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visuel 12 chansons dans la sciure

En 1978, pour sa thèse de fin d'étude CharlElie a choisi le thème de la polymorphie de l’esprit qu'il explore encore aujourd’hui. À cette occasion, il présente des photos, des textes et des peintures et il auto-produit un premier disque "12 chansons dans la sciure" (tiré à mille exemplaires), qui attire l'attention des professionnels et lui vaut une invitation au Printemps de Bourges l'année suivante.

les titres

Tracks

  1. Le vieil homme
    Le vieil homme

    Dans un village perdu,
    En haut de la montagne
    Un vieil homme barbu
    Comme s’il sortait du bagne
    Les cheveux mal peignés
    Mange des araignées
    Qu’il sort d’un vieux sac
    Pendu à son hamac

    Souvent il lève les yeux
    Et regarde les nuages
    Immobiles sur l’image
    Punaisée au milieu
    D’un parfait Cercle rouge
    Dessiné à la craie
    Sur un mannequin qui bouge
    Au gré du vent frais

    Un vieux chien fatigué
    Est allongé sur un canapé
    Il bougonne en dormant
    Comme son maître en marchant
    Vers la porte entre ouverte
    Qui donne sur la nature
    A la saison des températures
    Qui fait toutes les plantes vertes
    Le vieillard sort de sa poche
    Un long couteau pointu
    Qu’il caresse et approche
    De la tête d’une tortue
    Qu’il tranche sans faiblesse ni tristesse
    Et se lave les mains
    Dans une cuvette rouge carmin
    Posée sur une vielle caisse
    Le chien aveugle trainant la pate Ecoute tristement
    Son maitre en savate
    Qui le suit lentement
    Jusqu’au bout de la cour déserte
    Et puis s’arrête
    soudain quand la lame d’un bruit sourd trouble la vieille peau du chien
    Le vieillard pleure alors
    Comme un enfant perdu
    Il crie pardonnez mes abus
    On m’a jeté un sort
    Le soir de ma naissance
    Et puis il s’imbibe d’essence
    Et puis il allume le feu
    En regardant l’image des cieux
    Le vieillard pleure alors
    Comme un enfant perdu
    Il crie pardonnez mes abus
    On m’a jeté un sort
    Le soir de ma naissance
    Et il s’imbibe d’essence
    Et puis il allume le feu
    En regardant l’image de dieu là-haut
  2. Les anglais en vacances
    Les anglais en vacances

    Les anglais en vacances ont la peau blanche
    Sous leurs épaisses pattes rousses,
    Leurs épouses sont vieux-jeu, elles ont l’ait trop pâles, ou malingres
    Dans leurs lourdes jupes en laine peignée
    Et même leur bas sont mats

    Les anglais en vacances, sont toujours gentils et polis
    Comme de grands adolescents pubères
    Ils s’arrêtent toujours aux tables des petits restaurants de bords de route
    Pour gronder leur baby, assis en coin de table sur une chaise trop petite
    Malgré le coussin en plastique

    Les anglais en vacances d’une voix distinguée et toujours soprano
    Entre leurs dents cariées par les bonbons parlent du gazon, du cricket et du temps
    Ils se regardent, et commandent le thé, mais ils se font gruger,
    car ils savent pas bien compter
    Les anglais en vacances, conduisent maladroitement,
    Ils ont toujours peur des camions, des virages des montagnes, des routes de France
    Ils craignent pour leur moteur, et leur pot d’échappement,
    Ils disent qu’ils n’ont pas de pot ici depuis Jeanne d’Arc

    Les anglais partent en vacances par couple, comme les auto stoppeurs,
    Les anglais dorment sur le bas côté d’une chaussée tranquille au bord d’une forêt,
    Les anglais se font zigouiller par deux, comme les amoureux
    Les anglais meurent pour rien, les anglais
  3. Le jardin de mon oncle
    Le jardin de mon oncle

    Mon oncle avait un jardin
    Où il plantait ses jours
    Pour battre son destin
    Sur son propre terrain
    Il portait une veste brune épaisse
    Car l’hiver pince la peau
    Des hussards licenciés
    Ou des horticulteurs en retraite

    Fleuri comme une robe d’été
    Le jardin sentait fort les parfums sucrés
    Des femmes qui veulent s’habiller
    Mon oncle savait tailler
    Les arbrisseaux pubères
    Qui ne savent que critiquer
    Et peuvent même pas te tendre la main

