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2002 - 2006

Day by day

2003 – A la charnière 2002/2003

2002 a fermé la porte,

2002, une année de mutation

2002 une année de beaucoup de travail, de travaux, travaux de reconstruction,

Grands et petits travaux,

quand l’Ambition comme un fil passe immanquablement par le chas de l’humilité dans l’aiguille de tous les jours,

2002 une année qui, en ce qui concerne notre famille, avait commencé par une fin, celle de mon père décédé un matin froid de la première semaine de l’année,

2002 pour nous, sur la route, une année de concerts « 109 » à travers le pays,

une année en équipe, une bonne équipe, des gens bien,

une année ensemble à se serrer la main quand on se retrouve

une année à sourire dans l’effort, à serrer les dents malgré la peine et traverser les brouillards,

avec des grands moments et des jours de lumières, de ces lumières divines, qui vous éclairent l’âme,

des moments énormes qui vous illuminent le regard même les yeux fermés,

une année à se dire « merci » les uns les autres,

et « merci » encore à tous ceux solidaires et actifs, qui participent en mouvement à cette vie d’Art Total autour de moi,

2002 une année d’élection

une année de changement politique

comme un réveil, comme une éruption volcanique, comme une irruption de nouvelles intentions

Fin de la gauche au pouvoir ici, retour barre à tribord. En avant toute.

– La gauche mais quelle gauche ?

What la gauche qu’est ce que ça veut dire aujourd’hui la gauche ?

Les roses socialistes se sont noyées dans l’eau du vase.

Les vrais socialistes qui pendant des années avaient cru au grand principe de l’égalitarisme, ceux -là ne savent plus où donner de la tête. Petit à petit, ils ont ralenti la cadence, ralentir, ralentir, s’endormir et se faire nantir, jusqu’à se faire doubler par les envies sans fin d’un consumérisme primaire.

Ils n’ont rien pu faire contre la vague de bourrage de crâne médiatique, qui a mondialisé la pensée, les habits, les humeurs.

À tel point que les humanistes généreux nageaient dans la semoule à force de s’être fait malaxer, mépriser, agresser par ceux-là même qu’ils essayassent de défendre dans les banlieues troubles, dans les églises, dans les squats ou dans les gares, dans les asiles envahis, dans les centres d’urgences ou encore à Sangatte…

Aujourd’hui, les gens de gauche naviguent à vue, sans objectif à long terme. Ils ne savent plus où se regrouper ? Auprès de qui venir se réchauffer quand on se sent ballotté dans les vents froids de la rentabilité. Il n’y a plus d’esprit de fédération (même Bové s’est fait aspiré par les manœuvres politiciennes).Les syndicats volent en éclats, les partis n’arrivent plus à s’entendre. Y avait qu’à voir le nombre de candidats aux élections pour se rendre compte à quel point c’était chacun pour soi.

Les gens de gauche ont perdu leurs repères. En guise de « Libération », les descendants de Sartre sont surtout prisonniers de leurs idées reçues ou dans un autre canard, tout en continuant à faire semblant d’analyser objectivement les tendances, ceux du « nouvel Obs » (qui ne sont plus « nouveaux » et « n’observent » plus rien depuis belle lurette) ont inscrit leurs enfants ou petits-enfants dans les écoles privées.

Même le chef des socialistes s’est ridiculisé comme une baudruche sans souffle, quand il a pris dans son amour-propre en forme de tibia, le retour de kick du premier tour.

Enfin je ne sais pas pourquoi j’écris cela ? Jospin était tout sauf un leader justement, un homme sérieux, intelligent certes, mais pas du tout un chef. D’ailleurs l’attitude qu’il adopta n’était pas celle d’un entraîneur, mais plutôt celle d’un joueur (de tennis) vexé après avoir été éliminé au premier tour d’un tournoi. Il s’est enfermé en lui-même comme dans les vestiaires en ronchonnant sa défaite, avant de ressortir de la douche, penaud comme un chat mouillé et se mettre au micro en bon scorpion, pour se saborder en faisant une déclaration sous forme d’un constat d’échec telle qu’il a collé la gêne à tous les supporters qui avaient cru en lui. (Pour l’anecdote : vu qu’il est parti trop vite maintenant, on le voit revenir par saccades, toujours aussi peu sûr de lui, porté par le vent des événements, un coup ici, un coup là, comme les galettes de pétrole sur les plages. La honte ! Dire qu’après il va nous expliquer que c’était fait exprès, que son départ a stimulé le réveil national…) 2002, Pitié. Stop !

