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Confesse Book

126 – Messires Conflex

Etre ou ne pas ètre orthografié ? Cé sa la kestillon…

Sous le dome, parmi les ancètres de l’académie, braient des anes qui ont trainé leurs guètres jusqu’au trone qui les a rendus immortels pour quelques années. Mais que se passe-t il sous la voute de ces boites craniennes qu’elles soient dolico ou brachycéphalées ? Rèvent-ils de grace ou brulent-ils d’envie qu’on parle d’eux devant l’atre en allumant des buches de chène? Prets à tout pour tromper l’ennui extrème de leur ame en peine. Quel est donc le grille-pain qui fait dorer ces pompeux croutons ? Quelle mouche les a piqués ? Eux qui d’habitude baillent d’ennui lors de diners facheux, machouillant des rotis poèlés par des maitres-queue, ou pelant, la bouche molle, des fruits trop murs au gout platreux dans les salons d’hotels particuliers en se lamentant sur l’état du monde comme des lamantins jouant les sirènes dans des ondes saumatres. Et voilà qu’un jour, venu de nulle part, « Euréka ! », ils ont trouvé : lachons le circonflexe ! « Retirer la calotte! Otez cette kippa ! On ne veut plus de signe distintif de… » De quoi au fait ? Pourquoi donc supprimer ce petit chapeau qui rattachait la langue d’aujourd’hui à celle du moyen–age ? Quel gachis. Encore une concession faite aux adeptes du simplisme, ceux qui effacent l’Histoire de France des manuels, discrétos, année après année.

Pourquoi faut-il que les évèques diplomés, isolés sur leur ile de culture, icones aux vétements de théatre brodés de palmes dorées ou olivatres, pourquoi faut-il qu’ils se mèlent de légiférer tout et n’importe quoi depuis leur hopital.

Stratégie des effets d’annonce, on m’explique en fait c’est plus compliqué qu’il n’y parait… (Je suis un peu benet, moi je comprends juste ce qu’on me dit.) Mais bon, les « momes » de l’Académie sont ravis : on parle d’eux, du coup ils ont l’impression de servir à quelque chose. Tout le monde y va de son commentaire : « Traitres ! Batards ! », une grèle d’injures de blagues, de pétitions s’abat instantanément sur les médias sociaux. Et certains s’en s’amusent : « Au moins tant qu’ils parlent de ça, ils ne parlent pas d’autre chose… »

Opiniatre, nous avançons à tatons, aveuglés par des décisions qui ne sont ni les notres, ni les votres. Chacun s’attache à sa tache, mais il est clair qu’on a perdu le controle du trois-mats.

Quand il a découvert cet écrit, mon vaillant correcteur d’orthographe est devenu fou. Certains s’en frottent les mains, ça va faire du job pour les informaticiens, des milliers d’heures. Dam, il faudra bien reprogrammer tout ça.

Allez va te changer les idées à la pèche ; à l’orée de la foret, tu pourras p’t ètre entrevoir des bètes, apparues dans la lumière pale du petit matin (de Naple ou d’ailleurs)… Mais finies les fêtes en mangeant des huîtres, des pâtes ou des gâteaux pêle-mêle… Voici le jeun, le carème.

Mais t’énerve pas, il est tard Toto, repose ta flute, replie ton cran d’arret, bloque la gachette, ils ont fait hypokhagne et pas nous, eux ils savent surement des choses qu’on ignore.

Pourtant est-ce qu’il suffira de ces quelques mesures pour créer la modernité ? Ces quelques simplifications grammaticales démagogiques permettront-elles la réintégration dans le tissu social d’élèves en rade… ?

Peut-ètre…

Je n’en suis pas sur !

Ladsu bon weekend, piske le tré dunion disparet lui osi.

 

CharlÊlie

Fêv 20XVI
Précision : Évidemment il en va de même pour la langue comme pour la vie, pour survivre il faut savoir s’adapter. Les évolutions sont bien sûr nécessaires. Une langue qui se fige est une langue morte. Mais jouer avec les mots, c’est aussi considérer les principes grammaticaux comme des règles du jeu. De même qu’il n’y a pas de sociabilisation possible sans une certaine organisation définie par des lois, de même sans règle du jeu, il n’y a pas de jeu. Aujourd’hui les lois changent pour un oui pour un non, et l’effet de ces changements est simplement désastreux. En cette période de questionnement sur l’identité Française, en plein chamboulement idéologique, cette réforme inopportune de l’orthographe semble venir comme un cheveu sur la soupe, ne faisant qu’accroître le désarroi dans lequel se trouvent plongés ceux qui croyaient se connaître, mais qui se sentent trahis par ceux-là-même qui étaient supposés les défendre.