    Le jardin s’étirait loin
    Jusqu’aux ombres de l’inconnue
    Que cultivaient nos voisins
    En lâchant leur méchant chien
    Mon oncle ne voyageait guère
    Que pour acheter des tapettes mécaniques
    Pour tuer ses sales souris
    Que le chat épargnait par faiblesse

    Le jardin se portait comme un ami
    Tantôt rasé tantôt poilu
    C’était le seul souci qu’on arrose le soir
    Mon oncle est maintenant à l’asile
    Il sanglote mine de rien
    Depuis qu’il y a un building
    Qu’est planté dans son jardin
    Mon oncle est maintenant à l’asile
    Il sanglote mine de rien
    Depuis qu’il y a un building
    Qu’est planté dans son jardin
  4. Les matins d'hiver
    Les matins d'hiver

    Les matins d’hiver
    Dimanches ensoleillés
    Au milieu de la campagne nue
    L’oiselet dit toui toui toui
    Le jeune homme chuchote au dessus
    D’une chanson qu’il a couché dans une boite en carton
    C’est bon

    Les matins d’hiver
    Dimanches ensoleillés
    Les corbeaux précisent leur état d’âme
    Dans ma vallée belle comme une femme
    Tout est bleu gris même ton sourire
    Et ça vaut bien la chaleur d’un été enflammé
    C’est chaud

    Les matins d’hiver
    Dimanches ensoleillés
    Au coeur de la famille des amis
    Il suffit simplement, simplement qu’ils existent
    Et dieu fatigué de faire la pluie et le beau temps
    S’endort dans une des chambres d’hôtel
    Dont les réveils matin
    Font ding dong, ding dong

    Les matins d’hiver
    Dimanches ensoleillés
    Et les lourdes vaches
    Comme on voit sur les gouaches
    Lâchent leurs bouses sans penser à rien
    La nature est vraie simple comme le froid
    Qui éteint la voix
    Mais la chanson est gaie
    Elle fait tra la la la la
    Oh
  5. Swing Mandoline
    Swing Mandoline

    Avé p’tit gars a dit la pie
    Au diablotin impitoyable
    Que fais tu cet après-midi
    Que penses-tu de ton ami
    En ces temps de famine

    Lui qui joue de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de la mandoline

    Le diablotin a baissé la tête
    Il a pris son air bête
    Il a saisi son arbalète
    Il a visé la pipelette
    En lui criant
    Sauve toi vermine

    Moi j’adore l’amant de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de la mandoline

    La pie s’envole
    Alors vers l’acropole
    Elle chante elle crie elle se roule sur le sol
    En chantant du rock du rock&roll
    Elle dit que c’est de ça dont elle raffole
    Que c’est plein de vitamines

    A la différence de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de la mandoline

    Le diablotin siffle entre ses doigts
    Il bondit sur la scène
    Il fait jouer le larsen
    La fille exaltée s’ouvre alors les veines
    Voilà jusqu’où seulement vous mène
    D’avaler des amphétamines

    Ou de se battre pour l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de l’amant
    L’amant de la mandoline
  6. La voix enrouée
    La voix enrouée

    La voix enrouée
    Le soleil dans les yeux
    Oh les cheveux noués
    Qui a–t-il de mieux
    Le souffle coupé par l’air climatisé
    Une journée loupée
    Puis mal analysée
    Je suis un singe en cage
    Qui apprend la grimace
    Je suis un singe en cage
    Qui apprend la grimace

    Visiter le musée
    Je me suis amusé
    Les gardiens endormis
    Il est 6 heures et demi
    He ! Salut sur tes skis
    Vas-y file comme il penche
    Moi je pense à Trotsky
    Le piolet se déhanche
    Moi je pense à Trotsky
    Le piolet se démanche

    Tu ranges tes lettres
    Dans un buffet lorrain
    Et par le bout de la lorgnette
    Moi je vois les forains
    Ma clope s’est éteinte
    Alors je vais porter plainte
    Contre le mistral
    Qui t’emmène au bal
    Contre le mistral
    Oh ben ça c’est pas banal

    Tu n’as pas compris
    Qu’il perdait la coupe
    Les indiens l’on prise
    Les yeux dans la soupe
    Deux jambes se croisent
    Mon dieu quel érotisme
    Ça te fout la poisse Il te faut de l’exercice
    Ça te fout la poisse
    Il te faut l’exorcisme

