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visuel Pochette Surprise

En 1980 CharlElie commence à tourner dans de petits lieux un peu partout en France et se lie d’amitié avec Coluche qui l’invite à passer au Café de la Gare. L’un des spectateurs enregistre le concert avec un dictaphone et se propose de faire écouter la cassette à un ami anglais qui produit des disques et vit aux Bahamas. L’ami en question n’est autre que Chris Blackwell, créateur du label Island et producteur de Bob Marley, Stevie Winwood... Blackwell, qui ne comprend pas un mot de français, est immédiatement séduit par le son Couture. Ce qui le frappe, c’est d’abord une voix rocailleuse aux inflexions très inhabituelles chez un français. En février 1981, CharlElie Couture, qui vient de signer un contrat avec Blackwell, sort l’album Pochette surprise chez Island.

les titres

Tracks

  1. Pochette surprise
    Pochette surprise

    J’ai un bouton sur la langue qui me piquotte,
    J’ai un chat dans la gorge, et la voix qui chevrotte
    J’ai un verre dans le nez qui m’asticotte
    J’ai une amie dans mon lit qui n’aime que la belote,
    J’ai bu une bière tiède dans un bistrot désert,
    Ça sentait la poussière et la viande fétide,
    Y’avait dans un coin une rose fanée,
    Qui ne servait à rien depuis bien des années,
    J’avais l’moral à plat comm’une sol’écrasée
    Oh, et puis j’en ai assez, j’ai pas besoin d’sparadrap
    Je tombe sur un épicier qui peint tous les jours fériés
    I’m dit : « salut Couture, tiens j’ai vu une expo d’peintures
    C’tait beau, c’tait beau, c’tait très beau,
    J’ai rien compris mais c’tait beau
    Allez, j’te quitte, salut à la revoyure
    Faut pas qu’je loupe mon vélo
    Je tombe sur une mésange qui voudrait rester vierge,
    Elle attend un archange en allumant des cierges,
    Elle parle sans arrêt comme pour combler un vide,
    Puis elle disparaît après un clin d’œil humide,
    Il fait froid, il est tard,
    J’reste là su’l’trottoir,
    J’f’rais mieux d’rentrer chez moi
    Croquer du chocolat
    La vie commence comme ça,
    Comme une pochette surprise,
    Les images se succèdent sans qu’il y ait de recette,
    A chacun son lot, chacun son fardeau,
    Chacun son bateau, chacun son radeau,
    Chacun ses misères, chacun ses crises de nerfs,
    Chacun son cancer, chacun ses ulcères,
    J’sais pas comment sera demain...
    De toutes façons j’y peux rien,
    Y’a pas d’notice, pas de notice au verso.
  2. Karaté (do) Rock
    Karaté (do) Rock

    T’as les idées paumées sur une peau de banane,
    5e dan au Japon, mais fais gaffe à la panne,
    tu t’défonces et tu cries, ta vie est un tatami,
    tu te dopes pour une médaille,
    mais c’est du toc en ferraille.

    Refrain
    Et rock’and roll le karaté do rock
    Et rock’and roll le karaté show (bis)
    Tu t’crois un mec devant le micro
    Tu t’crois un mec en kimono
    Mais t’es tout nu devant le micro,
    Tout nu en kimono

    Arrête ton cinéma on est pas aux louveteaux,
    Les filles te regardent alors lâche un solo,
    T’casses des briques pour la frime,
    Ou bien tu casses ta guitare,
    Presley t’es au paradis,
    P’is Bruce Lee aussi.

    Refrain

    Je suis venu pied nu à l’Olympia faire un kata,
    Quand tu mets le paquet ça chauffe mais tu risques gros,
    I’faut que ça carbure sans tremolo j’perds des kilos,
    J’me suis vidé les reins ça fait du bien aux intestins

    Refrain

    D’ailleurs on est t’jours tout seul devant les autres
    Quoi qu’on veuille, quoi qu’on fasse...
  3. Le jour de ta dernière heure
    Le jour de ta dernière heure