Démocrates ? Dans un sens oui, mais socialistes ? Pas sûr.

Les altruistes n’osent même plus se vanter de l’être.

Même le caritatif doit être manipulé comme un produit marketing, faute de quoi il ne sera pas rentable.

Le tapis des bonnes intentions est un bitume qui a fondu.

Comme les glaces de la mer de glace, fondues !

Fondues les idées généreuses !.

Quand on voit leurs effets pervers vingt ans plus tard, et la violence des enfants-rois, les laisser-aller de parents « abandonnistes » et les milliers d’adolescents livrés à eux-mêmes, égarés, comme des animaux rendus à la liberté sans qu’ils sachent même comment gérer cette liberté,

fondues les idées libertaires de soixante-huit,

fondues comme les réserves de pétrole qui attirent en Irak les voyous de Bush, qui ne font rien d’autre que fondre sur ce pays pour lui voler son or noir.

– Ce pétrole qui nous alimente et vit pourtant ses dernières années, avant que les réserves ne soient définitivement épuisées et que les compagnies pétrolières aient trouvé le moyen de rentabiliser la prochaine source d’énergie : l’eau.

(À titre indicatif la population du globe a triplé au XX èmes siècle tandis que les besoins en eau se sont multipliés par 6, sans une meilleure gestion des besoins les deux tiers de l’humanité manqueront d’eau d’ici à 2025) –

On avait prévenu depuis des lustres du réchauffement de la planète, mais personne ne veut rien entendre, rien savoir,

rien entendre qui dérange le confort.

Vers où peut se diriger les colères écolos, quand le programme du candidat des Verts tenait essentiellement dans la « libéralisation du cannabis » ?

Quand ces mêmes militants se marchent dessus au cours des pauvres débats internes comme des chamailleries de gamins dans les dortoirs de colonies de vacances, ou comme des profs se chicanant dans la salle des profs à propos de telle ou telle décision de l’Académie.

Que peut devenir l’utopie écolo ?

Quand c’est Chirac lui-même  oui Jacques Chirac qui vocifère avec une vive émotion contre les atteintes à l’environnement (et peu importe l’efficacité ou non de ses paroles d’explosion, du moins fait-il état de son humeur – et nonobstant le ridicule de cette ministresse nase, Bachelot maquillée comme un travelo -. Quoi qu’en disent les pisse-froids, du moins Chirac accompagné d’une bande de potes à lui qui veut agir, manifeste-il son indignation face aux problèmes qui sont posés, avec dix fois plus de véhémence qu’aucun Jospin ne l’a jamais fait).

Dix ans de pseudo contre-culture à la sauce des banlieues-bagarres monopolisant les antennes de la grande écoute,

Dix ans de lait qui tourne dans le pot,

Dix ans qui s’effacent aussi vite que les boys band ont disparu pour faire place à l’ultime ras-le-bol de l’égoïsme.

Dix ans passé au « Corrector », incarné cette fois par un retour de la droite, une droite active face à une gauche réactive.

Alors ça si on m’avait dit, il y a dix ans que la droite chasserait l’extrême droite en réveillant les consciences ? Alors là, je ne l’aurais jamais cru, pourtant le fait est là. C’est la droite qui a viré l’extrême droite qui s’était mise en place pendant Mitterrand.

La droite ?

Mais au fait, qu’est ce que la droite aujourd’hui ?

Il y a une semaine, un hebdomadaire titrait : Jennifer et Nolwenn, stars d’une nouvelle génération ! Ah bon ?! C’est sûrement exact. Ça doit être ça la droite. Ce qui est certain c’est que les références ont changé, comme si on avait pris conscience du changement de millénaire, les compteurs à zéro. Quand j’ai écrit « 109 » je pensais à quelque chose comme ça. Quelque chose qui se prépare, on ne sait pas quoi, mais c’est dans l’air.

Sûrement !

Quoi ? Je répète que je ne sais pas plus que Paco Rabanne.

