New York, Tokyo, Genève
    Do not disturb,
    Bruxelles, London, Paris
    Service compris
  10. Tu es loin
    Tu es loin

    Dans les fumées blanches
    Les amours qui flanchent
    Un coup d’frein dans la nuit
    Y’a un type qui s’enfuit
    Y’en a marre
    De ce foutu hasard
    De ces temps morts debout
    Dans le bouillard givrant
    Une voiture qui démarre
    Et moi qui suis ici

    Je sais que tu m’attends
    Mais je ne peux pas venir
    Tu es partie trop tôt
    Je suis venu trop tard
    Tu es loin

    Y’a un vieux qui délire
    Tout douc’ment dans un coin
    Le grand boul.’vard s’étire
    Dans ce désert urbain
    Et y’a une fille en rose
    Au-dessus d’un verre de vin
    Qui lit du Berthold Brecht
    Les yeux plein de chagrin
    J’sais même plus où t’écrire

    Je sais que tu m’attends
    Mais je ne peux pas venir
    Tu es partie trop tôt
    Je suis venu trop tard
    Tu es loin

    Les lumières qui s’éteignent
    Et les chaises sur les tables
    Un regard dans le miroir
    Gyrophares près du square
    Le blues comme la peur
    Qui vient comme un rôdeur
    J’ai le cœur enfermé
    Dans cette nuit sans étoile
    Toutes mes idées se barrent

    Et je sais que tu m’attends
    Mais je ne peux pas venir
    Tu es partie trop tôt
    Je suis venu trop tard
    Tu es loin
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en bref

Intro

Label : ISLAND RECORDS
Formats : LP / CD
Année : 1983
Nombre de titres : 10

ils ont participé

Crédits

Charlélie Couture : voix, guitares, piano, claviers...
Jerry Lipkins : claviers, piano (2,10)
Abram Causse : batterie
Hanny Rowe : basse
Pee Barney Douche : saxophone

Enregistrements : Andrew Lyden assisté de Bruce Edwards à Quebec au studio PSM
Mixage : Charlélie Couture, Andrew Lyden et Jerry Lipkins assistés de Frankie Gibson au Compass Point Studio B à Nassau (Bahamas)
Mastering : à Sterling Sound à New-York