    T’as volé le fusil du bandit mexicain,
    T’as tué un indien pour planter du maïs,
    T’as écorché la toile d’un vieux peintre naïf,
    T’as mangé le bonbon du petit chimpanzé,
    T’as dénoncé ton frère,
    T’as écrasé un chat,
    T’as menti à ta mère,
    T’as même craché par terre.
    T’as giflé ta fille qui ne doit pas sortir,
    T’as crié plus fort que celui qui crié plus déjà,
    T’as accouché dix fois, et tu puais l’alcool, T’as joué au poker, bien plus qu’il ne fallait,
    T’as pas payé tes dettes,
    T’as fusillé un traître,
    T’as déchiré sa lettre,
    Sans même l’avoir ouverte.
    T’as appelé les flics parc’qu’on f’sait du bruit,
    T’as fouetté un arbre en pensant à quelqu’un,
    T’as pendu un chien qui n’avait plus de dents,
    T’as couché avec elle, parce qu’elle était pauvre,
    T’as branlé ton verrat,
    T’as bafoué ton âme,
    T’es arrivé en r’tard,
    Sans une seule excuse.
    T’as cassé la vitrine du juif algérien,
    T’as jeté à la porte une vierge innocente,
    T’as versé du poison dans l’eau du poisson,
    Tu as montré du doigt le canard boiteux,
    T’as crevé des pneus,
    T’as gâché ta vie,
    T’as dit c’est inutile...
    Ecoute n’insiste pas !
    Mais le jour de la dernière heure,
    Les fantômes reviennent,
    Tout d’un coup ça fait peur,
    Quelque chose qui te gonfle dans le cœur,
    Comme un train qui s’arrête,
    Tu t’arrêtes là,
    Et y’a personne qui pleure,
    Personne qui te regrette (bis)
    Hey !
    « Vas en enfer, fil de fer avec des fleurs fanées
    Sur ton corps immobile »
  4. T’inquiète pas pour moi
    T’inquiète pas pour moi

    T’inquiète pas pour moi tu vois,
    Moi j’y crois pas,
    Tout ce qu’ils racontent tu vois,
    Moi j’y crois pas.
    Tous ceux qui s’en vont, là-bas,
    Ne reviennent pas.
    T’inquiète pas pour moi tu vois,
    Moi je suis là,
    Et puis si je ne rentre pas demain,
    Alors oublie moi
    Occupe toi de toi, occupe toi du chat,
    Arrose les plantes qui vivent là ;
    T’inquiète pas pour moi tu vois,
    Moi je n’ai rien à perdre,
    Que toi, que toi...
  5. M’enfermer avec toi
    M’enfermer avec toi

    Quand tes gestes sont lents, les caresses timides
    quand l’écran allumé, il n’y a plus d’image
    mais une lumière bleuté et la nuit dans les fentes,
    je veux
    m’enfermer avec toi
    m’enfermer avec toi
    Avec tes joues, ton dos, tes chevilles et ta nuque
    avec tes doigts dociles et tes fesses pleines d’amour
    avec ton grain de beauté et ta peau comme le sable
    je veux
    m’enfermer avec toi
    m’enfermer avec toi
    avec tes broches en plastique et tes colliers trop lourds
    avec tes bracelets et tous tes artifices
    avec ton sac à main et ta bombe à parfum
    je veux
    m’enfermer avec toi
    m’enfermer avec toi
    comme si l’on se cachait,
    comme des dealers vendus,
    comme des évadés,
    comme des oiseaux chassés
    m’enfermer avec toi
    et puis tourner la clé et bloquer la serrure
    et ne penser à rien devant le papier peint
    m’enfermer avec toi.
  6. Les pianistes d’ambiance
    Les pianistes d’ambiance

    J'ai longtemps été fasciné par les pianistes d'ambiance , un type qui traîne au fond d'un grand restaurant chic ou des films américains de l'entre deux guerres, un type que personne écoute et qui sert surtout à camoufler ce qui se dit à la table à coté avec "style" et plus de classe qu'une Juke Box, celui qui fait semblant de se moquer de l'indifférence générale, et qui joue, qui joue pendant des heures, celui que la famille est fière de citer, parce que c'est "l'artiste de la famille" mais une fois qu'on a dit ça , on sait plus trop quoi dire d'autre , et on sort des séries d'évidences de gros lieux communs comme: il est gentil, mais c'est comme tous les artistes, il est feignants (c'est p't'être vrai d'ailleur quelquefois). Hormis ceux qui on reussi alors on dit: "vous avez dû travailler beaucoup pour en arriver là".

