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Confesse Book

198 – Voyons les choses autrement

Comme son nom l’indique, un premier tour est une étape de sélection qu’on fait en fonction de certaines attirances/convictions. N’étant qu’une alternative binaire, le second tour propose seulement un choix restreint, qui n’est pas forcément conséquent de celui qu’on a fait au premier tour. Pour autant, le fait de devoir mettre dans l’enveloppe un « second choix» ne fait pas de nous un renégat, disons qu’on opte pour « le moins pire » voilà tout. Notre conscience n’a pas à s’en ressentir souillée. Un vote n’est jamais qu’une tendance, une couleur. Bien sûr il y a le vote blanc… Pffff. Et même s’il était comptabilisé… quoi ? Une indécision mécontente, oui et alors ? Pas plus que l’abstention, le vote blanc ne fait pas avancer les choses. Et puis, faut pas exagérer non plus : un bulletin, ça n’est qu’un confetti dans le grand sac du carnaval de la politique. On peut choisir de « faire la fête » ou pas, mais soyons réalistes : combien de fois a-t on été trompés par des baratineurs motivés qui, une fois élus se sont trouvés dans l’impossibilité de faire ce qu’ils avait promis? Dans un mois, on remet ça. Les législatives permettront de préciser les avis.

Mais voyons les choses autrement : la Gauche social-communiste tout comme la Droite traditionnelle  toutes deux éliminées sont absentes du second tour, ceux qui n’en pouvaient plus des partis auraient dû être contents, mais non ! Ils ont fait un blocage, et sont restés chez eux, en disant : ça se fera sans moi. Gniak gniark, bien fait pour « eux », ces bandes de cons !  Alors voilà, imaginons qu’on est le 7 Mai au soir, Marine Le Pen est élue ! La tenue de camouflage du FN a permis à l’extrême-droite de prendre le pouvoir… C’est la vengeance des insatisfaits et des pisse-vinaigre, ceux qui plantent leurs convictions dans des vases de pensées remplis d’une eau saumâtre dans lesquels fanent des bouquets de confusion, ces éclopés fumant de haine et ruant du sabot dans leur stalle d’ignorance, ceux-là sont dans la rue, tirant des salves et fêtant le retour des lois de coercition. Ok, pour eux, jusque là « non-représentés », cette élection est un aboutissement. Mais pour toi ?

Toi, qui n’est ni un trader ambitieux ni une élite mais qui t’inquiète pour l’avenir de tes enfants qui ont grandi au milieu de la diversité culturelle et des idées partagées, toi, qui a de moins en moins de moyens mais qui « travaille que vaille » et continue à faire tes devoirs sur les bancs de la fameuse « classe moyenne », toi, qui certes un jour t’es fait voler le téléphone portable que t’avais mis dans une poche large mais que les grandes puissances ont dépouillé bien plus que ne le feront jamais tous les pickpockets kosovars de la Terre, toi, qui ressent l’angoisse dans l’air, sans pour autant avoir jamais été réellement menacé que par tes semblables, toi, qui ne te définit pas vraiment comme un antisémite obsessionnel et qui plaint les parents dépassés dont les enfants-guerriers s’engagent dans un djihad fou, toi, qui certes, ne rentre pas seul(e) la nuit et qui évite prudemment certains quartiers oui, mais toi aussi dont les copains, et/ou ceux avec lesquels tu as du plaisir à te retrouver, sont issus de nombreuses origines, toi qui profite des soutiens d’une démocratie bcp trop administrative mais malgré tout bien plus confortable que nombre d’autres systèmes politiques tyranisant les peuples d’ailleurs, toi, qui compatit au sort de tes semblables et qui t’engage dans des assoss, toi, qui t’es identifié aux trois mots de la République, Liberté, Egalité, Fraternité, toi, ce soir-là, comment te sens-tu ?

De même on sent bon, ou l’on sent mauvais,

On se sent bon, ou l’on se sent mauvais.

Si tu n’as pas voté, toi, ce soir-là, comment te sentiras-tu ?

 

® CharlElie Couture