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Confesse Book

93 – Horloge mondiale

Ces chiffres en mouvement forcent à la méditation…

On se croit tous seuls et uniques, on se croit tous indépendants et autonomes,

et devant ces nombres vivants, il faut se rendre à l’évidence d’une évolution exponentielle, irréversible.

Je pense à mes enfants, et à ceux qui seront un jour mes petits-enfants…

Sous nos yeux le désert prend du pouvoir, les réserves de pétrole s’épuisent, sous nos yeux les gens s’éteignent et d’autres s’allument,

sous nos yeux la dette grandit, les pauvres le sont encore plus.

Sous mes yeux, sous nos yeux.

J’aimerais ne pas être encore né. Ni encorné d’ailleurs. Comme les avides cocus qui se font berner, consommateurs insatiables, fascinés par les brillances de campagnes de communication tapageuses, terriblement efficaces, jouent le jeu d’une surconsommation débile,

quand sous nos yeux défilent les chiffres déments qui évoquent les disproportions, d’un côté le malaise des uns dû à leur obésité insolente, d’un autre ceux qui meurent de faim.

Et puis on voit les suicides… Mais pourquoi ce chiffre n’est-il pas associé à celui des morts par le tabac? Quand on est conscient des ravages de la cigarette et qu’on continue de s’enfumer, s’obstruer les bronches au goudron, c’est bien qu’on veut en finir, non?

Pour continuer de nous faire souffrir en direct, ils devraient aussi ajouter les chiffres qui concernent la mer et les océans, oh combien dévastés par la surexploitations des richesses, et les radars, et les filets dérivants qui se mesurent en kilomètres!

Et ces tonnes de pesticides pour faire pousser des plantes du désastre, aussi pauvres que nocives,

autant que ces viandes en batterie, millions de poulets consommés, millions de poussins broyés avant même d’avoir nourri quiconque,

millions de litres d’eau pour produire des viandes pour occidentaux nantis…

Quand Dylan parlait d’une « hard rain »,

Quand les  plaies s’abattirent sur l’Egypte,

Et quand ces chiffres s’arrêteront-ils de courir ?

Mais je m’emporte, excusez mon allant, je ne sais pas ce qui me prends, les chiffres m’ont toujours fait tourner la tête. Le mieux, pour passer une journée de plus, ne faut-il pas feindre de les ignorer ?

Qu’on la regarde ou non l’eau coule (encore) dans la rivière…

 

® CharlElie – Mai 20XV

 

 

http://www.worldometers.info/fr/