    J'ai longtemps voulu être celui qu'on regarde avec un petit sourire plein de circonspection parce qu'on le trouve étrange; il est pas comm'tout l'monde... celui qu'on ne comprend pas bien, celui qu'on fait semblant de ne pas voir quand on le croise parc'qu'il ne colle pas 'vec le décor, parc' qu'on a peur de tout c'qu'on connait pas, tout c'qu'on comprend pas, parc' que les étrangers qu'on préfère encore c'est les étrangers de couleur pa'c' qu'on les r'père de loin....
  7. Les anglais en vacances
    Les anglais en vacances

    Les anglais en vacances ont la peau blanche
    sous leurs épaisses pattes rousses,
    leurs épouses sont vieux-jeu, elles ont l’ait trop pâles, ou malingres
    dans leurs lourdes jupes en laine peignée
    et même leur bas sont mats
    les anglais en vacances, sont toujours gentils et polis
    comme de grands adolescents pubères
    ils s’arrêtent toujours aux tables des petits restaurants de bords de route
    pour gronder leur baby, assis en coin de table sur une chaise trop petite
    malgré le coussin en plastiqueles anglais en vacances d’une voix distinguée et toujours soprano
    entre leur dents cariées par les bonbons parlent du gazon, du cricket et du temps
    ils se regardent, et commandent le thé, mais ils se font gruger, par les garçons d’café
    les anglais en vacances, conduisent maladroitement,
    ils ont toujours peur des camions, des virages des montagnes, des routes de France
    ils craignent pour leur moteur, et leur pot d’échappement,
    ils disent qu’ils n’ont pas de pot ici depuis Jeanne d’Arc
    les anglais partent en vacances par couple, comme les auto stoppeurs,
    les anglais dorment sur le bas côté d’une chaussée tranquille au bord d’une forêt,
    les anglais se font zigouiller par deux, comme les amoureux
    les anglais meurent pour rien, les anglais
  8. Je suis dans mes poches
    Je suis dans mes poches

    Aujourd’hui 24 juin,
    Et c’est presque l’été,
    Jambes à l’air en baskets,
    Y’a des pots d’fleurs aux f’nêtres,
    J’ai vidé mes poches,
    Comme un agent secret
    Qui fait le point sur l’enquête :
    - un ticket de cinéma
    - un phare de vespa
    - un trombone tordu
    - un billet perdu
    - un trousseau de clés
    - une bottle-neck nickelé

    Aujourd’hui 9 septembre,
    Ca sent la rentrée,
    J’suis plein d’bonnes intentions
    Alors je vais commencer de ranger ma chambre,
    Ma fais pas d’reproches, je rebouche les bouteilles,
    Repars à zéro :
    - une emprunte digitale
    - un parfum végétal
    - un mouchoir écossais
    - un jouet cabossé
    - un bouton-pression
    - un dessin de la prison

    Je suis dans mes poches.

    Aujourd’hui 12 février,
    Je ne peux plus sortir,
    J’ai les bronches engluées,
    Et une fièvre de martyre,
    Je vide la corbeille,
    Et j’allume du feu,
    La cheminée tire mal,
    Mais on se sent mieux,
    - un vieux relevé de compte chèque
    - un stylo feutre sec
    - une gravure mal tirée
    - un programme périmé
    - une adresse illisible
    - une promesse impossible
    Je suis dans mes poches
    Dans mes poches

    Aujourd’hui 5 avril,
    On veut refaire le monde,
    On a que quelques frondes,
    Mais le soleil nous inonde,
    Ecoute sonner les cloches,
    J’ai des bourgeons plein les poches,
    Comment font les nudistes qui n’ont rien à cacher,
    Si les psychanalystes ne trouvent pas de remèdes,
    Et les acupuncteurs ne piquent pas le démon,
    Si le cristal des voyantes ne laisse rien apparaître,
    Alors étalez sur la table tout ce qu’y a dans vos poches :
    - un roman inachevé
    - une photo déchirée
    - une seringue en verre
    - un briquet adultère
    - une prothèse en plastique
    - un flacon d’cosmétique
    - un modèle à tatouer
    - un jeu de cartes à jouer
    Toutes les pièces d’un puzzle
    Tous les bouts d’un patchwork,
    Toutes les pierres d’un mur qu’on construit à chaque heure