    La voix enrouée
    Plus d’soleil dans les yeux
    L’air et les cheveux dénoués
    On a rien fait de mieux
    La journée est finie
    Tant mieux tant pis
    Tant qu’à faire au matin
    Ce sera mieux demain
    Tant qu’à faire au matin
    Ce sera mieux demain
    Tant qu’à faire au matin
    ce sera mieux demain
  7. Des gens sûrs
    Des gens sûrs

    Et des plantes grasses
    Le mauvais goût à sa place
    Un vase en terre plus terre à terre
    Que le pouf en cuir sur la moquette en vinyle
    Et deux Fragonard dans le living
    Une chaine stéréo et des verres à porto
    Rangés sur un plateau marocain
    Enfin tout est bien comme il faut
    Dans un petit pavillon tristounet
    Mais chez des gens sûrs sur qui on peut compter

    Des fauteuils de style une abominable tapisserie jaune
    Le téléphone qui sonne
    Tiens c’est la cousine de Carcassonne
    Un chien chien docile avec un grelot oh
    Et une entrée indépendante
    Pour aller au garage faire du bricolage
    Et dans le jardin sept jolis nains en couleur en plâtre
    Enfin tout est bien comme il faut chez les français
    Sans allure sur qui on peut compter
  8. Dans la lavande et les couleuvres de Montpellier
    Dans la lavande et les couleuvres de Montpellier

    Dans la lavande et les couleuvres de Montpellier,
    Le crâne rasé
    Je fais la manche pour toi
    Dans la lavande et les couleuvres de Montpellier
    Le crapaud écrasé
    Voudrait qu’on s’apitoie

    Tu manges plus tu bois
    Mais maintenant au café et plus de pourboire
    Mais plus de 11° pour oublier tes déboires
    Nana touche plus à l’harmonica
    Torche plus le cul avec les bouquins de latin
    Tripote plus tes seins avec des branches de sapin

    Refrain

    Dans la lavande et les couleuvres de Montpellier,
    Le crâne rasé
    Je fais la manche pour toi
    Dans la lavande et les couleuvres de Montpellier
    Le crapaud écrasé
    Voudrait qu’on s’apitoie

    Va te changer cocotte
    Enlève tes chaussons dorés
    Tes faux cils et ta crème à démaquiller
    Sans flemme fais ta popote
    Tu mangeras tes carottes
    Ca rend aimable
    Et disparaitront tes collants phosphorescents
    Et tes tonnes de tee shirts aux dessins de Popeye dément

    Refrain

    Eh oh et puis je suis fatigué
    Prenez, prenez, y a plus de barrière
    C’est une poupée numérotable
    Elle est assise sur la table
    Oh! et puis ce soir je suis en verve
    Y en a des paquets dans la réserve
    Si vous la voulez, je vous l’enverrai
    Si vous la voulez vous l’aurez gratis.

    Refrain (bis)
  9. On s'aime tout de même
    On s'aime tout de même

    Tu es mon soleil quand la grêle tombe
    Tu es mon email quand le dentiste me plombe
    Tu es le grand cargo quand j’conduis le bathyscaphe
    Tu es l’p’tit escargot quand j’ai un cou de girafe

    C’est pour ça que je t’aime tout de même
    C’est pour ça que tu m’aimes quand même

    Tu es le savon quand la crasse me colle
    Tu es le sèche-cheveux quand ma perruque s’envole
    Tu es l’hameçon quand je suis un goujon
    Tu es le joli feu quand mes chansons sont cons
    Tu es la bretelle quand mon pantalon glisse
    Tu es l’eau minérale quand j’ai des grosses cuisses
    Tu es le robinet quand ma baignoire déborde
    Tu es le chaud bonnet quand mes oreilles se tordent

    C’est pour ça que je t’aime tout de même
    C’est pour ça que tu m’aimes quand même

    Tu es couscous tentant quand vient le ramadan
    Tu es mon vêtement quand je suis nu comme Adam
    Tu es ma cigarette quand je n’ai plus de tabac
    Et tu es ma majorette quand le défilé s’en va

    C’est pour ça que je t’aime tout de même
    C’est pour ça que tu m’aimes quand même

    C’est pour ça que je t’aime tout de même
    C’est pour ça que tu m’aimes quand même