Mais quand je vois les pans entiers d’économie qui s’écroulent comme des glissements de terrains (il y a seulement un an, par exemple J2M venait de racheter l’Olympia, moins d’un an que Noir Désir vilipendiait son employeur aux victoires de la musique, et des milliers de petits porteurs n’étaient pas encore ruinés)

Quand je vois la tragédie de cette comédie humaine jouée dans ce théâtre russe,

Quand je vois la terreur en Tchétchénie ou quand je vois ailleurs en Russie des charniers de Staline découverts dans les bois, milliers de morts une balle dans la tête,

quand je vois les Serbes chrétiens et les albanais Islamistes se regarder en chiens de faïence, près à se casser la tête à tout moment en se balançant des bombes, des balles ou des pierres comme en Israël, des pierres comme les femmes lapidées au Nigeria,

Quand je vois la fête du Ramadan avoir été suivie en France comme jamais cette année, parce que l’Islam est à la mode, à la mode comme n’importe quelle mode. Car l’Islam fait figure aujourd’hui de contre-pouvoir face aux Américains, les Américains capitalistes, les Américains qui narguent le monde, les Américains qui se sont installés en êtres dominants et qui doivent maintenant gérer cette position ;

quand je vois le capitalisme être décrit à longueur de magazines comme étant incarné par les juifs, alors du coup, quand j’entends les provocateurs dans les cours d’écoles attiser les craintes antisémites ancestrales, « juste comme ça m’sieur, j’ai dit « toi l’youpin la ramèn’ pas sinon j’ vais t’  tuer  » ouais mais c’tait just’ comm’ ça quoi, c’était pour s’amuser, etc… »

Quand je vois l’usage des armes de plus en plus facile, l’assassin fou qui a tiré à bout portant sur les élus réunis en conseil dans la banlieue parisienne, dans un canton Suisse, cet ancien élève qui a fait un carnage en Allemagne, ou le tueur de Washington,

ou Chirac visé comme un canard au 22 long rifle par un facho pendant le défilé du 14 juillet, ou Delanoë poignardé par un débile qu’aimait pas les pédés et les hommes politiques,

Quand je vois les images de la coque du Prestige cracher sournoisement son pus noir en volutes macabres, nous tous, spectateurs et témoins impuissants face à ce crime qui ne sera jamais puni vu qu’après avoir encaissé le pognon de l’assureur, la société pétrolière s’est dissoute tandis que le pétrolier continue de répandre sa merde

Quand je vois les fumeurs repartir à fumer de plus belle dans les restaus fumer et fumer comme fume l’Etna,

Quand je vois les régions inondées, chaque année plus nombreuses

Quand je vois les flics reprendre du poil de la bête, ou la bête par le poil,

Quand je vois que le pays de l’argent qu’on appelle Argentine, a sombré dans un chaos indescriptible de violence assassine et monnaie dévaluée

Quand je vois les journaux et les magazines qui ne savent plus où trouver l’info et « Buffalo Grill » s’écrouler sur une seule dénonciation publiée à la hâte

Quand je vois que les pauvres sont gros et gras à force de se gaver de merdes sucrées

Quand je vois qu’il me faut travailler beaucoup plus pour gagner beaucoup moins

Quand je vois que les congés spectacles sont en passe d’êtres supprimés à cause quelques enfoirés qui ont injustement abusé d’un système généreux qui permettait simplement aux artistes d’exister,

Quand je vois les publicitaires acheter leurs images dans les banques d’images plutôt que faire travailler des illustrateurs,

quand je vois que l’euro a globalement tout fait augmenter,

quand dans le même temps la Bourse a baissé de près de 30 %, et la valeur de mes derniers tableaux a augmenté de presque 20%, (pourtant ça ne change rien pour moi),

quand je vois que c’est devenu un enfer pour se faire payer ce qui a pourtant été dûment convenu,

Quand je vois que Disney ne fait plus rêver et que le Club Med trop cher ne sait plus quoi trouver,

Quand je vois que l’équipe de France de Foot n’a pas marqué un but durant toute la coupe du monde

Quand PHM a perdu son dernier match de coupe Davis sur le fil mais les gens ont dit avec philosophie « ça c’est la loi du sport »

Quand je vois les photos de Spencer Tunick (qui fait poser nus des milliers de gens inconnus au cœur des grandes métropoles), cette envie de nudité des streakers anglais, envie de se retrouver soi-même dans les pratiques dites « zen » au quotidien,

Quand je vois que le DVD s’est si bien vendu à Noël (excusez cette petite remarque personnelle, mais ça fait plus de dix ans que je déclare dans mes interviews qu’on attend l’avènement du DVD avec impatience, aujourd’hui, il semble que ce soit lancé. )

Tiens à propos de culture générale, j’ai vu récemment : « Le Pianiste » de Polanski excellent, l’Auberge espagnole, très bien aussi, « l’Adversaire » de Nicole Garcia : très dérangeant, mais bien raconté, « Amen » de Costa Gavras, embarrassant, et quelques autres que je mange chaque soir pour remplir mes fiches pour les Césars).