    Je suis dans mes poches
    Dans mes poches
  9. La ballade du mois d’Août 75
    La ballade du mois d’Août 75

    On a loué une maison, pas très loin d’Avignon,
    À un vieux polonais, qui cherchait une mine d’or,
    Il faisait bon dés l’aurore, à regarder le ciel dans un fauteuil en toile,
    Et les poules imbéciles et le coq d’opéra,
    Quand le café était prêt, une fenêtre s’ouvrait,
    Et la mère bonne humeur commentait un de ses rêves
    J’ai les pieds gelés, mais je me souviens
    Du mois d’août 75
    Tu tissais un gilet comme un stage d’artisan
    En maillot d’bain du soir au matin
    Tes frangins faisaient des sprints à vélo sur une route déserte,
    On allait chercher du fromage de chèvre frais, dans la ferme du haut
    Sur les chaises du jardin, le père barbu chauve pensait à Picasso,
    La piscine était loin, mais ça faisait du bien
    Quand on arrivait, ...
    Quand on arrivait
    On buvait du pastis comme si c’était de l’eau,
    Tu voulais que je reste, tu voulais que je t’enlève
    Comme un premier amour
    On jouait à la pétanque comme des amateurs,
    Mais y a guère qu’un armateur pour cent mille navigateurs,
    Y a guère qu’un conteur pour cent mille baratineurs,
    J’ai des crampes dans le cou et les yeux qui me piquent,
    Mais je me souviens
    Du mois d’Août 75
    On écoutait le mistral souffler sur la plaine,
    On f’sait l’amour sur le toit en r’gardant les étoiles
    Y n’avait rien à gagner et les journées passaient
    Tout était simple,
    On croyait plus en rien, en rien d’autre qu’à l’instant,
    Et ça jouait de la musique sur tous les sentiments,
    Pas d’intrigue de village, pas d’ambition,
    Juste une manière de vivre, une manière d’être
    Je m’ souviens du mois d’août 75
    Mais il ne reste jamais rien de ce qui est vécu,
    Quelques grains oxydés sur de la paraffine
    Et des souvenirs idiots
    Mais qui donnent un peu de lumière
    Les jours de pluie.
  10. Rien à l’horizon
    Rien à l’horizon

    Rien à l’horizon,
    Le ciel est couvert,
    Avant que la nuit,
    Ne couvre le jour,
    Avant que les zèbres,
    Ne s’habituent aux zoos,
    Il faut s’en aller,
    S’en aller,
    Maintenant, maintenant
    (les tuyaux sont bouchés)

    Rien à l’horizon,
    La colline est trop loin,
    Avant que tu me dises,
    Que j’ai beaucoup changé,
    Avant que tes seins s’énervent,
    Sous des coques en plastique,
    Il faut s’en aller,
    S’en aller,
    Maintenant, maintenant
    (la viande est congelée)

    Rien à l’horizon,
    L’eau du lac est noire,
    Avant que les convois,
    Ne tombent dans la crevasse,
    Avant que les mollusques,
    Se shootent au mazout,
    Il faut s’en aller, s’en aller,
    S’en aller, maintenant
    Et le cœur chante : lalalala...

    Rien à l’horizon,
    Le ciel est couvert,
    On a peur du vide,
    Alors on reste là,
    Et on n’ose pas.
    S’en aller, s’en aller, s’en aller
    On voudrait tout quitter,
    On dit que ça va changer,
    Mais on bouge pas,
    Et on reste là,
    Il faut s’en aller, s’en aller, s’en aller
    S’en aller, s’en aller, s’en aller...
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en bref

Intro

Label : ISLAND RECORDS
Formats : LP / CD (1990)
Année : 1981
Nombre de titres : 10

ils ont participé

Crédits

Backing Vocals – Bill Perry
Bass – George Oban
Drums, Percussion – Bill Perry
Engineer – Steven Stanley
Guitar – Yves Botté, Charlélie Couture
Keyboards – Wally Badarou
Mixed By – Chris Blackwell
Piano, Vocals – Charlélie Couture