    C’est pour ça que je t’aime tout de même
    C’est la vérité même Bethleem
    C’est la bohème en tandem sans problème
  10. La sirène au H
    La sirène au H

    Elle a glissé de l’eau
    Les gouttes sur la peau
    De son dos émaillé

    La sirène au henné

    Derrière un buisson épais
    Un gilet de laine
    Celle qui se baigne seule
    Dans la rivière calme
    Qui coule devant les saules
    Elle a glissé de l’eau
    Des gouttes de sang sur le piano
    Des cris d’un paquebot

    La sirène au henné

    Des rendez-vous de potaches
    Et des photos pornos
    Qu’un bon père de famille cache
    Dans la poche de son paletot
    Elle a glissé de l’eau
    Et drague la, drague la si tu peux
    Offre lui des cadeaux
    Mais ne baisse pas la tête devant

    La sirène au henné

    Des langues froides
    Font les vingt quatre heures du Mans
    Sur le circuit de son corps charmant
    Un vieux godilleau sec bave d’envie devant ses seins nus

    Elle a glissé de l’eau
    Et joué sur les mots
    Et assis à Mon bureau
    Je rêve de la sirène au henné

    Si la chatte adore le poisson noir
    Et déteste le lait
    Derrière nos moustaches du vice
    Ecartons lui la cuisse

    Et aspirons donc dans un tuyau de Jardinage vert
    Dans le nectar de sa chatte
    Mais elle a glissé dans l’eau
    Les arbres de paillettes rococo
    Apaisent la douleur de l’enterrement – salut
    De la vipère au henné

    Les arbres de paillettes rococo
    Apaisent la douleur de l’enterrement ;
    Salut, salut
    De la sirène au henné

    A la fille qui s’est baignée nue dans le Guardon près de la gendarmerie d’Anduze le 16 Août 1974 de 12 H 30 à 14 H 30.
  11. Dans les bars le soir
    Dans les bars le soir

    Dans les bars le soir
    On ne peut pas croire
    On ne peut que boire
    Dans les fumées électriques
    Un saxo trône, se tord comme gueule un goret
    Quand on l’étripe en l’empoignant par les pattes

    Dans les bars plus tard
    On s’ennuie, on s’étire, on s’enivre, on se noie dans le la dans le pas
    De celle qui voulait vivre, comme la grosse qui couche avec un beau gosse
    Sans faire l’amour en attendant le jour

    Dans les bars à moins le quart
    Quelques étudiants se marrent
    Ils finissent leur demi non mais, non mais blague à part les vrais amis sont rares
    Car l’envie les accapare
    Ils veulent planter leur dard
    Dare dare mais tout le monde se barre

    Dans les bars y en a marre
    Des Coltane et viens voir
    Aller joue moi une danse barbare
    Comme un guépard dans un dortoir
    Ici les serveurs recomptent leur peur
    D’une journée de labeur
    Sans bonheur ni malheur, non
  12. Après 11 heures
    Après 11 heures

    Les portes ne s’ouvrent pas
    Après onze heures
    Car les jeunes filles ont peur
    Qu’on en reste, qu’on en reste pas là

    Demain, demain tu diras, tu sais je dormais
    J’t’assure que c’est vrai tu me jureras ça

    La sonnette, la sonnette tinte
    Tu sais on l’entend depuis le couloir
    Et dans le judas sans le vouloir
    J’crois voir ton oeil qui veut savoir

    les gens dans l’escalier
    S’arrêtent sur le palier
    Ils disent qu’il faut descendre,
    Allez monsieur il faut vous rendre à l’évidence

    Les portes ne s’ouvrent pas
    Après onze heures
    Car les jeunes filles ont peur
    Et toi demain, demain tu diras
    Tu sais je dormais
    Tu me jureras ça
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en bref

Intro

Label : AUTO-PROD
Formats : VINYL
Année : 1978
Nombre de titres : 12

ils ont participé

Crédits

Artwork By – Bertrand Couture, Martine Duboys
Backing Vocals – Pierre Eliane
Bass – Hans Kullock
Double Bass – Vincent Petit
Drums – Jean-Yves Colson, Michel Bidanti
Guitar – Olivier Scoazec
Guitar [Electric] – Jean-Marie Viguier
Guitar [Solo] – Serge Mayer
Horns – François Guell
Mixed By, Recorded By – Jean-Luc Mirouf
Saxophone – Jean-Pierre Douche
Vocals, Piano – Charlélie Couture