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2002 - 2006

Day by day

2003 – Le Conteur

Abbi Patrix,

 

Un conteur

 

 

L’Européen est un petit théâtre situé près de la place Clichy.

Il accueillait encore aujourd’hui le spectacle d’un conteur d’origine Norvégienne : Abbi Patrix

Une fois assis dans les sièges trop serrés de ce théâtre, un tantinet à l’étroit pourtant on se sent bien, enveloppé dans une ambiance plutôt chaleureuse, sous les lumières orangées de la salle aux murs rouges.

 

Le conteur fait son entrée en musique. Il pénètre par le public, se rendant ainsi accessible pour tous. Ce démarrage intime du spectacle crée d’office une complicité avec le public qui par ce fait entre directement dans son histoire.

Tout au long de ces deux heures d’histoires, à travers les différents personnages qu’il fait vivre devant nous, Abbi Patrix nous emmène dans plusieurs pays : de la France à l’Afghanistan, en passant par la Norvège et l’Amérique des indiens du Bayou de Louisiane.

Il y a un jeune garçon qui veut voyager, un homme qui râle sans cesse, une vieille sorcière qui chie, un marin poursuivi par un Ka …

Ce spectacle fait souvent allusion au « bout du monde » et au Créateur .

Tantôt acteur, tantôt chanteur, Abbi Patrix s’accompagne lui-même avec des instruments de musique traditionnels (tambourins, Kalimba) mais il utilise aussi une pédale d’effet qui lui permet d’enregistrer des boucles de samples sur lesquelles il improvise. Ses mélodies apaisantes (voire même endormantes) nous donne envie de fermer les yeux et d’écouter seulement la voix du conteur qui nous transporte dans un pays du rêve.

Mieux vaut d’ailleurs garder les paupières closes, car lorsqu’on les ouvre à nouveau, la réalité de l’homme est moins extraordinaire : Abbi Patrix, tout grand conteur doué qu’il soit n’en n’est pas moins ventripotent et suant dans un costume un peu trop cintré et une chemise en soie verte qui ne peut boire toute la sueur émanant des pores dilatés de cet acteur généreux. Voyons Abbi, ne pourriez-vous pas vous autoriser à porter d’autres habits plus extravagants qui stimuleraient plus encore notre imaginaire ?

En conclusion, nous avons vu en famille un bon spectacle dans une salle remplie, pour cette dernière représentation, une poésie qui porte à sourire parfois mais qui peut aussi faire sonner en nous la corde de la mélancolie, dans un entre-deux mondes que tout le monde a un jour ou l’autre imaginé.

 

Avril 2003