Quand je vois qu’il a fallu six mois de coup de téléphones, pour que passent les deux doubles pages et le bon papier écrit sur mon travail dans le magazine « Paris Match », dire surtout que cela m’a fait vraiment plaisir, dire qu’avant je m’en serais moqué et pourtant là, ça m’a réjoui pour commencer l’année quand le photographe Gérard Rancinan m’a téléphoné pour me l’annoncer, finalement ça allait passer, enfin. Et c’était bien. Bon et bien choc alors, tout n’est pas noir, y a aussi de la couleur !

et à propos quand je vois la France de toutes les couleurs réunie dans la rue le premier Mai,

Quand je vois que les jeunes entreprenants reprennent conscience des efforts qu’il faut faire pour rester en vie,

Quand je vois que les copains de mes filles sont des gars biens

Ou quand je lis la qualité du courrier que je reçois sur Internet,

Quand je vois tout ça

je me dis

qu’il ne faut pas être aveugle

pour s’apercevoir que quelque chose est en train de se passer.

Alors puisque c’est la période convenue pour le dire

Happy

New

Year

 

à toi

à vous

à la tienne

à la vôtre

 

Il fait froid

Il fait froid aussi à Paris

Aujourd’hui

Le pays sous la neige

 

Au p’tit bonheur

Sous le soleil

À Lyon, à Marseille

À Tahiti ou ailleurs

 

« Criz-de-nerf » dans l’ brouhaha,

Ou au contraire

En Montgolfière

Dans le silence cahin-caha

 

Il ou elle,

Au singulier

Ils ou elles

Au pluriel

 

Sur une planche de surf

Ou sur ta palette graphique

À bosser comme un bœuf

Ou militant pour l’ Afrique

 

Sous ton camouflage

Ou sur une banquette

Sur du carrelage

Ou dans la moquette

 

Comme un jeune acarien

Ou comme un grand vautour

Comme un marin sur un vaurien

Ou une princesse devant un troubadour

 

Comme un long rider dans un truck en rodage

Comme un singe en cage

Dans un studio

À faire l’idiot devant un micro

 

Ou motard sans un mot de trop

Dans le vent, les doigts gourds

Inquiet sous ton perfecto

Surfer entre les poids lourds

 

Comme un sondeur masqué

Dépiautant l’audimat

Comme un rat musqué

Au volant d’un 4/4

 

Centaure sans reproche

Ou champion d’ la ceinture

Toi qui t’es privé de tartoche

Toi qui a trimé dur,

 

Aujourd’hui, faire les cents pas dans le couloir

Un verre à la main, (du Bordeaux ?) faire le malin,

Faire le mur ou faire le trottoir

Ou sur cette plage en maillot de bain

 

Couché, assis, debout

En pensée, en parole ou bien

La tête pleine de riens,

Le ventre trop plein de tout,

 

Plateau-Repas dans un avion

Ou sandwich mou dans ton camion

Ou mieux, au détour d’une route

Dans le Lubéron, ces parfums que l’on goûte

 

Senteurs d’olive ou de miel

Ou poissons à la vanille

Cuisines à la cannelle

Qui excitent nos papilles

 

Et l’amour aussi, oh oui,

Sur un tapis persan ou sous un ciel de lit

Sans manteau, sans mentir, ce sentiment chaud

Fait plaisir, sur et sous la peau,

 

Masturbation sous le nylon

Tentation côte à côte l’émotion en tension

Le doigt, le cul, la chaleur ou le stress

Les murmures, les caresses,

 

Si je peux,

Tout ça je te le souhaite

Plein les yeux

Plein la tête

 

Tout c’ que t’ adores

Tout ce que tu veux

Et plus encore

Avec l’aide de D

 

(Ou sans son aide)

En usine ou hand-made

Au jour le jour

Au day by day

 

All the Best

For you

And yours

Que le meilleur et sans scories

 

HNY,

Happy New Year.

Encore

Une fois.

 

CharlElie